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Compétitivité, accessibilité, neutralité : les trois axes du mandat de Sébastien Soriano à l'Arcep

Le nouveau président de l'Arcep a vu sa candidature confirmée par un décret de François Hollande ce 15 janvier.. Ce proche de Fleur Pellerin promet de traiter les opérateurs avec davantage "d'empathie".
mis à jour le 15 janvier 2015 à 09H18
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Compétitivité, accessibilité, neutralité : les trois axes du mandat de Sébastien Soriano à l'Arcep
Compétitivité, accessibilité, neutralité : les trois axes du mandat de Sébastien Soriano à l'Arcep © Assemblée nationale - capture Dailymotion

Les opérateurs télécoms vont-ils trouver un allié à l'Arcep, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes ? Sébastien Soriano, 39 ans, proche de Fleur Pellerin (dont il a été le conseiller) va s'installer dans le fauteuil de président très prochainement. Sa nomination a été confirmée par un décret du président de la République ce 15 janvier. Il devrait prêter une oreille plus attentive aux revendications des opérateurs que son prédécesseur, tout en travaillant de façon plus étroite avec l'Etat, à en croire la tonalité de son audition par les députés, mardi 13 janvier.

Lors de son mandat, il promet de se concentrer sur trois points : "compétitivité, accessibilité, neutralité". "Compétitivité car nous ne devons jamais oublier que ces réseaux télécoms sont déployés par des acteurs industriels. Nous devons être dans une certaine empathie vis-à-vis de ce secteur économique pour qu'il soit en mesure de déployer ses infrastructures. Accessibilité : on a le droit d'être utopistes et se dire que les réseaux télécoms doivent être un droit pour tous les citoyens. Neutralité : je pense qu'internet n'est pas un réseau comme les autres, c'est en train de devenir un bien commun à partir duquel chacun peut s'exprimer. Nous devons nous assurer d'avoir un internet qui soit totalement neutre, garantir une connectivité totale", résume-t-il.

"stabiliser" le secteur des télécoms

Sébastien Soriano, ingénieur X-Télécom, revient à l'Arcep, où il avait travaillé de 2001 à 2004 puis de 2009 à 2012, alors que le secteur arrive "à la fin d'un cycle", juge-t-il. "Il y a vingt ans, il n'y avait pas de concurrence : aujourd'hui on a quatre acteurs installés avec des bases de clients et des réseaux importants. Une nouvelle ambition doit être construite, autour de deux dimensions. D'abord terminer le travail : il y a une certaine effervescence dans le secteur, des comportements qu'on pourrait regretter, on pourrait souhaiter que les choses soient un peu plus stables. Et puis le premier rôle de l'Arcep, pour préparer l'avenir, est de fixer un cap : celui de l'investissement, du très haut débit fixe, du très haut débit mobile. L'Arcep doit être le gardien du long terme".

Le nouveau président compte "assurer le fonctionnement d'une concurrence équitable dans le secteur du mobile : l'itinérance et la mutualisation sont des paramètres importants de cet équilibre". Sébastien Soriano affiche son intention de suivre l'avis de l'Autorité de la concurrence sur l'accord d'itinérance Orange / Free. En clair, Free devrait progressivement basculer sur son propre réseau, région par région, dès 2016 et jusqu'en 2018.

l'arcep, pas seulement un "good cop"

Sébastien Soriano, compte bien "entrainer les acteurs en conjuguant l'incitation et la structuration. Le régulateur doit être un arbitre, pas seulement un 'good cop'. Etre capable de faire rentrer des acteurs dans le rang, notamment concernant la neutralité du net". Le haut fonctionnaire promet de travailler sur l'interconnexion pour lutter entre les "discriminations entre petits et grands acteurs du net".

Il mènera une réflexion sur une éventuelle "obligation de loyauté des plates-formes", estime-t-il. Il faudrait "accepter que le champ de la régulation, construit sur les réseaux et les tuyaux, puisse s'exporter sur certains champs de fonctionnement de l'internet. Il ne faut pas réguler Internet, mais  certaines grandes plates-formes, par leurs agissements, tendent à régenter Internet". Pour traiter ce vaste sujet, l'Arcep ne fusionnera pas avec le CSA, a rappelé son nouveaprésident. Mais les deux institutions seront amenées à travailler davantage ensemble tout en conservant leurs prérogatives.

Sylvain Arnulf

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