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Covid-19 : Pas de pistage sans protection de la vie privée, préviennent des chercheurs

Vu ailleurs Des chercheurs de 25 pays ont co-signé une lettre dans laquelle ils demandent aux gouvernements de ne pas abuser des technologies de traçage numérique pour endiguer l'épidémie de Covid-19. Ils ne remettent pas en cause l'utilité de ces applications mais leur application concrète qui pourrait déboucher sur une surveillance de masse incompatible avec le respect de la vie privée.  
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Covid-19 : Pas de pistage sans protection de la vie privée, préviennent des chercheurs
Covid-19 : Pas de pistage sans protection de la vie privée, préviennent des chercheurs © Priscilla Du Preez-Unsplash

Des chercheurs de 25 pays à travers le monde ont publié une lettre le 20 avril 2020 dans laquelle ils exhortent les gouvernements de ne pas abuser des technologies de pistage pour lutter contre la crise sanitaire actuelle. "Nous craignons que certaines 'solutions' à la crise en étant détourner débouchent sur des systèmes qui permettraient une surveillance de la société sans précédent", peut-on lire dans la lettre qui a récolté 300 signatures et dont le contenu a été révélé par Reuters.

Assurer la confidentialité des utilisateurs
Les scientifiques ne cherchent pas tant à critiquer les applications de contact tracing mais s'inquiètent de leur mise en œuvre concrète. "Dans certaines situations, les 'applications de contact tracing' sur les smartphones peuvent améliorer l'efficacité de la technique de recherche manuelle des contacts", écrivent-ils et ajoutent "bien que l'efficacité des applications de suivi des contacts soit controversée, nous devons nous assurer que celles mises en œuvre préservent la confidentialité de leurs utilisateurs (…)". En un mot : la lutte contre le
Covid-19 ne justifie pas de piétiner la vie privée des personnes.

Cette mise en garde arrive quelques jours après une vague de critique sur le "Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing" (PEPP-PT), un projet regroupant l'Autriche, l'Allemagne, la France, l'Italie, Malte, l'Espagne et la Suisse pour travailler sur une application de contact tracing. Le point de discorde se situe sur le caractère trop "centralisé" du serveur qui se trouverait donc dans la main d'une seule et même entité.

La Suisse se retire du projet PEPP-PT
L'École polytechnique fédérale de Lausanne et l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich ont décidé de prendre leurs distances avec le projet européen "Bien que je croie fortement dans les idées à la base du projet […], je ne peux soutenir quelque chose dont j’ignore les tenants et aboutissants. Pour l’instant, PEPP-PT n’est pas assez ouvert et transparent. Je soutiens toujours l’idée d’une collaboration internationale pour mettre en place des solutions de contact tracing respectueuses de la vie privée. Mais les détails (protocoles cryptographiques, enjeux de privacy, sécurité des systèmes…) sont importants", a annoncé Marcel Salathé, professeur l'EPFL, sur Twitter le 17 avril 2020.

 

 

La protection de la vie privée est également au cœur des réflexions menées par le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD), l'équivalent de la Cnil dans l'Union européenne. Il plaide pour une approche paneuropéenne car il estime que la multiplication d'outils dans divers pays membres risque de provoquer une violation de la vie privée. Dans l'idéal, une coordination avec l'Organisation mondiale de la santé devrait également avoir lieu, afin de garantir la protection des données dans le monde entier dès la conception", notait même Wojciech Wiewiorowski, directeur du CEPD.

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