Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Connectivité, services, tarifs… Les attentes des Français en matière de 5G selon Ericsson

Étude Infographie L’équipementier suédois Ericsson organise jeudi 3 octobre 2019 un événement réunissant ses clients et partenaires, à Paris. Pour l’occasion, il lève le voile sur une étude réalisée en interne au sujet des besoins et des attentes des consommateurs français en matière de 5G. Des résultats qui sont plutôt de bon augure pour les opérateurs, tant cette technologie est attendue par le grand public et les professionnels.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Connectivité, services, tarifs… Les attentes des Français en matière de 5G selon Ericsson
Connectivité, services, tarifs… Les attentes des Français en matière de 5G selon Ericsson © Ericsson

Ericsson reprend des couleurs. C’est, peu ou prou, ce qu’a annoncé Franck Bouétard, président-directeur général de la filiale française de l’équipementier suédois. En marge de la huitième édition des Ericsson Days, un événement qui a réuni clients et partenaires à Paris ce jeudi 3 octobre 2019, l’entreprise a expliqué que sa forte croissance sur les marchés américain et chinois de la 5G lui permet d’afficher une progression de 10% de son chiffre d’affaires sur un an.

 

A date, l’équipementier a signé 26 contrats avec des opérateurs situés sur les quatre continents. Ce à quoi se rajoutent 47 partenariats qui pourraient, eux aussi, déboucher sur des accords en vue d’un déploiement commercial. "Sur les 37 réseaux 5G aujourd’hui opérationnels à l’échelle mondiale, 19 ont recours aux technologies d’Ericsson", s’est réjoui Franck Bouétard. A titre de comparaison, ses concurrents Huawei et Nokia ont respectivement annoncé 60 et 42 contrats avec les opérateurs.

 

PRéPARER L’ARRIVéE DE LA 5G EN FRANCE

"On projette que 20% des abonnés mobiles bénéficieront de la 5G à l’horizon 2024. L’adoption de cette technologie sera beaucoup plus rapide que celle qui a eu lieu pour les générations précédentes", a souligné le PDG. C’est pour préparer le terrain que le Consumer Lab de l’équipementier a mené une étude* sur les attentes des Français en matière de 5G. Premier constat : la connectivité actuelle dont ils disposent en mobilité n’est, selon 44% d’entre eux, pas assez rapide. C’est notamment le cas dans les endroits très fréquentés tels que les centres-villes ou les stades. Alors que le gouvernement aspire à ce que la nouvelle norme soit un moyen de réduire la fracture numérique en milieu rural, on constate donc bien que l’intérêt des opérateurs sera autre : offrir ce service aux zones urbaines en priorité.

 

 

Si les Français restent, par ailleurs, attachés à leur smartphone et n’envisagent pas la disparition de celui-ci à court terme, ils sont 45% à estimer que les dispositifs de réalité augmentée – tels que des lunettes connectées – deviendront des appareils du quotidien. "Le propre d’une nouvelle technologie est effectivement de conduire au développement de nouveaux usages", relève Franck Bouétard. Ces nouveaux usages découleront, entre autre, de l’explosion de la data.

 

Selon l’étude d’Ericsson, la consommation moyenne actuelle d’un Français pourrait ainsi être multipliée par dix d’ici à 2024 pour passer de 7 Go par mois à près de 70 Go. De quoi développer des services en matière de streaming vidéo ou encore de cloud gaming. "Les consommateurs français figurent parmi les Européens les plus impatients de pouvoir utiliser la 5G", souligne d’ailleurs l’équipementier suédois dans son enquête.

 

LES FRANçAIS PRÊTS à PAYER PLUS CHER

Preuve que proposer des offres 5G sera différenciant pour les opérateurs, 32% des utilisateurs de smartphones s’attendent à ce que le leur adopte rapidement cette nouvelle technologie… sans quoi ils passeront à la concurrence dans les six mois qui suivront le lancement du premier réseau commercial. "Les opérateurs devront d’ailleurs profiter de cette transition pour penser des offres d’un genre nouveau pour s’adapter à un changement dans les habitudes des consommateurs", indique Jasmeet Sethi, directeur du Consumer Lab. L’étude d’Ericsson laisse transparaître une volonté de basculer d’un abonnement mensuel vers un mode de paiement à l’usage (pay-per-use).

 

 

Ce qui ne signifie pas pour autant que les clients souhaitent faire baisser leur facture. Pour avoir accès à la 5G, les Français interrogés se disent prêts à débourser 30% de plus – soit 9 euros en moyenne. Du pain bénit pour les opérateurs à l’heure où le coût d’exploitation de la 4G devient plus lourd à porter du fait de l’augmentation du trafic de données.

 

Le message que leur adresse Ericsson, entre les lignes : investir dans un bon réseau 5G entraînera nécessairement des coûts initiaux, mais sera intéressant sur le long terme car cette norme est plus économique. Cela serait notamment la première fois qu’une nouvelle génération de technologie mobile serait moins énergivore que la précédente – jusqu’à 10 fois plus efficace que la 4G sur cet aspect technique. De quoi, l’un dans l’autre, dégager de nouveaux revenus.

 

DES CAS D'USAGE BTOB EN PHASE D'ESSAIS

Ericsson a profité de l’occasion pour revenir sur les expérimentations de cas d’usage 5G professionnels menés avec différentes secteurs d’activité. La semaine dernière, L’Usine Digitale présentait le service de réalité augmentée mis au point par la Deutsche Fußball Liga dans le stade de Wolfsburg. "C’est non seulement une expérience améliorée pour le spectateur, mais aussi un moyen d’augmenter les revenus perçus par un club", pointe Jasmeet Sethi d’Ericsson, dont les équipements ont été utilisés par la DFL.

 

L’équipementier suédois mène également des essais dans le domaine de l’industrie. "Aujourd’hui, les usines sont figées. Les reconfigurer prend des mois. A terme, des robots montés sur roue pourront remplacer ceux cloués au sol et il deviendra possible de le faire en une poignée d’heures", illustre Franck Bouétard. Selon Ericsson, la technologie est prête. Les business models ne le sont pas encore.

 

Que ce soit en partenariat avec Transpolis, près de Lyon (69), l’UTAC-CERAM à Linas-Montlhéry (91) ou le Rouen Normandy Autonomous Lab (76), Ericsson travaille aussi autour du transport autonome. L’équipementier suédois participe, via sa 5G, à la réflexion en matière de sécurisation de la conduite. "Un convoi comprenant une succession de camions, guidée par celui en tête de peloton, est actuellement en cours de test", expose le PDF de la filiale française. Objectif : créer avec les professionnels un "écosystème intégré", permettant valoriser l’ensemble de la chaîne de valeur – de la production à la livraison, en passant par la logistique.

 

* Le rapport "Comprendre la valeur de la 5G aux yeux du consommateur", mené par Ericsson, analyse les attentes des consommateurs à travers 35 000 entretiens réalisés dans 22 pays, dont 1 500 en France en mai 2019, représentant l’opinion de 29 millions d’utilisateurs de smartphones.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media