Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Contre le terrorisme, Clinton et Obama appellent la Silicon Valley à la rescousse

Vidéo La candidate à l’investiture démocrate Hillary Clinton et le président américain Barack Obama demandent aux géants de la Silicon Valley de participer à la lutte anti-terroriste. Mais la situation n’est pas si simple pour Facebook, Youtube ou Twitter qui jonglent déjà entre neutralité et censure.   
mis à jour le 08 décembre 2015 à 07H43
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La lutte contre le terrorisme est un casse-tête pour les entreprises du secteur de la haute technologie. Entre coopération avec les gouvernements qui combattent des groupes terroristes islamistes et respect de la liberté d’expression et du principe de neutralité, l’équilibre n’est pas simple à trouver. Pour Hillary Clinton, en revanche, la situation est claire : la Silicon Valley doit prêter main forte. Afin de vaincre le groupe Etat islamique (EI), “nous allons devoir demander de l’aide à nos amis du monde de la technologie”, a affirmé la candidate à l’investiture démocrate lors de son passage au Saban Forum le dimanche 6 décembre.

L’ex-secrétaire d’Etat a notamment cité Facebook, YouTube et Twitter parmi les moyens de communication utilisés par les terroristes. Il faut refuser à l’organisation terroriste toute présence en ligne, a-t-elle expliqué durant la rencontre organisée par le Center for Middle East Policy et qui réunit chaque année des responsables américains et israéliens à la Brookings Institution.

 

 

“plaintes habituelles : Liberté d’expression, etc.”

L’EI est “le meilleur recruteur au monde”, a affirmé Hillary Clinton. Et le gouvernement à beau être “bon”, il ne l’est pas autant que les entreprises du secteur de la technologie, a reconnu la candidate démocrate. “Il y aura toutes les plaintes habituelles : liberté d’expression, etc. Mais si nous sommes vraiment en guerre contre les terroristes (…) nous devons bloquer leurs moyens de communication.” Un appel du pied également formulé par le président américain Barack Obama lors de son intervention télévisée depuis le bureau oval dimanche soir. “J’exhorte les dirigeants (du secteur) de la technologie (…) à compliquer la tache des terroristes qui l’utilisent pour échapper à la justice”, a déclaré le chef d’Etat américain. 

 

Une aide timide

L’administration Obama et Hillary Clinton ont souvent été critiquées pour leurs liens étroits avec la Silicon Valley. Et en Californie, on préfère rester discret quant à d’éventuelles relations avec quelque gouvernement que ce soit. Si les géants californiens apportent leur concours au gouvernement américain, ils le font donc sur la pointe des pieds et au compte-gouttes. Facebook a par exemple annoncé vendredi avoir fermé un profil appartenant à Tashfeen Malik, le tireur accusé d’avoir tué avec sa femme 14 personnes dans une fusillade à San Bernardino en Californie. Le FBI a ouvert une enquête pour “acte de terrorisme”. Mais la firme de Menlo Park, tout comme Google ou Twitter, ne veut pas se mouiller. Les géants californiens s’en tiennent donc à une ligne de conduite : appliquer leur propre charte et faire appel à la justice pour toute réclamation ou signalement qui sortirait de ce cadre. 

 

Demandes de censure

Les entreprises de la Silicon Valley sont en effet frileuses à “nettoyer” d’elles-mêmes leur espace numérique. Car si celles-ci s’alignent avec les pouvoirs occidentaux, elles pourraient ouvrir la porte à plus de demandes de censure à travers le monde. Les récents événements pourraient toutefois faire pencher la balance en faveur d’HiIllary Clinton. Les entreprises de technologie font de plus en plus preuve d’une volonté de prendre des mesures face au recrutement et à la propagande terroriste, affirme en effet Andrew McLaughlin, un ancien cadre de Google et directeur de la technologie auprès du président Obama de 2009 à 2011. 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media