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Création d'entreprise : quelqu'un a vu passer mon mouton à cinq pattes ?

Ex-directeur commercial de relaxnews et de My Little Paris, Thomas Barret a décidé en 2015 de créer son entreprise. Ambition : ré-enchanter nos matins, avec sa gamme d’accessoires siglés The Morning Company. Chose peu commune, il choisit dès le début de son aventure de tenir un carnet de bord, afin de partager ses premiers pas et ses péripéties d’entrepreneur. L’Usine Digitale publie, chaque semaine, ses récits.
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Création d'entreprise : quelqu'un a vu passer mon mouton à cinq pattes ?
Création d'entreprise : quelqu'un a vu passer mon mouton à cinq pattes ? © Thomas Barret

A bien y réfléchir, je crois que c’est ça, le terme juste : je passe mon temps à jouer au Jokari*. Mais alors autant ça me faisait marrer quand j’étais gamin, autant là je suis un peu moins enjoué.

Parce qu’en fait, à chaque fois que j’avance sur mon projet, j’ai l’impression que ça me revient dans la tronche, et sous une forme plus complexe que prévue. Je trouve un fournisseur ? Il me dégote un problème avec le design qu’il faudrait retoucher. Je retouche le design ? 3% de changement, ça fait perdre 80% d’élégance. On trouve une solution technique ? Ça coûte deux fois plus cher que prévu. Bref : je joue au Jokari, face à Nadal. Va falloir muscler mon jeu, comme dirait l’autre.

à la recherche du fournisseur parfait

Bon, si je fais preuve d’un chouille d’honnêteté intellectuelle, il est possible (je dis bien, possible) que je cherche un mouton à cinq pattes. Un design élégant, des matériaux de qualité, un assemblage à la main, tout ça en France ET avec un coût de revient acceptable. Chercher l’erreur. Ce mouton-là, même Saint-Ex’ aurait du mal à le dessiner.

Il existe donc trois solutions à mon problème :

1/ Je trouve le (ou les) fournisseur(s) qui vont réussir à me faire mon mouton, parce que peut-être, on ne sait jamais, par hasard, si ça se trouve, sans faire exprès, les yeux bandés, sur un malentendu, quelqu’un va y arriver. Quitte à ce que ça prenne plus de temps pour trouver cette (ces) personne(s).

2/ Je privilégie l’efficacité et la simplicité, je fais une ou plusieurs concessions importantes pour avancer rapidement et sortir vite ce premier produit. Quitte à toucher à l'un des éléments de l’ADN de mon projet.

3/ D’un air rageur, je me lève, renverse ma chaise, balaye dans un grand geste théâtral mon ordinateur que j’envoie se fracasser contre le mur de gauche, et hurle : "En 3 mois, je n’ai jamais vu un tel mouton, dans ce pays de merde ! Ce pays ne mérite pas The Morning Company". Quitte à ce que ça ne solutionne rien, voire que ça complique ma situation.

faire vite ou faire (très) bien

En fait, monter sa boîte c’est constamment trancher entre deux variables antagonistes : faire vite ou faire (très) bien. Et la tendance générale du moment, c’est de choisir de faire les choses vite. D’ailleurs, c’est pas comme si la fête des pères, c’était demain. Mais c’est quoi "vite" ? Et c’est quoi "très bien" ? Est-ce qu’un mois de plus, ça change beaucoup de choses ? Autant de vastes questions, auxquelles il me faut trouver une réponse… maintenant.

L’instant est donc dramatique. Le choix, crucial. La tension entre mes neurones est palpable (ils ne se rangent évidemment pas tous derrière la même solution). Une confrontation sourde, imperceptible mais néanmoins terrible, démarre. En silence, un combat titanesque se déroule. Les secondes s’égrainent. Les minutes passent. Mon voisin de table lève les yeux et me regarde d’un air grave, il doit sûrement saisir l’importance du moment que je suis en train de vivre. Ou alors il a mal au ventre.

Et soudain, un éclair.

Un énorme éclair au chocolat, qui passe devant mes yeux. Mais toujours pas de réponse.

Je m’auto-suggère alors de revenir au fondement du projet The Morning Challenge, à savoir créer une marque pour ré-enchanter le matin. Or objectivement, les concessions que je dois faire à ce stade, pour aller vite, mettent en danger cette promesse que portera ma marque, The Morning Company.

J’ai donc ma réponse. Et beaucoup de travail avec.

Le reste de ma semaine, en chiffres, ça donne des choses comme ça :

1 article très drôle déniché par l’appli iPhone Hook

17 minutes max entre chaque café pendant les 3h de formation au greffe de Paris

4 premiers chèques faits avec mon chéquier pro : émouvant et… ruinant

13 compliments sur mon logo The Morning Company (merci!)

95 jours restants avant la fête des pères

privilège : faire des réunions avec moi-même en terrasse, la journée

Comme toujours, si vous aimez, n’hésitez pas à partager. Tiens, d’ailleurs, je me sens joueur. Allez !

Je m’engage, solennellement, à payer un café à mon voisin du NUMA pour chaque partage Facebook de ce post. Comme ça, je ne serai plus le seul en overdose de caféine dans le coin…

A mercredi prochain.

Thomas Barret, néo-entrepreneur

Ce billet a également été publié sur le blog de l’auteur : The Morning Challenge

 *un jeu inspiré de la pelote basque formé d'une balle reliée à un socle en bois par un élastique

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