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Crédit aux entreprises : la fintech Defacto lève 15 millions d'euros

Levée de fonds La start-up Defacto développe des solutions de financement pour les PME qui s'intègrent dans les places de marché B2B et les logiciels SaaS. L'objectif est de répondre à leurs besoins de trésorerie à court terme.
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Crédit aux entreprises : la fintech Defacto lève 15 millions d'euros
Marc-Henri Gires, Morgan O'hana, et Jordane Giuly, cofondateurs de Defacto. © Defacto

Entre les start-up de revenue based financing (RBF) et de buy now pay later (BNPL) B2B, le crédit aux TPE-PME a la cote auprès des investisseurs depuis quelques mois. Defacto, une fintech parisienne co-fondée en juin 2021 par deux anciens de Spendesk, Jordane Giuly et Morgan Ohana, et Marc-Henri Gires, annonce ce mardi 7 mai une levée de fonds de 15 millions d'euros, menée par le fonds suédois Northzone, qui a investi notamment dans Klarna et commence à s'intéresser à la France (Homa Games, Dalma). Le tour de table implique également Headline, Global Founders, et des business angels déjà présents au capital.
 

Financer les besoins de trésorerie

Defacto propose des solutions de financement "en temps réel" aux PME, côté vendeur (encaissement des factures instantané) et acheteur (facilité de paiement), pour répondre à leurs besoins de trésorerie. "Dans un environnement contraint, de resserrement de la liquidité, piloter finement sa trésorerie devient un enjeu plus important. Les chefs d'entreprise veulent conserver leur capital pour du financement de long terme, pas le consacrer au financement de leur besoin en fonds de roulement", explique Jordane Giuly à L'Usine Digitale.

La start-up leur propose du financement de court terme. Les prêts accordés sont à maturité moyenne de 35 jours, pour une moyenne de 10 000 euros. Lorsque les entreprises commencent à travailler avec Defacto, la start-up leur ouvre une ligne de crédit égale à 5 à 10% de leur chiffre d'affaires, sur laquelle elles peuvent venir tirer selon leurs besoins.

A l'occasion de sa levée de fonds, Defacto a également étendu sa capacité de financement de 25 millions d'euros auprès d'un fonds de dette spécialisé, Viola Credit. Elle atteint désormais 400 millions d'euros annuels.

Une solution de financement "embedded"

Ses solutions remplacent l'affacturage (qui consiste à céder des créances ou des dettes), qui s'adresse plutôt aux grandes entreprises, réclame davantage de paperasse, et demande un temps de réponse plus long. Cette méthode classique de financement n'est pas adaptée aux jeunes entreprises, de même qu'aux start-up ayant une Ebitda négatif, souligne Jordane Giuly.

Le système de scoring de Defacto se connecte directement aux outils utilisés par les PME pour évaluer leur solvabilité. Pour cela, la start-up fait d'une pierre deux coups. En choisissant une distribution indirecte de sa plateforme par des partenaires, places de marché et logiciels SaaS de gestion de stock, de comptabilité ou de trésorerie, elle utilise leurs données pour alimenter son algorithme d'analyse de la solvabilité. Defacto est partenaire de Malt (place de marché de freelances), Pennylane (solution de gestion financière et comptable), Agicap (logiciel de trésorerie), et Food Circle. Elle travaille également avec une quinzaine de PME en direct, recrutées par le biais de cabinets d'expers-comptables ou de banques.

Croissance rentable

Defacto se rémunère sur le taux d'intérêt de ses prêts, qui s'élève à 1,5% pour 30 jours, modulable au nombre de jours. Elle compte améliorer sa marge progressivement, ou ses tarifs, en accédant à un coût de la dette inférieur grâce à des volumes de crédit plus importants. C'est pourquoi elle compte atteindre rapidement un volume de 100 millions d'euros financés (elle en est aujourd'hui à plus de 30 millions en cinq mois). Cependant, elle n'a pas l'intention de placer la croissance au-dessus de tous les autres indicateurs.

"Nous avons vécu l'hypercroissance chez Spendesk. Pour nous, l'objectif est générer du volume dont la marge brute est positive, et de rester concentrés sur les clients. Nous allons recruter une douzaine de personnes d'ici la fin de l'année, sur des profils expérimentés, et pour le reste recourir à des prestations externes".

Actuellement, la start-up emploie 13 personnes. Elle annonce son intention d'élargir ses activités en Espagne, Belgique, Allemagne et aux Pays-Bas cette année.

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