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Comment Vinci Autoroutes veut contribuer au développement des véhicules autonomes

Vinci Autoroutes fait partie du consortium SAM qui a remporté l'appel à projets lancé par l'Ademe et va mener 13 expérimentations autour du véhicule autonome. Parmi ces expérimentations, l'une d'entre-elles, à laquelle contribue Vinci Autoroutes, est pilotée par PSA et Renault. Le concessionnaire autoroutier détaille à L'Usine Digitale de quelle manière il peut aider les véhicules autonomes à percevoir leur environnement et anticiper certaines situations à risque.
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Comment Vinci Autoroutes veut contribuer au développement des véhicules autonomes
Comment Vinci Autoroutes veut contribuer au développement des véhicules autonomes © wikimedia - c.c

"Les  infrastructures auront un rôle à jouer dans les services de mobilité de demain", assure à L'Usine Digitale Pierre Delaigue, directeur des projets véhicule autonome chez Vinci Autoroutes. Les infrastructures embarquées dans les véhicules autonomes connaissent des limites et rencontrent des difficultés liées à la grande vitesse, la météo ou les interactions avec les véhicules manuels. "Vinci Autoroutes veut être apporteur de solutions pour leur permettre d'adresser l'ensemble des situations de conduite", annonce Pierre Delaigue.

 

D'où la participation du concessionnaire autoroutier au consortium SAM, qui a remporté l'appel à projets lancé par l'Ademe et va mener 13 expérimentations autour du véhicule autonome. Vinci Autoroutes contribue à l'une de ces expérimentations concernant les voies à chaussées séparées et pilotée par PSA et Renault.

 

Trois terrains d'expérimentations pour tester la communication V2I

Trois terrains de tests seront progressivement utilisés. Dans un premier temps, des véhicules autonomes de niveau 3 pourront circuler dans le tunnel du Duplex A86 qui relie Rueil-Malmaison (78) à Vélizy (78) en 10 minutes. Vinci Autoroutes va profiter d'équipements déjà existants, que ce soit la connectivité ou les 400 caméras scrutant le tunnel, afin d'expérimenter la communication entre l'infrastructure et les véhicules autonomes. Le but : "étendre la capacité embarquée dans les voitures par une perception débarquée", résume Pierre Delaigue.

 

Le second terrain d'essai de ces véhicules autonomes de niveau 3 sera un tronçon de l'A11 entre la barrière de Saint-Arnoult et la sortie en direction d'Ablis. "Ce sera les mêmes cas d'usages que ceux testés dans le tunnel du Duplex mais complexifiés puisque le terrain d'expérimentation se situe en extérieur et que les véhicules circulent à grande vitesse", détaille Pierre Delaigue.

 

Enfin, le dernier terrain d'expérimentation permettra de tester un usage tout autre. Le tronçon de l'autoroute A10 entre Briis-sous-Forges (91) et Massy (91) comporte une gare ainsi qu'une voie dédiée aux bus. "Les cas d'usages et les fonctionnalités testés seront donc liés à la mobilité autonome collective avec des véhicules autonomes de niveau 4", détaille Pierre Delaigue. Ce service sera testé "vers la fin des trois années d'expérimentations", ajoute-t-il.

 

Cyclope.ai développe des algorithmes de vision par ordinateur

"Les roulages avec les partenaires démarreront au premier trimestre 2020 et continueront jusqu'à la fin de l'expérimentation [prévue en 2022, ndlr]", précise Pierre Delaigue. Durant l'année 2019, les acteurs se concentrent sur la phase de développement interne et notamment la perception débarquée, la classification des informations et leur fréquence de transmission aux véhicules selon leur importance. Si Vinci Autoroutes va principalement utiliser son réseau de caméra existant, le concessionnaire ne s'interdit pas de tester d'autres types de capteurs, du même type que ceux implémentés sur les véhicules.

 

Cyclope.ai doit développer des algorithmes de vision par ordinateur permettant d'analyser les images des caméras. La filiale de Vinci Autoroutes spécialisée dans le développement de solutions d'intelligence artificielle pour les opérateurs d'infrastructures commercialise déjà certains produits comme un algorithme de détection automatisée d'incident permettant de détecter les départs de feu ou des véhicules arrêtés. La start-up cherche à étendre cette compétence pour proposer de nouveaux algorithmes spécifiques aux véhicules autonomes. Le but est d'identifier chaque véhicule, de le localiser et de définir sa vitesse tout en déterminant si un véhicule est arrêté, si un piéton est présent sur la chaussée ou si un incident se produit...

 

Amélioration de la perception et de la sécurité

Vinci Autoroutes souhaite compléter ces informations avec les données contenues dans son système d'information que sont par exemple les zones de travaux. Mais le concessionnaire est encore dans une phase de digitalisation de ses données. Grâce à ces informations, "le véhicule autonome pourra anticiper les situations de conduite", résume Pierre Delaigue. Cette perception débarquée peut aussi être utilisée comme un système redondant de la perception embarquée du véhicule. Une redondance toutefois nécessaire pour assurer la sécurité en cas de défaillance d'un système.
 

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