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Covid-19 : Soutenu par l'armée, BforCure développe un "laboratoire sur puce" pour dépister le virus

Le projet Nomorecov de l'entreprise BforCure vient de recevoir 1,8 million d'euros du ministère français des Armées. La PME francilienne travaille sur un appareil mobile et connecté capable de détecter le présence du virus SARS-CoV-2 dans un échantillon nasal en moins de 30 minutes. Une fois validé par l'hôpital Saint-Louis, le dispositif pourra être installé dans les Ehpad et les véhicules de secours en complément des tests à plus grande échelle. Un premier prototype devrait être prêt dans six mois.
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Covid-19 : Soutenu par l'armée, BforCure développe un laboratoire sur puce pour dépister le virus
Covid-19 : Soutenu par l'armée, BforCure développe un "laboratoire sur puce" pour dépister le virus © BforCure

Le ministère français des Armées a annoncé le 8 avril 2020 avoir sélectionné la PME française BforCure dans le cadre d'un appel à projets lancé en mars pour trouver des solutions contre Covid-19. A ce titre, cette entreprise francilienne va recevoir 1,8 million d'euros pour développer un appareil mobile et connecté capable de dépister une personne suspectée d'être infectée ou de détecter la présence du virus dans l'environnement en moins de 30 minutes.

Ce projet baptisé "Nomorecov" devrait aboutir à un premier prototype dans six mois. Il sera testé par le laboratoire de virologie de l'hôpital Saint-Louis à Paris.

"Une capacité localisée et connectée"

"Notre positionnement est le suivant : à côté des capacités centralisées et à haut débit de dépistage du virus, nous allons avoir besoin d'une capacité localisée et connectée qui permettra aux pouvoirs publics d'avoir une connaissance en temps réel de la présence de nouveaux cas de personnes malades", explique Christophe Pannetier, directeur scientifique et cofondateur de BforCure, contacté par L'Usine Digitale. L'appareil pourra par exemple être installé dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou dans un service mobile d'urgence et de réanimation. "Les résultats pourront être très rapidement remontés aux agences régionales de santé et à Santé Publique France", poursuit le directeur scientifique.

La particularité de cet appareil est sa capacité à dépister en moins de 30 minutes la présence d'agents pathogènes dans un échantillon nasal, sans avoir besoin de passer par un laboratoire centralisé (qui met environ 24 heures à produire un résultat). Comme pour chaque méthode de dépistage d'un virus, le dispositif repose sur la méthode de biologie moléculaire dite "PCR" (Polymerase Chain Reaction). Elle permet de dupliquer en grand nombre une séquence d'ADN à partir d'une faible quantité. Mais BforCure s'appuie en parallèle sur la technologie "Fastgene" qui miniaturise le procédé sur une puce (photo ci-dessous).

 


Cette technique a été inventée par Elvesys, grande sœur de BforCure. Dès ses débuts, cette entreprise créée en 2011 a été soutenue par la Direction générale de l'armement (DGA). En effet, "Fastgene" est une méthode particulièrement intéressante pour certaines opérations militaires. En mission, les militaires peuvent être confrontés à un environnement contaminé qui doit être analysé très rapidement.

Simplifier le procédé

Le fonctionnement est relativement simple : un personnel médical va effectuer un prélèvement nasal sur la personne suspectée d'être infectée, placer l'échantillon sur la puce et l'insérer dans l'appareil. Au bout de 10 minutes, les résultats sont disponibles. "Ce ne sera jamais un produit grand public mais nous aimerions que ce soit facile à mettre en œuvre, même par une personne qui n'est pas technicien ou technicienne de laboratoire", précise Christophe Pannetier. Pour détecter le virus dans l'environnement, il faut interfacer l'appareil à un collecteur d'aérosol.

"La machine contient un ordinateur et a donc la capacité de stocker, gérer les données et les envoyer aux laboratoires d'analyse médicale", schématise le CEO de BforCure, Maël Le Berre, interrogé par L'Usine Digitale. Les machines sont assemblées à Montreuil, ville où se situe le siège de BforCure. "Nous avons beaucoup de fournisseurs asiatiques mais nous sommes en train d'en rechercher en Europe pour assurer une future production quel que soit le contexte sanitaire", explique-t-il. Pour l'instant, la production des puces se fait en interne mais "le projet va nous permettre de monter une cellule de production indépendante". Le prix de vente de l'appareil sera de "plusieurs milliers d'euros"

NG Biotech est aussi soutenue par l'armée

BforCure est la deuxième entreprise choisie par le ministère des Armées dans le cadre de cet appel à projets. La start-up bretonne NG Biotech a également été sélectionnée et a reçu un financement d'un million d'euros. Elle développe un test sérologique "ultrarapide" grâce à une gouttelette de sang. Ce type de test sert à détecter la présence d'anticorps, marqueur biologique d'une infection passée. A l'avenir, BforCure imagine améliorer son appareil en intégrant un test sérologique afin de le rendre le plus performant possible.

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