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Comment Thales surfe sur le marché de la sécurité

Vidéosurveillance intelligente, cybersécurité, surveillance des réseaux sociaux, communications 4G pour les forces de l’ordre…Thales s’engouffre sur les marchés porteurs de la sécurité.
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Comment Thales surfe sur le marché de la sécurité
Comment Thales surfe sur le marché de la sécurité © Jonathan Mcintosh - Flickr - C.C.

Pour le salon de la défense de Milipol qui a fermé ses portes ce vendredi 22 novembre, Thales a sorti le grand jeu. Sur son stand de 225 m2, il exposait plus d’une vingtaine de technologies ! Un investissement révélateur de l’importance de ce marché pour le groupe. "Nous réalisons environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans ce segment. Cela nous met au niveau des plus grands acteurs européens", indique son patron Marc Darmon, directeur général adjoint de Thales, en charge des systèmes d'information et de communication sécurisés. Le marché mondial est estimé à plus de 100 milliards d’euros, en croissance de 5% par an.

Synergie entre défense et sécurité

Face à la pléthore de concurrents, Thales mise sur ses capacités d’intégrateur et sa maîtrise des technologies dédiées aux militaires comme les communications sécurisées, la cryptographie ou encore les centres de contrôle et de commandement. "Nous sommes légitimes sur ce marché. Il y a continuum entre les technologies de défense et de sécurité", explique le dirigeant.

Typiquement, Thales a pu s’appuyer sur son expertise des systèmes radio haut débit destinés aux armées pour développer une solution adaptées pour les forces de l’ordre. Sur son stand, il avançait des terminaux 4G répondant aux contraintes policières, capables de donner la priorité à certains appels en cas de saturation du réseau, de passer des communication en mode talkie-walkie et en mode direct (sans passer par le réseau).

Dans le domaine de la cybersécurité, le groupe fait désormais profiter les entreprises de son expérience acquise dans la détection des attaques et du chiffrement. Pour faire bonne mesure, le groupe aligne 1500 experts en cybersécurité. Thales supervise ainsi depuis son centre de surveillance situé à Elancourt dans les Yvelines, le réseau d’une centaine de grandes entreprises et va ouvrir un centre identique au Royaume Uni. "Il faut une semaine pour contrer une attaque sur un système déjà supervisé et plusieurs mois si ce n’est pas le cas", explique le dirigeant.

Mega analyse de Big Data

Plus surprenant, Thales investit des domaines où on ne l’attend pas forcément. A Milipol, le groupe a présenté sa solution prototype de supervision Cybels View capable de traiter les informations issues des réseaux sociaux (blogs, forums…). Sa capacité de traitement est impressionnante. Ainsi lors de la guerre du Mali, sa plateforme a analysé 350 000 tweets qui avaient relayé ou démenti la mort du chef terroriste Mokhtar Belmokhtar à partir de 28 février 2013. "Nos traitements basés sur de l’analyse sémantique ont permis d’identifier les abonnés les plus influents, ceux qui ont des informations que les autres n’ont pas ou qui diffusent le plus d’infos", explique le responsable de l’offre produit. Cette exploitation a pu être possible grâce à la maîtrise de Thales des mécanismes du Big Data, le traitement de données à très grande échelle. Cette plateforme permet également la supervision et la protection du réseau informatique des grandes entreprises françaises. Elle analyse 3,6 milliards d’événements informatiques en une semaine. Cet outil est déjà à la disposition des forces de gendarmerie pour lutter contre les réseaux pédophiles actifs sur Internet.

Dernier pari majeur du groupe : s’imposer comme un leader de la vidéosurveillance intelligente. Ses équipes travaillent sur des nouveaux algorithmes pour exploiter plus efficacement les flux vidéo, que ce soit en direct pour déclencher une alarme en cas de danger ou pour de l'analyse a posteriori. A Gennevilliers, Thales travaille ainsi sur des technologies de tracking vidéo capable de suivre un individu à partir de ses caractéristiques (physiques, vestimentaires) de caméra en caméra, ou de "dérushage" rapide. "Grâce à des technologies d’indexation, notre logiciel permet de dérusher un enregistrement de 1h30 en 6 minutes", indique Éric Moncet, le responsable de l’activité sécurité du citoyen. Thales a remporté en 2009 le contrat de la vidéosurveillance de la ville de Mexico ou plus de 7000 caméras ont été déployées. "En 3 ans, la criminalité a baissé de 25%. Les entreprises qui avaient fui la ville, reviennent s’y installer", explique Marc Darmon. Le groupe s’est positionné pour remporter le contrat d’extension du réseau de vidéosurveillance de Mexico et espère au-delà séduire d’autres villes.

Hassan Meddah

 
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