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Comment les fact checkers vont aider Facebook à lutter contre la désinformation ?

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Depuis l'élection américaine, Facebook est vivement critiqué pour sa diffusion d'informations mensongères. La semaine dernière, le réseau social a révélé son plan de lutte contre les "fake news" : faciliter leur signalement par les utilisateurs et faire appel à des organisations de fact-checking pour labelliser ces informations. Mais quelles sont les modalités de ce partenariat ?

Comment les fact checkers vont aider Facebook à lutter contre la désinformation ?
Comment les fact checkers vont aider Facebook à lutter contre la désinformation ?

La propagation d’informations erronées pendant les élections américaines aura eu le mérite d’ouvrir la voie aux organisations de fact checking (vérification par les faits). Pour remédier à la désinformation, encore faut-il que les plateformes de diffusion reconnaissent leur responsabilité. Dans un premier temps, le PDG de Facebook a botté en touche. Mark Zuckerberg a d’abord considéré que les électeurs avaient pris "leur décision en fonction de leurs expériences dans la vraie vie" et non pas en lisant des articles mensongers sur la timeline de son réseau social aux 1,8 milliard d'utilisateurs. Pourtant, selon Pew Research Center, près d’un Américain sur deux cite Facebook comme un site d’information à part entière.


Cure de désintox pour Facebook

La semaine dernière, Mark Zuckerberg a enfin joué franc-jeu : "Bien que nous n'écrivons pas les actualités que vous lisez et partagez, nous reconnaissons que nous sommes plus qu'un simple diffuseur d’informations". De son côté, Adam Mosseri, le vice-président en charge du fil d’actualité, a précisé que Facebook ne voulait pas se muer "en arbitre de la vérité" et que le réseau social allait "concentrer ses efforts sur le pire du pire, sur les canulars flagrants diffusés par des spammers pour leur seul intérêt".

Le plan de lutte de Facebook contre la désinformation passe par deux mesures principales. La première est de faciliter le signalement de fausses informations par les utilisateurs. Jusqu’à présent, les facebookers avaient la possibilité de signaler un problème en cliquant sur la flèche en haut à droite d’un post. Désormais, les utilisateurs auront la possibilité de cocher la case : "It’s a fake news story" (C’est une fausse information, en français).

 

Alliance avec des fact checkers

La mesure phare de cette lutte contre l’intox est l’entrée en jeu des organisations de fact checking comme un gage de crédibilité. Facebook a décidé de s'associer aux signataires de la charte de "The International Fact-Checking Network", le réseau de fact checkers du Poynter Institute, basé en Floride. Parmi ces organisations, sept sont américaines : Factcheck.org Snopes, The Washington Post Fact Checker, PolitiFact, ABC News, Associated Press et Climate Feedback. Sur les 36 autres, aucune n’est française.

Eugene Kiely, directeur de Factcheck.org, un projet de l’université de Pennsylvanie, assure que leur partenariat avec Facebook “ne prévoit pas d’arrangement financier”. Une modalité confirmée par Aaron Sharockman, à la tête de PolitiFact, une entité du journal Tampa Bay Times appartenant au Poynter Institute. Il précise que “aucune compensation de la part de Facebook n’est prévue pour le moment” et qu’il s’agit d’un “projet pilote”. Ce dernier confie également ne disposer que “d’une petite équipe de neuf personnes qui n’est pas dédiée uniquement aux tâches de fact checking sur Facebook”.

 

L’effet drapeau rouge

Eugene Kiely explique comment Factcheck.org va procéder : "Facebook va nous donner accès à un tableau de bord qui listera les articles signalés par les utilisateurs comme potentiellement erronés." Une fois examiné, Factcheck.org enverra à Facebook un lien vers un article rétablissant la vérité qui sera ensuite proposé aux utilisateurs. "Nous n’allons pas écrire sur tous les sujets, seulement les actualités politiques. Notre mission principale est de vérifier les déclarations des politiciens".

Lorsqu’un utilisateur verra une information contestée s’afficher sur son fil d’actualité, le contenu sera assorti d'un drapeau rouge contenant un point d'exclamation blanc. Si l’utilisateur tente de le partager, une fenêtre pop-up indiquera "avant de partager ce contenu, vous devez savoir qu’une organisation de fact checking conteste son exactitude".

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