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Comment Qowisio déploie son réseau bas débit à faible coût

Cas d'école Sorti de l'ombre après une levée de fonds de 10 millions d'euros à la fin du printemps, Qowisio fait figure de petit poucet dans la bataille des réseaux bas débit longue distance. Mais son expertise lui permet de déployer son propre réseau à un faible coût comparé à ses concurrents.
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Comment Qowisio déploie son réseau bas débit à faible coût
De gauche à droite : Guillaume Houssay (Directeur Général), Cyrille Le Floch (Président), Xavier Eme (Directeur commercial), Jean-Samuel Reynaud (Directeur Technique) © Qowisio

Sorti de nulle part, ou presque, en juin 2015, avec une levée de fonds de 10 millions d'euros, Qowisio se place en outsider sérieux face aux géants des télécoms comme Bouygues et Orange et à la start-up surdouée Sigfox. Il a même annoncé cet automne son intention de développer un réseau bi-mode, à la fois compatible Qowisio et LoRa. Quels sont ses atouts pour percer dans un univers de plus en plus concurrentiel ?

 

mettre fin à la guerre technologique

Qowisio a adopté une approche basée sur la simplicité et une certaine frugalité… sans aller jusqu'au low-cost. "On revendique notre culture d'électroniciens : nous développons et fabriquons nous-mêmes toutes nos antennes, c'est pour cela que notre réseau coûte relativement peu cher à déployer, alors que des opérateurs classiques ont des coûts d'intégration importants", explique Cyrille Le Floch, président de la société. En maîtrisant la technologie du réseau de A à Z, il peut aussi facilement et rapidement l'adapter. Raison pour laquelle l'intégration de la technologie LoRa, annoncée à l'automne 2015, a été "simple à mettre en œuvre". Et "peu chère au regard de ce que l'on peut en tirer commercialement", juge Cyrille le Floch.

 

Avec cette décision, Qowisio veut sortir de la logique de guerre technologique entre opérateurs et lever les derniers blocages psychologiques de ses clients potentiels. "Ils pourront se projeter partout dans le monde sans dépendre du déploiement de notre propre réseau. On leur apporte une sécurité, comme une roue de secours, juge-t-il. Et puis des gens qui veulent démarrer avec Orange ou Bouyges Télécom pourront revenir vers nous plus tard".

 

A l'entendre, Qowisio ne serait pas contre une tri-compatibilité Qowisio – Sigfox – LoRa, d'autant plus que sa technologue UNB (ultra narrow band) est très proche de celle de la start-up toulousaine. "Tous les capteurs développés par Sigfox sont compatibles Qowisio, c'est juste une histoire de software à changer, pas de hardware, précise-t-il. On voit passer les messages Sigfox sur nos antennes mais on n'a pas la clé pour les décoder. Sigfox est mono techno et n'est pas dans une optique de partage, ils ne veulent pas ouvrir leur protocole. Ils veulent garder leur avance en ignorant les autres acteurs".

 

qowisio mise sur l'ouverture

La start-up angevine partage pourtant des traits communs avec son homologue toulousaine. A commencer par une quête de simplicité, même si Qowisio revendique davantage d'ouverture, et non la construction d'un écosystème fermé. "Si vous voulez des capteurs à prix bas pour vos objets, il vaut mieux choisir des puces standard produites par millions très performantes. On utilise donc des puces standard Texas Instruments, Microchip, STmicroelectronics, Freescale, toutes les puces radio 868 Mhz sont compatibles Qowisio. Nous ne sommes propriétaires de rien côté puces et on émet en radio de façon très basique. L'idée c'est qu'il n'y ait pas de complexité dans l'objet pourqu'il soit très peu cher à produire, non dépendant de Qowisio, et le plus ouvert possible. C'est sur la partie "réception" de nos antennes qu'il y a un gros travail de décodage, c'est notre domaine d'expertise", détaille son président.

 

Qowisio veut convaincre de nombreuses start-up plutôt que de gros groupes industriels qui souhaiteraient connecter leur parc de machines ou de compteurs. "On se concentre sur les nouveaux cas d'applications développés par des start-up, des niches et usages inédits permis par le bas débit", glisse son co-fondateur. Lesquels ? La start-up reste discrète, tout comme sur son modèle de tarification.

 

Qowisio se dit en tout cas prêt à ouvrir son réseau dès janvier, et promet une couverture de 80% de la population et 100% des villes de plus de 10 000 habitants avec au moins 1 400 antennes déployées, en prenant appui sur le réseau de TDF. Ce qui en ferait le premier réseau LoRa déployé nationalement en France. Un joli pied de nez aux géants Bouygues et Orange.

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