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Crédit instantané, épargne, paiement P2P, services collaboratifs... La Banque Postale dévoile sa néobanque, Ma French Bank

Après deux ans de développement, La Banque Postale a présenté ce mardi 14 mai 2019 Ma French Bank, sa filiale 100% mobile. Ciblant entre autres un public jeune et connecté, cette nouvelle entité va s’appuyer sur le réseau des bureaux de poste de la maison-mère, un cas inédit dans le paysage, plutôt dense, des néobanques.

mis à jour le 14 mai 2019 à 17H51
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Crédit instantané, épargne, paiement P2P, services collaboratifs... La Banque Postale dévoile sa néobanque, Ma French Bank
Crédit instantané, épargne, paiement P2P, services collaboratifs... La Banque Postale dévoile sa néobanque, Ma French Bank © Ma French Bank

La digitalisation des modes de consommation se traduit par une accélération des ouvertures de comptes auprès des banques en ligne, et la Banque Postale, qui l’a bien compris, veut se faire une place parmi ces néobanques. Alors que selon l’ACPR, un tiers des ouvertures de comptes en France s’est fait auprès de ces dernières en 2017 et qu’aujourd’hui, 7% des Français en sont clients, La Banque Postale a présenté mardi 14 mai 2019 sa nouvelle filiale, baptisée Ma French Bank. "Notre ambition est de démocratiser la banque mobile. C’est une nouvelle banque à part entière, construite sur l’ADN de notre groupe : elle est à la fois accessible, digitale et humaine et répond aux valeurs que nous portons et à un vrai besoin", résume Rémy Weber, Président de La Banque Postale.

 

Des fonctionnalités de crédit et d’épargne

Parmi les fonctionnalités mises en avant : l’ouverture de compte en moins de 10 minutes, la remise immédiate de la carte bancaire en bureau de poste ou envoyée sous 48 à 72h pour une ouverture de compte en ligne, le suivi du solde et des opérations en temps réel, un service d’épargne automatique nommé "Ma tirelire", ainsi qu’une ligne de crédit renouvelable qui permet de débloquer en un clic le montant souhaité, baptisé "Mon extra prêt" (et accessible après accord), "deux services bancaires traditionnels que nous avons revisités", note Alice Holzman, Directrice Générale Ma French Bank, et membre du Comité de direction générale du Groupe La Banque Postale. Autrement dit, une offre de crédit instantané gratuit, déjà proposée par un certain nombre de fintech comme Lydia avec Banque Casino. Le virement par sms entre particuliers, autre service ayant le vent en poupe, est également proposé.

 

Un forfait mensuel de deux euros

Outre ces services, un accent particulier a été mis sur l’accessibilité au plus grand nombre, avec une ouverture de compte acceptée sans condition de revenus. Elle comprend une carte de paiement internationale Visa sans contact et Apple Pay pour payer depuis un mobile. La banque ne prélève aucun frais à l’ouverture ni à la fermeture du compte. L’activation du compte est simple, puisque le client doit télécharger l’application et effectuer un premier versement pour pouvoir l’utiliser. Un bouton click to call (demande de rappel) à partir de l’application permet de joindre un conseiller 6 jours sur 7 sans redonner son identité au téléphone. Prix du forfait mensuel : deux euros. "Si on veut avoir une vision durable d’un service, il faut le faire payer, mais à une tarification adaptée", poursuit Rémy Weber.

 

Une partie des fonctionnalités s’inspirent des services aujourd’hui appréciés des utilisateurs des banques en ligne. My French Bank se démarque néanmoins par une approche collaborative de son offre. Co-construite avec la plateforme de crowfounding KissKissBankBank, l’application est également dotée de fonctionnalités comme "We partage", qui permet à son utilisateurs de suivre et d’équilibrer facilement et en temps réel avec ses proches les dépenses communes, "Let’s cagnotte", une cagnotte en ligne gratuite, et enfin un service d'une plateforme de financement participatif (KissKissBankBank est nativement intégré dans l’app) pour lancer un projet et suivre directement son avancement ou participer à des projets présentés sur l’application selon les centres d’intérêt du client. "Les jeunes générations financent de plus en plus de projets en commun", résume Alice Holzman.

 

10 000 conseillers formés en bureaux de poste

Autre facteur de différenciation, et non des moindres. La Banque Postale s’appuie sur le physique - un atout rare dans le  monde des banques en ligne - pour permettre l’ouverture d’un compte. Outre la possibilité de souscrire en ligne, l’ouverture de compte est en effet possible en bureau de poste par un chargé de clientèle via l’outil Smarteo, qui permet de vérifier en temps réel la validité d'une pièce d'identité. La solution bancaire est commercialisée dans 2 000 bureaux de poste et 10 000 chargés de clientèles sont formés au dispositif. "Les vérifications auprès de la Banque de France et des organismes anti-fraude sont réalisées en temps réel", précise Alice Holzman. "Nous sommes la banque de tous, ajoute Rémy Weber. Nous voulons l’être en ligne et en réseau de proximité. Les deux sont compatibles, l’un nourrit l’autre. Ma conviction est que la digitalisation ne réussit qu’avec le soutien du physique".

 

Cette nouvelle entité vise naturellement une cible jeune et connectée, tranche sur laquelle la Banque Postale est déficitaire, mais pas seulement. Elle s’adresse également aux clients multi-bancarisés, en complément de leur banque traditionnelle, un phénomène qui prend de l’ampleur.  Selon une enquête Anytime/Ifop, plus d’un Français sur 3 détient plusieurs comptes bancaires. La Banque Postale espère capitaliser sur ses quelque 10,3 millions de clients et l’ouverture potentielle de comptes secondaires.

 

Des moyens à hauteur de ses ambitions

Deux ans de développements informatiques et numériques, menés avec Accenture, et un investissement de plus de 100 millions d’euros, ont été nécessaires pour bâtir cette "nouvelle génération de néobanque", selon les mots du patron de la Banque Postale. La néobanque a bénéficié des expertises de La Banque Postale et de ses filiales (crédit à la consommation, assurances, monétique) et aussi celles du Groupe La Poste (le réseau commercial des bureaux de poste, la signature électronique et l’archivage avec Docaposte, la filiale numérique du Groupe La Poste).

 

Ma French Bank vise le cap d’un million de clients d’ici 5 ans, ce qui lui permettra d’être rentable, selon le Président du Groupe. Après une première phase de lancement auprès de tous les collaborateurs du groupe La Poste en juin, elle sera proposée au grand public le 22 juillet 2019. Reste à faire connaître la marque sur un marché déjà bien dense. Pour Alice Holzman, "si une dizaine d’acteurs sont nés dans les trois années qui viennent de s’écouler, le marché est loin d’être saturé". Une campagne digitale en amont est prévue, et une grande campagne dans les médias traditionnels sera activée au début du mois de septembre. "C’est essentiel, mais les chargés de clientèle restent nos premiers ambassadeurs", conclut Rémy Weber.

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