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Covid-19 : La Cnil européenne plaide pour une application commune de backtracking

Vu ailleurs Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) s'inquiète de la multiplication des applications de traçage numérique mises en place en réponse au Covid-19. Pour protéger la vie privée, la Cnil européenne plaide pour l'instauration d'une application commune à tous les Etats membres, voire une collaboration avec l'OMS. En parallèle, 130 chercheurs européens planchent sur ce futur outil qui, ils le promettent, respectera pleinement le RGPD.  
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Covid-19 : La Cnil européenne plaide pour une application commune de backtracking
Covid-19 : La Cnil européenne plaide pour une application commune de backtracking © Pixabay / tpsdave

Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) plaide pour une application européenne de backtracking, révèle Reuters le 6 avril 2020. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) européenne estime que la multiplication d'outils dans divers pays membres risque de provoquer une violation de la vie privée.

Elle n'émet pas de jugement sur le bien-fondé de ces mesures de traçage numérique mais exprime des inquiétudes sur le manque de coordination entre les différents Etats, notant au passage qu'une approche paneuropéenne apporterait de meilleurs résultats. Par ailleurs, une centralisation permettrait un respect total des obligations du Règlement général sur la protection des données (RGPD).  "Dans l'idéal, une coordination avec l'Organisation mondiale de la santé devrait également avoir lieu, afin de garantir la protection des données dans le monde entier dès la conception", a note même Wojciech Wiewiorowski, directeur du CEPD. Pour l'instant, l'OMS n'a pas communiqué à ce sujet.

Aujourd'hui, deux Etats membres de l'UE utilisent des applications de traçage numérique pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Le ministère de la Santé polonais a mis en place " Home Quarantine", une application qui exige la prise de selfies tout au long de la journée pour prouver son confinement. De son côté, l'Irlande a instauré une application mobile de suivi reposant sur le consentement de l'utilisateur. Pour l'instant, ces dispositifs sont davantage répandus en Asie.

Des chercheurs européens planchent sur une application
Un groupe composé de 130 chercheurs de huit pays, dont la France, entend lancer d'ici le 7 avril une plate-forme baptisée PEPP-PT (Pan-European Privacy Preserving Proximity Tracing) qui permettra de concevoir des applications ayant recours au "contact tracing". "Notre objectif est de fournir une colonne vertébrale aux composants numériques de base dans la lutte mondiale contre le Covid-19", a déclaré Hans-Christian Boos, membre d'un conseil consultatif sur le numérique pour le gouvernement allemand et fondateur de l'entreprise Arago, interrogé par Reuters.

Les chercheurs promettent également que cet outil respectera pleinement le RGPD. La plate-forme PEPP-PT utilisera la technologie Bluetooth des téléphones mobiles dans un cadre anonyme et sur la base du volontariat. Elle stockera via un cryptage renforcé l'historique des connexions entre les appareils dans le smartphone et non sur serveur central pendant une durée de deux semaines. Seules les autorités sanitaires locales, considérées comme des "tiers de confiance", seront autorisées à télécharger les données permettant d'informer les personnes susceptibles de contracter la maladie et leur recommander de se placer en isolement.

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