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Crédit Agricole, pionnier de l'open banking

Précurseur en matière d'open innovation, Crédit Agricole a lancé dès 2012, CA Store, une plate-forme d'Open API ouverte aux développeurs externes pour favoriser le développement d'applications. Au fil des années, le dispositif est devenu un véritable laboratoire d'innovation au service de la transformation digitale des caisses régionales.

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Crédit Agricole, pionnier de l'open banking
Crédit Agricole, pionnier de l'open banking © DR

Poussées par la réglementation européenne et des clients de plus en plus exigeants en termes d'expérience, les banques sont contraintes de s'engager dans une démarche d'open banking. Une mue qui s'appuie directement sur l'ouverture de leurs systèmes d'information à travers des Open API (lire notre article Les API, clef de voûte de l'open banking).

 

CA Store, Une plate-forme d'Open API lancée il y a 5 ans

Si ce mouvement est encore balbutiant, certains établissements bancaires ont fait preuve d'avant-gardisme. C'est le cas du Crédit Agricole qui a lancé, dès 2012, la plate-forme d'Open API CA Store (à prononcer comme le nom de l'animal). "On a fait notre DSP2 il y a cinq ans !", plaisante Emmanuel Méthivier, CEO de CA Store, en référence à la directive européenne relative aux paiements, qui obligera, en 2018, les banques à rendre accessibles à des tiers, type agrégateurs, les informations liées aux soldes et aux mouvements bancaires des comptes courants.

 

"Nous avons une philosophie qui consiste à penser que nous serons plus forts en étant un système ouvert sur un écosystème global", poursuit Emmanuel Méthivier. Concrètement, la plate-forme CA Store consiste à fédérer un écosystème de partenaires et de développeurs externes pour le développement de nouvelles applications afin de répondre aux attentes formulées par les clients.

 

Des digiculteurs et une coopérative numérique

Dans les détails, le développeur crée une application, puis les équipes de CA Store mènent un audit fonctionnel et un audit de sécurité. Une fois cette étape contrôlée, le développeur devient un "digiculteur", membre de la coopérative numérique. L'application est alors mise à disposition des clients. Quant au modèle économique, celui-ci fonctionne à l'usage. Le développement de l'application n'est pas rémunéré mais si l'application est utilisée au moins une fois par mois, le digiculteur reçoit une rémunération.

 

 

Cinq années après son lancement, la plate-forme recense une communauté de 220 développeurs. Sur les 70 applications développées, 50 sont toujours disponibles sur le store et certaines d'entre elles enregistreraient des millions de connexions par an. "Une vingtaine sont donc mortes, et nous en avons une bonne dizaine qui fonctionnent bien. Cela fait un ratio de 1 pour 7. Il faut accepter qu'il y ait de l'échec", commente le CEO.

 

Et CA Store devint un laboratoire d'innovation

Le dispositif a surtout conféré au Crédit Agricole une certaine agilité. "Nous sommes les premiers à avoir eu une application disponible sur l'Apple TV. Cela n'aurait pas été envisageable sans la communauté", témoigne Emmanuel Méthivier. Au fil des années, l'équipe CA Store (qui ne compte que cinq collaborateurs) s'est aussi transformée en laboratoire d'innovation au service des Caisses régionales. "CA Store a permis d'accompagner la transformation digitale du groupe. Via ce système nous avons accompagné 30 Caisses régionales", assure-t-il.

 

Le directeur général évoque un changement de paradigme dans le temps de développement des applications. "Historiquement, il nous fallait plusieurs mois pour développer une application. Aujourd'hui, trois semaines suffisent parfois pour développer une application qui satisfait une fonction demandée par un client".

 

Augmenter le nombre d'API exposées

A l'avenir, l'équipe entend augmenter le nombre d'API exposées (au nombre de 30 actuellement) pour favoriser le développement de nouvelles idées. Parmi les autres axes de développement : les applications autour de la blockchain et de l'intelligence artificielle. "Nous avons identifié plusieurs domaines d'intervention comme la transformation de la relation client et la personnalisation des offres. Nous restons toutefois très prudents sur le 'deep learning' (méthode d'apprentissage automatique, ndlr). Nous avons à cœur d'être une banque 100% digitale et 100% humaine".

 

Dernier chantier mentionné : l'API CA Connect, qui permet aux clients de se connecter à un ensemble de services, sans que leurs données personnelles ne soient utilisées. "Contrairement à Facebook Connect, le client ne fournit pas ses données personnelles, mais un pseudonyme et un mot de passe de telle sorte que seule la banque sait que le client est connecté au service et qu'il est bien celui qu'il prétend être", détaille Emmanuel Méthivier.

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