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Comment McDonalds et Air Liquide ont basculé vers le cloud

Cas d'école 19 000 personnes ont envahi Las Vegas, mercredi 7 octobre, afin de participer à l'édition 2015 de la conférence d'Amazon Web Services "re:Invent" dédiée aux offres cloud du géant. Des partenaires et clients d'AWS ont raconté leur transition vers le cloud. L'Usine Digitale s'est penchée sur les cas de McDonalds et Air Liquide. Comment opérer une telle transformation dans une grande entreprise, et pour quels bénéfices ?
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Comment McDonalds et Air Liquide ont basculé vers le cloud
Comment McDonalds et Air Liquide ont basculé vers le cloud © Will Merydith - Flickr - C.C.
Au-delà de la baisse des coûts d'infrastructure, c'est "la demande pour une plate-forme client qui soit moderne et pertinente à l'échelle globale" qui a permis de déterminer quels projets seraient basculés vers le cloud en priorité, a expliqué Frank Ellermeyer, le CTO de McDonalds, lors de la conférence AWS re:Invent à Las Vegas. Chez Air Liquide, c'est une volonté au sein de la direction technique de rester compétitif sur le marché qui a déclenché le changement.
 
Lobbying en interne : l'importance du CTO
McDonalds et Air Liquide se rejoignent sur l'importance d'un leadership fort au sein de la direction technique de l'entreprise, et la nécessité d'établir une relation de confiance à tous les niveaux en interne, afin d'opérer la transition vers le cloud.
 
"La clé, c'est la discussion, mais c'est normal d'avoir des désaccords. Nous avons énormément discuté en interne pour convaincre les équipes. Nous avons rassemblé tout le monde, des opérations au marketing, ce qui s'est avéré crucial, a expliqué Frank Ellermeyer. C'est le rôle du CTO d'apporter cette vision."
 
De la même façon, selon Riadh Hamdi d'Accenture, le CTO d'Air liquide Fabien Ramos a dû travailler d'arrache-pied pendant deux ans pour convaincre en interne d'opérer la transition vers le cloud. "Contrairement à son prédécesseur, il avait des objectifs forts pour transformer l'infrastructure afin de rester compétitif, c'est un visionnaire. Les équipes étaient sceptiques et il s'est beaucoup battu pour mettre en place ce programme."
 
"C'est un état d'esprit qui doit être complètement différent. Et il faut faire passer l'idée qu'en interne on ne sait pas tout, et qu'on a parfois besoin d'amener des gens qui ont ces connaissances que l'on a pas. Mon travail, c'était de créer ce 'momentum" et un environnement propice au changement", a expliqué Frank Ellermeyer à propos de la collaboration entre McDonalds et AWS. 
 
 
Un processus parfois douloureux, mais nécessaire
"C'était difficile car l'IT n'était pas prête à changer d'organisation. Donc nous avons commencé par définir de toutes petites étapes de transition. Une part importante du succès de la transformation réside dans la définition des processus", explique Riadh Hamdi qui dirige cette mutation chez Accenture pour Air Liquide. Il a fallu 11 mois pour mettre en place ce programme chez McDonalds, en collaboration avec AWS, et 7 mois pour Accenture chez Air Liquide - une fois le travail de 'lobbying' en interne réalisé.
 
Actuellement, 25 à 30% du workloads global de McDonalds est dans le cloud public, ce qui, selon le CTO de l'entreprise, est largement supérieur aux autres entreprises de cette taille, dont le pourcentage avoisinerait plutôt 5%. Par ailleurs, McDonalds espère basculer 70% de sa toute nouvelle plate-forme dédiée au e-commerce vers le cloud, au fur et à mesure qu'elle conquiert de nouveaux marchés. "En termes d'activités globales, nous ne voulons pas faire d'annonces folles telle que 'dans deux ans tout sera dans le cloud'. Mais à terme, nous espérons que 70% de nos activités serons dans le cloud", a affirmé Frank Ellermeyer. Il n'a pas précisé à quelle date, ni si AWS serait l'heureux élu.
 
 
Pour quels bénéfices ?
Pour une entreprise de la taille de McDonalds, un point crucial permis par le cloud est la montée en charge. Selon le CTO, le cloud d'AWS est arrivé à point nommé pour faciliter l'expansion géographique de McDonalds, afin d'augmenter l'élasticité et la flexibilité de ses opérations. "A l'heure du déjeuner, le volume de nos transactions augmente considérablement, et nous devons pouvoir nous adapter jusqu'au point maximum", explique-t-il. D'autres bénéfices permis par le cloud concernent la réduction du temps passé sur les opérations et une stabilité accrue. "De manière générale nos coûts baissent car nous n'investissons plus autant dans le matériel traditionnel, et cela ne concerne pas que le cloud", a-t-il ajouté. 
 
Par ailleurs, "les retours clients sont bien plus rapides, donc nous avons désormais une bien meilleure compréhension de leurs besoins et de leurs comportements et nous pouvons leur offrir une offre beaucoup plus personnalisée", a ajouté Frank Ellermeyer, qui mise beaucoup sur la nouvelle plate-forme mobile dédiée au e-commerce de McDonalds.
 
 
Réduire les coûts
Chez Air Liquide, la transition aurait permis une réduction des coûts IT de 30%. "Nous n'avions presque plus besoin d'investir dans l'infrastructure, et cela a aussi permis de réduire le nombre de contractants et donc les coûts associés", explique Riadh Hamdi. En effet, ces opérations avaient lieu dans le quartier cher de la Défense et sont maintenant réalisées off shore en Inde. Surtout, "les équipes d'Air Liquide ne passent plus que 5% de leurs temps sur les opérations, comme le 'troubleshooting" et peuvent désormais se concentrer sur d'autres activités. Enfin, nous avons réduit par quatre le volume des datacenter donc la facture pour le site d'Austin au Texas a été divisée par quatre".
 
"What's next?" Pour le CTO de McDonalds, "nous devons nous améliorer dans tout ce qui concerne les données et la big data, nous devons apprendre à mieux les utiliser. Cela est particulièrement intéressant pour les activités de livraison à domicile" - la prochaine étape.

 

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