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Consommation d’électricité : l’effacement appelle plus d’agilité au niveau des systèmes d’information des agrégateurs

L’effacement a plusieurs incidences directes sur les infrastructures informatiques des agrégateurs. En attendant les recommandations de la Commission de Régulation de l’Energie relatives à la valorisation des effacements de consommation d’électricité, prenons le temps de revenir sur les besoins à couvrir au niveau du système d’information et sur la meilleure manière d’opérer, à la lumière des projets conduits pour plusieurs acteurs de l’énergie.
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Consommation d’électricité : l’effacement appelle plus d’agilité au niveau des systèmes d’information des agrégateurs
Consommation d’électricité : l’effacement appelle plus d’agilité au niveau des systèmes d’information des agrégateurs © DR

L’un des enjeux actuels pour la filière de l’énergie est d’équilibrer constamment la consommation et la production d’électricité. Le développement récent des smartgrids permet notamment le développement et l’instrumentation à large échelle de la technique dite de l’effacement initiée par EDF dès 1982.

L’objectif de cette technique est d’effacer (ou de reporter) une partie de la consommation d’électricité quand des pics apparaissent sur le réseau, afin de se rapprocher le plus possible de l’équilibre et d’éviter une pointe prévisionnelle synonyme de production onéreuse et polluante.

Une démarche encore en cours de développement...

Les mécanismes d’ajustement sont gérés par RTE qui est garant de l’équilibre entre l’offre et la demande (production/consommation d’électricité). Les agrégateurs jouent quant à eux le rôle d’intermédiaire entre RTE et les industriels ou les particuliers : leur intervention doit réduire momentanément la demande d’électricité.

Parmi les plus connus à ce jour, citons Energy Pool, Ecometering, Voltatis ou encore Reflex (Veolia / Dalkia). Un mécanisme de valorisation incluant la notion de prime à verser aux agrégateurs pour ce travail a récemment été défini par la loi Brottes du 15 avril 2013. Les prochaines modalités (dont la définition de méthodologies pour les règles à appliquer et le versement des primes) font l’objet de la consultation publique en cours en ce moment au niveau de la CRE. Le marché français connaît toutefois une phase de statu quo car la mise en place des évolutions réglementaires, compte tenu de l’ampleur de la réforme, tarde à se concrétiser ; la difficulté à définir un modèle économique pérenne pour l’effacement est une autre raison à cette stabilisation de l’activité.

Conséquence : certains agrégateurs décident d’exporter leurs savoir-faire dans des pays où la question de l’équilibre "production - consommation d’électricité" devient critique. Ecometering intervient ainsi en Hongrie et aux Pays-Bas quand Energy Pool s’intéresse au Japon (depuis l’arrêt des centrales nucléaires).

...et qui requiert des systèmes d’information adaptés

D’un point de vue opérationnel, pour procéder à l’effacement, les agrégateurs doivent disposer d’infrastructures informatiques adaptées et performantes qui couvrent trois besoins :

• La construction des blocs d’énergie : l’agrégateur doit pouvoir identifier les industriels qui ont accepté d’effacer leur consommation d’électricité, mesurer leurs capacités d’effacement respectives et les agréger intelligemment afin de constituer des pools atteignant la puissance souhaitée. Cela suppose la mise en place de bases de données, de technologies de simulation et d’applications algorithmiques sophistiquées qui vont combiner les capacités disponibles avec les contraintes individuelles pour former des blocs d’énergie cohérents de minimum 10 MW – en conformité notamment avec les règles NEBEF définies pour l’affectation des blocs correspondant à l’effacement.

• L’activation de l’effacement à proprement parler : le système d’information de l’agrégateur d’effacement envoie les ordres d’effacement aux systèmes d’information des sites industriels ciblés, puis assure la supervision de leur bonne exécution. Il doit aussi vérifier que la puissance effacée correspond à l’engagement pris auprès de RTE. Pour cela, l’agrégateur aura déployé des outils de monitoring et de pilotage automatique et/ou à distance qui ensemble forment une véritable "tour de contrôle".

• Le partage d’informations avec RTE : l’agrégateur communique régulièrement avec le régulateur dans le cadre du suivi de ses offres d’effacement pour que RTE puisse consolider l’ensemble des opérations effectuées (et des informations rattachées) nécessaires à la bonne gestion de l’équilibre "production – consommation d’électricité". Pour cela, il est très important que chacun respecte les standards et protocoles d’échanges du secteur. Cela est d’autant plus critique que les systèmes d’information sont devenus étroitement interconnectés. Si aux Etats-Unis, les industriels se sont accordés autour de l’openADR, en France, chaque industriel utilise son propre format de données, dans l’attente d’une normalisation prochaine au niveau national ou européen.

standardiser ces technologies pour urbaniser les systèmes d’information

Les agrégateurs d’effacement ont adapté leurs systèmes d’information afin de disposer des capacités technologiques pour réaliser, suivre et optimiser les effacements. Toutefois, les logiciels et applications utilisés n’ont pas encore été standardisés et ils sont souvent développés pour et par chaque acteur. Car si RTE et ERDF fixent les standards pour l’équipement, les agrégateurs restent maîtres des technologies et modèles utilisés pour les moteurs d’agrégation et de pilotage.

Des solutions logicielles éprouvées sont proposées aujourd’hui sur le marché : BPL Global et UISOL (rachetée par Alstom Grid) aux États-Unis, les packages Demand Response de Siemens, ABB et Entelios en Allemagne, ou encore les solutions "EcoStructure" de Schneider Electric pour les sites industriels en France.

L’un des enjeux des prochaines années sera de standardiser ces technologies pour urbaniser les systèmes d’information, les rendre interopérables et ainsi pouvoir tirer encore plus parti de l’effacement et en industrialiser l’utilisation.

Jean-François Flores, consultant Energie chez Euriware

 
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