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Criteo, l'un des rares groupes français à tenter l'aventure américaine

La start-up française Criteo, spécialisée dans le ciblage publicitaire sur Internet, entre au Nasdaq  ce 30 octobre. Elle emboîte le pas à une poignée d'entreprises françaises venues tenter leur chance sur les marchés américains.

mis à jour le 30 octobre 2013 à 17H38
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Criteo, l'un des rares groupes français à tenter l'aventure américaine
Criteo, l'un des rares groupes français à tenter l'aventure américaine © Criteo

Ce 30 octobre, l'entreprise française Criteo, leader du ciblage publicitaire sur le web, fait son entrée au Nasdaq. Après une heure de cotation, le titre a déjà gagné 33% à 41,26 dollars. Il n'est pas si fréquent qu'une entreprise française tente sa chance sur les marchés américains, Nyse ou Nasdaq. Elles ne sont qu'une vingtaine à avoir sauté le pas, la plupart avant 2001. Le phénomène n'est d'ailleurs pas hexagonal mais européen : entre 2000 et 2012, seulement 61 sociétés du vieux continent ont été introduites en bourse aux Etats-Unis, dont 26 sur le Nasdaq.

L'un des derniers français à avoir traversé l'Atlantique est le spécialiste des puces 4G Sequans en avril 2011 (à la Bourse de New-York). Un an plus tard, la société Envivio, à la double nationalité franco-américaine, l'a suivie, mais au Nasdaq.

Pour d'autres sociétés, le test n'a pas été concluant. La société Genesys Conferencing a quitté le Nasdaq en 2007, après six ans de cotation, faute d'un volume suffisant de transactions. Cela ne l'a pas pénalisée, puisque l'entreprise a intégré l'année suivante le groupe Intercall, leader mondial des sociétés de téléconférences.

peu de candidats 

Les introductions en bourse de sociétés du numérique français sont rares. Et encore moins sur les marchés américains. Logique, selon Franck Sebag, associé chez EY sur la zone France… car les pépites du numérique ne sont pas si nombreuses. Et celles qui atteignent une taille suffisante pour prétendre à une entrée en bourse passent le plus souvent sous pavillon étranger, souligne l'analyste. "Beaucoup de pépites du secteur, en mesure de lancer des IPO, ont été rachetées : Price Minister par Rakuten, Dailymotion par Orange, Pixmania par Mutares…" rappelle-t-il. Neolane, champion du marketing digital comme Criteo, avait envisagé une IPO… avant d'être racheté par l'Américain Adobe.

savoir "raconter une histoire"

Les start-up françaises ne sont souvent pas de taille à tenter l'aventure américaine. "Il faut savoir créer une attente, avoir une histoire à raconter aux investisseurs américains" résume l'analyste. "A moins de 500 millions d'euros de valorisation, il est compliqué d'aller sur les marchés américains. Le risque est de ne pas exister, de ne pas être identifié par les investisseurs. Il faut être un groupe global, bien implanté en Amérique du nord, bien organisé, car la cotation est plus complexe et plus chère qu'il n'y parait, en comparaison avec l'Europe" ajoute Franck Sebag.

Les carences de l'écosystème français sont connues : des PME et ETI trop petites pour se frotter au marché mondial, des difficultés à trouver des capitaux pour grandir. Criteo, leader sur son marché et à la croissance spectaculaire, est l'exception qui confirme la règle. Une success-story… à l'américaine.

Sylvain Arnulf

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