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Covid-19 : Le Syntec Numérique Occitanie lance sa plateforme "Tesc Force"

Particulièrement frappée par la crise économique et le coup d'arrêt brutal des missions dans l'aéronautique, la filière numérique en Occitanie cherche des pistes de rebond. Le Syntec Numérique Occitanie a constitué une cellule de crise et lance sa plateforme "Tesc Force". D'autres actions se mettent en place.
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Covid-19 : Le Syntec Numérique Occitanie lance sa plateforme Tesc Force
Daniel Benchimol, animateur de la C3SO (Cellule de Crise Covid Syntec Occitanie), accompagné d’Anne Destouches, déléguée régionale du Syntec Numérique Occitanie et de Frédéric Honnorat, chargé de mission marketing territorial. © Marina Angel

Touché, mais pas coulé. Le numérique en Occitanie se mobilise. Depuis quelques semaines, la cellule de crise mise en place à Toulouse par le Syntec Numérique régional passe à l'action. Après le temps du constat, elle déroule sa nouvelle feuille de route. Au programme : des propositions concrètes pour relancer les projets de R&D, le coup d'envoi d’une nouvelle dynamique de marketing territorial, la création d'une plateforme en ligne de compétences et la revendication d'un statut de zone franche numérique à l'échelle de la métropole régionale.

10 000 emplois menacés
Dès juin 2020, l'organisation professionnelle des acteurs du numérique en Occitanie a tiré le signal d'alarme. "Sur la base d'une enquête réalisée auprès de nos adhérents, entre 8 000 et 10 000 destructions d'emploi sont menacés au sein de nos entreprises du numérique, sur un effectif global de 45 000 emplois, suite aux annonces d'arrêts de missions et de projets chez les donneurs d'ordre régionaux", rappelle Anne Destouches, déléguée régionale du Syntec Numérique Occitanie.

L'impact est lié principalement au coup de frein brutal subi par le trafic aérien et à la crise généralisée à l'ensemble du secteur aéronautique, principal pourvoyeur d'emplois de la filière numérique en Occitanie. "Cela est d'autant plus vrai à Toulouse et dans sa proche agglomération, où sont concentrés plus de 50% des effectifs régionaux du numérique", souligne Daniel Benchimol, qui a pris la tête du collectif de chefs d'entreprise mobilisés au sein de la cellule de crise.

Engager les ESN dans de nouveaux projets collaboratifs
"La première mesure engagée par notre cellule de crise a été de nous rapprocher de l'état-major d'Airbus", précise Daniel Benchimol. C'est avec l'avionneur que le Syntec numérique Occitanie entend trouver les premières solutions. Pour éviter de rester à l'arrêt, les ESN (entreprises de services du numérique) ont été invitées à identifier très vite des projets de R&D pouvant intéresser le constructeur aéronautique et pour lesquels elles seraient prêtes à s'engager dans un portage financier.

"L'ambition est d'accélérer la mise en route de projets liés à l'avion décarboné, mais aussi de projets stratégiques de performances industrielles", précise Daniel Benchimol. Il s'agit de sortir d'une démarche de sous-traitance pour s'engager dans des projets collaboratifs. Une dizaine de grandes ESN, parmi lesquelles Alten, Akka ou CapGemini, mais aussi des PME régionales du numérique (U-Need ou LabSoft) ont participé à des speed dating et les premiers projets sont en cours de sélection. Certains devraient être engagés avant la fin du mois d'octobre.

Valoriser et maintenir en région les compétences des ingénieurs en intercontrats
Deuxième axe : le marketing territorial. Un chargé de mission a été recruté, en partenariat avec le cluster Digital 113, sur un budget associant le Syntec, les services de l'Etat et la Région Occitanie. Des premières actions de prospection sont engagées en direction de secteurs applicatifs hors aéronautique et de zones géographiques, en France, comme à l'international, en s'appuyant sur les maisons d'Occitanie à l'étranger, l'agence d'attractivité de Toulouse Métropole et le dispositif de la Team France Export.

"Il ne s'agit pas de délocaliser nos emplois, mais de les faire travailler à distance en favorisant la création au sein de nos entreprises régionales des plateaux dédiés à ces nouveaux marchés", précise Anne Destouches. Une stratégie qui pourrait aussi contribuer à favoriser l'arrivée de nouveaux acteurs économiques en Occitanie.

Une plateforme dédiée en ligne
Pour accélérer la dynamique, une plateforme en ligne vient d'être créée, sous la marque "TESC Force", pour Toulouse Engineering Skills Center. "Nous avons à Toulouse des savoir-faire bien identifiés dans le traitement de la data, le machine learning, l'ingénierie, le management de projets, qui peuvent être transférables très rapidement de l'aéronautique vers des secteurs tels que le ferroviaire, le véhicule autonome terrestre ou maritime, la santé, le retail ou les fintech", insiste le nouveau chargé de mission Frédéric Honnorat. Reste à le faire savoir. Les entreprises qui le souhaitent (elles sont déjà une centaine) peuvent ainsi mettre en lumière les compétences dont elles disposent.

Vers une Zone Franche Numérique à Toulouse
Reste la problématique de la compétitivité de ces ingénieurs et techniciens français du numérique face à la concurrence low cost de pays tels que le Mexique, l'Inde ou l'Ukraine. Le Syntec Numérique Occitanie a d'ores et déjà engagé des négociations avec les services de l'Etat pour obtenir à Toulouse un statut spécifique avec des abattements de charges salariales sur le modèle des zones franches.

"Toulouse a déjà obtenu dans le passé, après la catastrophe d'AZF, la reconnaissance d'une zone franche pour accompagner la reconstruction et la relance économique de quartiers les plus touchés. Nous demandons aujourd'hui d'obtenir la même chose, à l'échelle de l'agglomération, sur la base des compétences en numériques et ingénierie", lance Anne Destouches. A la clef : la reconnaissance espérée de Toulouse comme Zone Franche Numérique. 

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