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Comment les données météo vont aider les véhicules à déterminer leur niveau d'autonomie

ADAVEC, un projet dont le but est de mettre au point un algorithme permettant au véhicule de décider de son niveau d'autonomie, veut enrichir ses données d'entrée avec des informations météo. ADAVEC a donc noué un partenariat avec le projet HD-Global dont l'objectif est de déployer des stations météorologique sur des panneaux de signalisation.
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Comment les données météo vont aider les véhicules à déterminer leur niveau d'autonomie
Image d'illustration d'un véhicule autonome. © Helm.ai

Et s'il était possible d'intégrer les données météorologiques aux informations transmises aux véhicules autonomes et connectés pour peaufiner leurs prises de décision ? Deux projets français, ADAVEC et HD-Global, ont décidé d'unir leurs forces pour transmettre des informations précises concernant la météo routière à un véhicule autonome.

Ce dernier peut ainsi prendre en compte ces données, en plus des informations dont il dispose déjà, pour décider si le conducteur doit reprendre les commandes, si le système de conduite autonome peut être enclenché ou l'itinéraire changé.

Des simulations avant des tests en condition réelle
Le projet ADAVEC a pour objectif de développer "un système qui permette au véhicule autonome d'adapter son degré d'autonomie en prenant en compte à la fois l'humain et les conditions extérieures comme le trafic et les données météorologiques", résume Héléne Fiotti, la cheffe de projet de la société AViSTO en charge de la coordination du projet ADAVEC. Celui-ci réunit la société d'ingénierie logicielle AViSTO, la société Epicnpoc qui est spécialisée dans les interfaces homme-machine pour les véhicules, ainsi que l'Université Côte d’Azur et Renault Software Factory.

D'une durée globale de trois ans, ADAVEC se découpe en plusieurs parties. Dans un premier temps, les partenaires planchent sur l'état de l'art autour du véhicule autonome, des interfaces homme-machine et les études d'accidentologie. En parallèle, les équipes déterminent les cas d'usages et les règles à respecter. Puis, il est nécessaire d'établir l'architecture du véhicule et la façon dont les différentes briques technologiques vont fonctionner.

Leur système sera d'abord testé lors de simulations : une phase rendue possible grâce à la présence de l'Université Côte d’Azur qui va modéliser un environnement pour valider le système. Enfin, ADAVEC espère pouvoir tester les composants développés grâce à un véhicule expérimental. Un des buts derrière ce projet est que le véhicule puisse se stationner en toute sécurité si cela est nécessaire.

Des données météorologiques précises
"Pour déterminer quel niveau d'autonomie peut être enclenché, le véhicule va aussi prendre en compte l'état du conducteur, à savoir s'il est stressé, éveillé, jeune conducteur, âgé, fatigué ou encore malade", liste Hélène Fiotti. Sur la plupart des véhicules aujourd'hui, "l'état du conducteur n'est pas forcément pris en compte", déplore Fred Frédéric Onado, directeur de l’innovation d’AViSTO.

L'originalité de ce projet repose aussi et surtout sur le partenariat avec HD-Global dont le but est de fournir des données météorologiques routières précises au véhicule autonome. Grâce à ces informations, le véhicule peut décider de changer d'itinéraire ou demander au conducteur de reprendre le contrôle.

Des stations météo sur des sites sensibles
HD-Global est un projet porté par la start-up HD-Signs qui est spécialisée dans la fabrication d'infrastructures routières intelligentes, autonomes et connectées. La pépite veut établir "un réseau d'observation météorologique routière", résume Manuel Silva, président d’HD-Signs. Pour y parvenir, elle veut installer des stations météo sur les sites dits sensibles, c'est-à-dire les endroits à partir desquels le vent ou le brouillard commencent à s'installer. Ces sites vont être identifiés à l'aide d'une start-up italienne qui va fournir des images satellites d'analyse thermique de la terre.

Une fois ces sites identifiés, HD-Signs peut y implanter, en coordination avec le gestionnaire des routes, ses panneaux de signalisation équipés d'une station météo. La start-up peut faire des panneaux rond, rectangulaire et carré de différentes tailles (selon la route où ils sont situés) équipés de l'ensemble des capteurs nécessaires. Des panneaux solaires fournissent l'énergie pour que cette station météo fonctionne et renvoie les données vers la plateforme cloud.
 

HD-Signs peut réaliser des panneaux de différentes formes et tailles.

 

Une application courant 2020
HD-Global collecte des données météo en temps réel et entend les combiner avec des informations de prévisions météorologiques provenant d'instituts. Le but est d'avoir des données en temps réel précises, mais aussi des prévisions, et de renvoyer l'ensemble de ces informations vers le véhicule autonome et connecté.

De façon plus globale, ces données peuvent aussi alimenter des applications comme Waze ou Google Maps ou toute autre application routière. HD-Signs souhaite d'ailleurs "lancer une application gratuite pour que les usagers de la route puissent accéder aux informations météorologiques autour de leur véhicule", ajoute Manuel Silva. Celle-ci devrait voir le jour courant 2022.

A terme, le projet HD-Global aimerait déployer des systèmes un peu partout en Europe. Mais pour l'instant, ce sont 10 000 panneaux qui doivent être implantés en France d'ici quatre à cinq ans dont une centaine dédié au projet mené avec ADAVEC.

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