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Comment Little Sun utilise le numérique pour offrir la lumière à ceux qui ne l'ont pas

Invité des Napoléons (actuellement à Arles), Felix Hallwachs est l'un des fondateurs de Little Sun, une start-up écologique qui utilise les outils numériques pour mieux changer le monde. Soit l'alliance des technologies numériques, d'une vision de l'écologie et du pragmatisme, qui vérifie que faire simple peut être une démarche très sophistiquée. 
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Comment Little Sun utilise le numérique pour offrir la lumière à ceux qui ne l'ont pas
Felix Hallwachs, l'un des fondateurs de Little Sun. © Christophe Bys

C'est en 2011 que l'artiste islandais Olafur Elaisson (qui expose actuellement à Versailles) a décidé de s'occuper du problème de l'éclairage dans les pays les plus pauvres. En effet, l'absence d'un système sûr pour s'éclairer est l'un des problèmes majeurs des pays les plus pauvres. Notamment pour les enfants. Une lampe sûre c'est une garantie contre de nombreux accidents, mais c'est aussi la possibilité d'étudier le soir venu. Dans le monde, les Nations Unies estiment que 1,2 milliard de personnes n'ont pas d'accès à l'énergie.

 

Un prêt de 5 millions

La société Little Sun a été créée un an après. Felix Hallwachs, architecte de formation, qui supervisait le studio de création de l'artiste islandais en a pris la tête depuis Berlin. L'entreprise compte aujourd'hui une vingtaine de personnes. Little Sun est une B Corp, c'est à dire une entreprise pour laquelle le profit n'est pas l'alpha et l'oméga, mais qui intègre des objectifs plus sociétaux pour son activité. Ainsi, elle vient d'obtenir un prêt de 5 millions d'euros de la fondation Bloomberg, prêt conditionné à la création d'un "business social". "Nous devons le rembourser dans trois ans. Nous devrons être profitable alors", prévient Felix Hallwachs.

 

L'idée à la base de ce projet est si simple qu'on se demande pourquoi personne n'y a pensé avant. Utiliser la puissance de l'énergie solaire et de la technologie des Led pour créer une lampe mobile rechargeable grâce au soleil. Le design de l'objet a été travaillé car il n'était pas question de faire quelque chose bas de gamme. Dès le début les équipes de Little Sun ont eu pour préoccupation "de trouver le moyen de vendre au plus vite au plus grand nombre, explique Felix Hallwachs. How to scale it."

 

Un astucieux système de subventions

L'originalité du projet réside aussi dans son modèle économique. Pour réussir à le vendre à un prix relativement faible dans les pays les plus pauvres, l'entreprise commercialise son produit plus cher en Europe. Autrement dit, chaque fois qu'un couple de bobos (ou pas) acquiert l'une de ses lampes pour son bambin, il subventionne un achat en Afrique ou en Inde. Pour 10 à 13 dollars, il est possible d'acheter une lampe solaire.

 

Cela peut sembler excessif, mais Felix Hallwachs rappelle qu'en moyenne une famille africaine dépense un dollar par semaine pour s'éclairer. Surtout, une fois la lampe acquise et son achat amorti, la lumière est gratuite ! Pour aider les familles qui ne pourraient pas financer cet achat, l'entreprise noue des partenariats avec des associations locales de micro crédits. 200 000 lampes ont été vendues en Afrique et autant en Europe et aux Etats-Unis.


Made in China

Little Sun commercialise depuis quelques temps un second modèle de lampe, qui peut se fixer sur un pied pour devenir une lampe de bureau et qui offre une prise pour recharger un téléphone ou un smartphone. Le développement à été financé grâce au crowdfunding sur Kickstarter.

 

Comme le précédent modèle, celui-ci est fabriqué en Chine, le pays où l'entreprise a trouvé le fournisseur à même de produire à bas coût tout en respectant un niveau de qualité. "Nous n'avons pas trouvé d'entreprises en Allemagne pour le faire", explique Felix Hallwachs. Paradoxalement, les entreprises allemandes excellent pour faire des produits high-tech mais n'avaient pas l'infrastructure pour ce type de produit, réalisé pour l'instant en relative petite série. Par exemple, pour le premier modèle, il faut des machines pour injecter du plastique, qui ne sont utilisées que cinq minutes par jour.

 

A terme, quand la production croîtra, l'entreprise n'exclut pas d'ouvrir une usine. Pour y arriver, elle a dans sa besace d'autres modèles qu'elle commercialisera dans les mois qui viennent. 

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1 commentaire

Etienne Calame
08/09/2016 07h51 - Etienne Calame

je voudrais dire sincèrement que j'ai une allergie pour l'économie post-colonialisme, la raison pour laquelle l'Afrique est mal développée est parce qu'elle est paternalisée. il y a beaucoup d'entrepreneurs en Afrique, alors pourquoi acheter la lampe en chine? pourquoi ne pas la faire fabriquer (au moins le montage) sur place, en partie avec des produits locaux (injection avec des plastiques récupérés...). ou faire des kits, aller dans les écoles et expliquer la lumière, l'electricité, l'electronique de base, soudure etc aux élèves qui vont faire leur lampes eux-même? Des lampes fabriquées en chine sponsorisées par des ventes en europe auront très peu de répercussion sur l'économie locale, un peu à long terme grâce à l'apport à l'éducation (lire-exercer la nuit) mais rien à cours terme.

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