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Commercialisation, fréquences, verticales… Où en est le développement de la 5G dans l'Union européenne ?

Infographie Alors que le déploiement de la 5G est bien engagé dans certains pays de l’Union européenne et débute dans les autres, l’exécutif communautaire commande chaque trimestre au cabinet Idate DigiWorld un observatoire pour suivre le processus. Etat des lieux.
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Commercialisation, fréquences, verticales… Où en est le développement de la 5G dans l'Union européenne ?
Commercialisation, fréquences, verticales… Où en est le développement de la 5G dans l'Union européenne ? © Pixabay / tpsdave

La 5G devra être activée dans au moins deux villes de chaque pays de l’Union européenne d’ici à la fin 2020, selon les règles fixées par la Commission. Choisi pour éclairer l’exécutif sur le déploiement de la nouvelle norme de téléphonie mobile en Europe (pré-Brexit), le cabinet de conseil Idate DigiWorld publie un observatoire actualisé tous les trimestres. Voici quelques-uns de ses enseignements.

 

1/ LANCEMENTS COMMERCIAUX

Au 31 décembre 2019, dix pays de l’Union européenne disposaient de réseaux 5G commerciaux. Si la Finlande et l’Autriche ont été les pays les plus réactifs, ayant lancé des offres avant même l’été 2019, les marchés les plus compétitifs sont aujourd’hui le Royaume-Uni et l’Allemagne, où au moins trois opérateurs télécoms se sont positionnés – une maturité comparable aux Etats-Unis et à la Chine. "Sous l’impulsion des acteurs américains et sud-coréens du secteur, suivis par les grands équipementiers, on a assisté à une accélération de six mois sur le calendrier des lancements commerciaux", souligne Frédéric Pujol, responsable des activités Technologie et Radio chez Idate DigiWorld, qui pointe, par ailleurs, l’impatience générale des consommateurs – en Chine, quelque 8 millions de personnes avaient souscrit un forfait 5G avant même que le premier réseau ne soit lancé.

 

 

2/ ATTRIBUTION DES BANDES DE FRéQUENCE

Le potentiel de la 5G ne peut pleinement s’exprimer qu'avec l’exploitation de la bande des 26 GHz – celles des ondes dites "millimétriques" –, mais les Etats européens n’ont pas procédé à l’attribution de celle-ci, hormis l’Italie. "Il n’y a pas encore de véritable demande au niveau des cas d’usage", justifie Frédéric Pujol, rappelant que la France a autorisé quelques plates-formes d’expérimentation. 80% des autres bandes de fréquence seront, cela dit, réservées d’ici à la fin 2020 – contre seulement 16,5% au 31 décembre 2019. Les opérateurs télécoms ont aujourd’hui accès aux bandes des 700 MHz – indiquée pour les usages IoT – et des 3,5 GHz. "Un bon équilibre entre portée et bande passante."

 

 

3/ SECTEURS D'EXPLOITATION

Toutes bandes de fréquences confondues, ce sont plus de 180 tests grandeur nature qui ont eu lieu en Europe depuis le début des expérimentations autour de la 5G. Pour mémoire, en France, Orange, Bouygues Telecom et SFR ont accéléré au cours de la deuxième moitié de 2019, cumulant un total de 382 sites. Applications industrielles et mobilité autonome étaient en tête des cas d’usage mis à l’épreuve. Une phase qui leur a aussi permis de se roder en amont aux questions de connectivité.

 

 

Ces secteurs sont, d’ailleurs, ceux qui ont le plus largement été testés à l’échelle communautaire… juste après le divertissement. La santé, le transport (notamment maritime), l’industrie 4.0 et la smart city figurent également parmi les grands axes de travail. "Il faut garder en tête que les terminaux compatibles avec la 5G seront de plus en plus variés. Il n’est plus question simplement de smartphones, mais également de drones et de distributeurs automatiques", commente Frédéric Pujol.

 

EN 2025, 1,7 MILLIARD D’OBJETS SERONT CONNECTéS

La 5G sera particulièrement utile pour connecter les objets. A ce titre, l’Idate DigiWorld a réalisé une série d’estimations quant à l’état de ce marché en 2025. Ainsi, selon le cabinet, 1,7 milliard d’appareils devraient être connectés dans le monde à cette échéance. "La hausse est constante, avec environ 40% d’objets supplémentaires chaque année depuis 2018. Les dispositifs basiques, tels que les compteurs électriques ou d’eau, représenteront 891 millions d’objets. Le secteur de la logistique sera sur la seconde marche du podium, avec 450 millions d’objets. Ces deux catégories représenteront, dans cinq ans, 80% du marché de l’IoT à elles-seules", indique Samuel Ropert, responsable des activités Smart Vertical chez Idate DigiWorld. Les cas d’usage dans l’agriculture ou la sécurité seront amenés à se développer.

 

 

Plusieurs normes s'affrontent pour l'IOT

L’avènement de la 5G ne devrait pas complètement éclipser les autres normes technologiques pensées pour l’IoT. Le taux d’adoption de Sigfox et LoRa – tout comme les 23 autres normes non-licenciées par l’organisme 3GPP – devrait continuer de croître. "Si ces normes ont l’avantage d’être compatibles avec toutes les verticales dans toutes zones géographiques et d’offrir de bonnes performances, elles ne sont pas à l’abri d’interférences vu qu’elles ne sont pas standardisées", pointe Samuel Ropert.

 

Les normes NB-IoT et LTE-M sont, elles, bien licenciées par le 3GPP. Perçues comme rassurantes par les industriels, leur couverture devrait augmenter de façon significative d’ici à 2025. "Standardisées, elles pourront être exploitées par une multitude de fournisseurs et générer des économies d’échelle", juge l’expert. Le NB-IoT, particulièrement, devrait même exploser – le prix des modules et le rendement énergétique en ferait le meilleur compromis. "Sigfox pourrait, cela dit, ne pas avoir dit son dernier mot, grâce à son partenariat avec Eutelsat visant à déployer une constellation de nano-satellites pour connecter l’IoT."

 

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