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Contact tracing : Face à l'échec de son application, Singapour veut doter ses habitants d'un objet connecté

Vu ailleurs Singapour veut changer de stratégie dans la lutte contre le Covid-19. Exit l'application de pistage, le gouvernement envisage désormais de doter les 5,7 millions d'habitants de la Cité-État d'appareils connectés à porter sur eux pour retracer les chaînes de contamination. La forme que prendra l'objet et son fonctionnement n'ont pas encore été révélés.
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Contact tracing : Face à l'échec de son application, Singapour veut doter ses habitants d'un objet connecté
Contact tracing : Face à l'échec de son application, Singapour veut doter ses habitants d'un objet connecté © Macau Photo Agency-Unsplash

Face à l'échec de l'application TraceTogether pour lutter contre le Covid-19, le gouvernement singapourien envisage de mettre en place un système de pistage via des petits appareils connectés à porter sur soi (avec un cordon ou dans une poche ou un sac). Fonctionnant sans smartphone, ils pourraient être distribués aux 5,7 millions de Singapouriens, révèle Reuters le 5 juin 2020.

Échec de l'application de contact tracing

L'annonce a été faite par le ministre en charge du groupe "Smart Nation and Digital Government" (SNDGG), Vivian Balakrishnan, qui a regretté que l'application de contact tracing ait rencontré de nombreux problèmes techniques, notamment un souci de compatibilité avec les iPhones. "L'application ne semble pas fonctionner aussi bien sur les appareils Apple", a-t-il affirmé. En effet, Apple refuse d'autoriser l'usage du Bluetooth lorsque l'application n'est pas active pour des raisons de sécurité. Malgré les multiples échanges avec la firme de Cupertino, le problème n'a pas été résolu.

De plus, le nombre d'utilisateurs de TraceTogether était insuffisant pour que la détection des chaînes de contamination soit efficace. Début mai, ils étaient 1,5 million de Singapouriens à avoir téléchargé l'application, soit 25% de la population. Or, d'après une étude publiée dans la revue Science, 60% de la population d'un pays doit utiliser l'application de pistage pour qu'elle se révèle efficace dans la lutte contre le virus.

Quelle place pour la vie privée ?

Pour l'instant, le gouvernement singapourien n'a donné que très peu de détails sur la forme que prendrait la technologie portable et sur son fonctionnement. Le caractère obligatoire ou non de son port n'a pas non plus été abordé par Vivian Balakrishnan. Reste que le recours à des appareils à porter sur soi pose de nombreuses questions en termes de protection de la vie privée. Interrogé par Reuters, le professeur de droit au University College London (UCL) Michael Veale, qui a participé à l'élaboration d'applications de contact tracing, estime que "les utilisateurs auront probablement du mal à contrôler ce que fait réellement l'appareil ou quelle information le serveur 'backend' utilise".

Au-delà de la vie privée se pose également la question de l'efficacité de ce dispositif dans la lutte contre le Covid-19. La France réfléchit également à doter les 5 % de personnes sans smartphones de bracelets connectés. Le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O avait tout de même précisé que "la faisabilité d’un tel dispositif reste toutefois très incertaine et nécessitera a minima des semaines supplémentaires de développement".

Aujourd'hui, les dispositifs de ce type ont surtout été adoptés par les entreprises pour relancer sereinement leur activité économique. Les employés du port d'Anvers, en Belgique, portent par exemple des bracelets connectés qui permettent de faire respecter la distanciation sociale.

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