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Couacs des services d'éducation à distance, à qui la faute ?

Les services du CNED et son dispositif Ma classe à la Maison, déployé pour l'enseignement à distance des élèves, sont difficilement accessibles depuis le mardi 6 avril. En parallèle, des difficultés ont aussi été rencontrées pour se connecter à certains environnements numériques de travail. Le gouvernement a mis en cause un prestataire technique, OVHcloud, qui réfute les accusations. En parallèle, des cyberattaques venues de l'étranger ont aussi été évoquées. Qu'en est-il vraiment ?
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Couacs des services d'éducation à distance, à qui la faute ?
Couacs des services d'éducation à distance, à qui la faute ? © Annie Spratt-Unsplash

Problème d'hébergement ou attaque par DDoS ? Lenteurs de connexion, difficultés pour se créer un compte, voire impossibilité de le faire, page inaccessible… Mardi matin les élèves français ont eu du mal à accéder à la plateforme "Ma classe à la Maison" censée leur permettre de suivre des cours à distance avec leurs enseignants. Cours à distance rendus obligatoire pour 12 700 000 élèves en France avec les dernières mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Pour certains, ce furent des difficultés à se connecter à leur environnement numérique de travail, dit ENT, notamment en Ile-de-France, Centre-Val de Loire, Normandie ou encore dans le Grand Est. Ces ENT dépendent des collectivités locales, tandis que le dispositif Ma classe à la Maison dépend du CNED, le Centre national d'enseignement à distance.

OVH, réfute être la cause de ces pannes
Dans un premier temps, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, a rejeté la faute sur l'hébergeur OVHcloud pour les problèmes concernant les ENT. Il a affirmé que ces ENT "dépendent d'un opérateur qui a eu un incendie à Strasbourg il y a quelque temps [OVHCloud] et qui n'a pas pu faire face à l'afflux de connexions ce matin", relève France Info.

L'entreprise française a rapidement répondu à ces accusations par la voix de son PDG Jean-Michel Paulin, qui a assuré que l'incendie de Strasbourg n'a aucun lien avec les problèmes techniques rencontrés et que "OVHcloud n'est pas responsables des dysfonctionnements de certains services d'éducation à distance". "Des régions ENT affectées et des applications indisponibles ne sont pas hébergées chez OVHcloud", a-t-il ajouté.
 


Un problème de "tuyaux" ?
Le lendemain, lors des questions d'actualité au gouvernement devant le Sénat, Jean-Michel Blanquer est revenu sur ses propos de la veille : "Je n’ai aucunement pointé OVH, j’ai juste dit hier que les premiers éléments que nous avions montraient que le fameux incendie avait eu des conséquences indirectes sur tout cela et c’est vrai parce que le report sur les différents opérateurs, fait que certains n’ont pas la puissance technique pour suivre".

Suite à une autre question, le ministre a assuré que "ce qui n’a pas marché ce sont les 'tuyaux'. Ces 'tuyaux' ne sont pas de la compétence de l’Education nationale. Cela relève des régions et des départements". Jean-Michel Blanquer a ajouté que "l'enseignement à distance s'est bien passé pour une bonne partie du pays hier. Sur toute une série de régions ça n'a pas été le cas. C'est en train d'être réparé actuellement, et j’ai bonne confiance pour que ça se rétablisse aujourd’hui, demain et après-demain". En résumé, il est probable que les capacités serveurs et/ou réseaux étaient sous-dimensionnées et n'ont pas pu répondre à l'afflux de connexions.

Des questions autour d'une hypothétique attaque DDOS
A propos du problème rencontré par la plateforme du CNED, Jean-Michel Blanquer a évoqué dès le mardi "des attaques informatiques apparemment venues de l'étranger pour empêcher les serveurs de fonctionner", comme le relève France Info. Le CNED, quant à lui, affirme dans un communiqué daté du 7 avril que son site et la plateforme Ma classe à la Maison "ont fait l'objet de plusieurs attaques par DDoS". Les attaques par déni de service distribué, ou DDoS, consistent à rendre indisponible un service ou à en dégrader très fortement le fonctionnement en saturant un serveur de requêtes.

On notera qu'un afflux d'un très grand nombre de connexions légitimes sur des serveurs inadaptés à un trafic important produit le même résultat. Ce phénomène se produit typiquement lors de l'ouverture d'un nouveau service (par example un jeu en ligne) ou lorsqu'un site affluent pointe un lien vers un site plus confidentiel. On appelait ça fut un temps "l'effet Digg" ou "l'effet Slashdot", du nom des aggrégateurs de contenu éponymes.

Le CNED a déposé plainte auprès du parquet de Paris. L'enquête pour "accès frauduleux à un système de traitement automatisé" et "entrave au fonctionnement" d’un tel système a été confiée à l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLTIC). A aucun moment l'organisme n'évoque des attaques venues de l'étranger. Un point de vue que semble partager le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), selon Mediapart. Le site d'investigation rapporte qu'aucune attaque venant de l'étranger et visant le CNED n'a été identifiée par le SGDSN.

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