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Contre le terrorisme, Valérie Pécresse prône l'utilisation de la reconnaissance faciale dans les transports

Vu ailleurs Pour Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, la reconnaissance faciale est la solution la plus adaptée pour lutter contre les actes terroristes dans les transports en commun. Elle plaide pour la création d'un comité d'éthique pour trouver un juste équilibre entre préoccupations sécuritaires et libertés. Des propos partagés par le ministre chargé des transports.
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Contre le terrorisme, Valérie Pécresse prône l'utilisation de la reconnaissance faciale dans les transports
Contre le terrorisme, Valérie Pécresse prône l'utilisation de la reconnaissance faciale dans les transports © RATP (Facebook)

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse plaide pour l'utilisation de la reconnaissance faciale dans les transports en commun pour lutter contre le terrorisme.

"Nous sommes en risque terroriste très élevé, or on n'a aucun moyen d'utiliser l'intelligence artificielle (…) alors qu'on a désormais des caméras partout", a-t-elle déclaré dans une interview accordée au Parisien le 24 octobre. Consciente des enjeux, elle appelle l'Etat à créer "un comité d'éthique" pour trouver un juste équilibre entre "l'impératif de sécurisation des réseaux de transport" et la préservation des libertés.

Le ministre des transports y est favorable
Au micro d'Europe 1, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué chargé des transports, s'est dit "assez favorable" à cette proposition. Il en a profité pour rappeler qu'un système de caméras doté de la reconnaissance faciale avait été installé à la station Châtelet-Les-Halles pour comptabiliser le nombre de voyageurs portant des masques en mai dernier. "C'est comme ça qu'on a pu savoir que 95% des usagers des transports portaient bien le masque", a-t-il ajouté. La start-up française Datakalab était le fournisseur de la technologie.

En revanche, il se garde bien de préciser pas que ce programme a été interrompu pour cause d'illégalité. Dans un document publié le 17 juin, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) expliquait que ce système ne respectait pas "le cadre légal applicable à la protection des données personnelles", en particulier le droit d'opposition. Toute personne doit pouvoir s'opposer à la captation de son image dans l'espace public.

Or, les dispositifs vidéo captent automatiquement l’image des personnes passant dans leur spectre de balayage sans possibilité d’éviter les personnes ayant exprimé préalablement leur opposition. En pratique, elles pourront uniquement obtenir la suppression de leurs données et non éviter leur collecte.

Il s'agit de détecter des "comportements suspects"
Le ministre reste très flou quant au fonctionnement de la future technologie. Il évoque "toutes les techniques" qui permettent d'appréhender "des comportements suspects", tels que des personnes qui laissent un bagage abandonné ou qui "se comportent de façon suspecte". En d'autres termes, l'idée est de détecter les signaux faibles, preuves potentielles d'un passage à l'acte.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement se montre favorable au recours à cette technologie. En décembre 2019, le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O annonçait vouloir expérimenter la reconnaissance faciale sur les images de vidéosurveillance, pendant une période allant de six mois à un an. La société civile et une équipe de chercheurs devaient être chargées de superviser le projet.

Pour la Cnil, tout n'est pas souhaitable ou possible
Mais, aucun projet ne semble être en cours. Contactée par BFM, la Cnil indique ne pas avoir été sollicitée pour l'instant. Dans une feuille de route publiée en décembre 2019, l'autorité précisait quelques règles avant de mettre en œuvre une expérimentation.  Elle réclamait l'adoption de "lignes rouges au-delà desquelles aucun usage, même expérimental, peut être admis" mais également que les organisateurs adoptent "une démarche sincèrement expérimentale". Elle rappelait de plus que "s'il peut exister des cas légitimes ou légaux d'usage de la reconnaissance, ils ne doivent pas conduire à penser que tout serait souhaitable ou possible".

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