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Covid-19 : Les pays de l'UE avancent sur l'interopérabilité de leurs applications de contact tracing

Les pays membres de l'Union européenne se sont mis d'accord sur un ensemble de spécifications techniques pour garantir l'interopérabilité entre leurs applications de contact tracing respectives. Ainsi elles fonctionneront sans discontinuité lorsque l'utilisateur se rendra dans un autre pays de l'Union. L'objectif est de surveiller un éventuel rebond épidémique provoqué par les déplacements transfrontaliers pendant les vacances d'été.
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Covid-19 : Les pays de l'UE avancent sur l'interopérabilité de leurs applications de contact tracing
Covid-19 : Les pays de l'UE avancent sur l'interopérabilité de leurs applications de contact tracing © Adam Nie?cioruk-Unplash

La Commission européenne annonce dans un communiqué publié le 16 juin 2020 que ses Etats membres se sont accordés sur un ensemble de spécifications techniques pour garantir la sécurité de l'échange d'informations entre leurs applications nationales de traçage des contacts. Ces outils ont pour objectif de détecter préventivement les chaînes de transmission du coronavirus SARS-CoV-2.

Une étape sur la voie de l'interopérabilité

Une fois que la solution technique sera déployée, ces applications nationales fonctionneront sans discontinuité lorsque l'utilisateur se rendra dans un autre pays de l'UE, tant qu'ils suivent tous les deux une approche "décentralisée". L'exécutif européen note que ces normes communes représentent une étape importante sur "la voie de l'interopérabilité des applications mobiles de traçage".

Le commissaire européen chargé du marché intérieur s'est réjoui de cet accord, qui arrive à pic juste avant les vacances d'été. "Alors que nous approchons de la saison touristique, il importe de faire en sorte que les Européens puissent utiliser l'application de leur propre pays où qu'ils se rendent dans l'UE. Les applications de traçage des contacts peuvent être utiles pour limiter la propagation du coronavirus, en particulier dans le cadre des stratégies nationales de levée des mesures de confinement", a-t-il déclaré. 

La plupart des pays membres de l'UE ont développé des applications de traçage. La grande majorité repose sur une architecture dite "décentralisée", ce qui signifie que les identifiants des utilisateurs qui ont été détectés à proximité restent sur le téléphone lui-même et sont comparés par la suite aux identifiants déclarés positifs au Covid-19. La spécification technique d'interopérabilité permettra de procéder à ces contrôles pour les utilisateurs qui se rendent dans d'autres États membres sans qu'il soit nécessaire de télécharger plusieurs applications.

Un "service passerelle"

Les informations de proximité partagées entre les applications (par bluetooth) seront échangées sous forme chiffrée afin d'empêcher l'identification des individus auxquels elles correspondent. Aucune donnée de géolocalisation ne sera utilisée. L'exécutif européen annonce par ailleurs la mise en place d'un "service passerelle", une interface permettant de recevoir et de transmettre efficacement les informations pertinentes provenant des applications et serveurs nationaux de pistage numérique. "Cela permettra de minimiser le volume de données échangées et ainsi de réduire la consommation des données utilisateurs", note la Commission.

Cette annonce s'inscrit dans le cadre du réseau eHealth par lequel les Etats membres ont mis au point une "boîte à outils" pour les applications de contact tracing. "Les technologies numériques sont essentielles pour alerter la population des risques d'infection et pour briser les chaînes de transmission alors que nous réouvrons nos sociétés et nos économies. La sécurité des données, les droits fondamentaux et la protection de la vie privée dans l'utilisation de ces outils numériques ne seront pas négociables", a affirmé Stella Kyriakides, commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire.

Par ailleurs, elle appelle "tous les citoyens à les utiliser car ces technologies ne peuvent être efficaces que si l'on dispose d'une masse critique d'utilisateurs dans le cadre de l'interopérabilité des applications au sein de l'UE". En effet, d'après une étude publiée dans la revue Science, au moins 60 % de la population d'un pays doit utiliser l'application de pistage pour qu'elle se révèle efficace dans la lutte contre le virus. C'est raté pour la France où pour l'instant seuls 2 % des Français ont téléchargé et activé l'application StopCovid.

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