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Cybersécurité : L'Union européenne veut élaborer un système de certification des réseaux 5G

L'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité est chargée de mettre au point un mécanisme de certification pour les réseaux 5G, dont l'objectif est de remédier aux vulnérabilités techniques de ces nouveaux réseaux. Des experts en sécurité informatique seront invités à participer à l'élaboration de ce label.  
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Cybersécurité : L'Union européenne veut élaborer un système de certification des réseaux 5G
Cybersécurité : L'Union européenne veut élaborer un système de certification des réseaux 5G © Ericsson

La Commission européenne a mandaté l'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (ENISA) d'élaborer "un système de certification" pour les réseaux 5G. L'objectif est de "remédier aux vulnérabilités techniques des réseaux" et "améliorer leur cybersécurité", explique le communiqué.

"La certification à l’échelle de l’UE, combinée à d’autres mesures de la boîte à outils 5G, soutient nos efforts pour optimiser la sécurité de la 5G et remédier aux vulnérabilités technique", a déclaré Thierry Breton, commissaire chargé du marché intérieur.

Un même label pour tous les Etats
Actuellement, plusieurs systèmes de certification coexistent en Europe. L'instauration d'un label commun à tous les Etats membres faciliterait le commerce transfrontalier et permettrait aux clients de mieux comprendre le niveau de sécurité qu'offre un produit ou un service.

The European Cybersecurity Certification Group (ECCG), chargé de veiller au respect de la loi européenne sur la cybersécurité, le groupe de coopération NIS et son sous-groupe sur la normalisation et la certification 5G seront invités à participer à l'élaboration de cette certification. Des experts y participeront également.

La 5G engendre de nouveaux risques
La 5G, dont les recettes mondiales devraient représenter 225 milliards d'euros en 2025, est "un atout majeur de la compétitivité de l'Europe sur le marché mondial" et la cybersécurité dans ce domaine est essentielle pour garantir l'autonomie stratégique de l'Union, explique la Commission européenne.

En effet, les réseaux 5G offre davantage de points d'entrée potentiels pour les cybercriminels en raison d'une architecture moins centralisée, du besoin d'un plus grand nombre d'antennes et de la dépendance accrue à l'égard des logiciels.

En janvier 2020, la Commission européenne a publié une boîte à outils de 19 mesures stratégiques et techniques que les États membres doivent mettre en œuvre pour renforcer la sécurité de leurs réseaux 5G, sur la base d'évaluations nationales des risques. Ces mesures comprennent des contrôles d'accès stricts, une limitation de l'externalisation de certaines fonctions, l'application de restrictions pour les fournisseurs considérés à haut risque…

Le spectre de Huawei en toile de fond
En toile de fond de ces débats, l'équipementier chinois Huawei qui s'est fait peu à peu évincer de la majorité des réseaux 5G européens, accusé d'espionnage pour le compte de Pékin. Début octobre dernier, ce sont les opérateurs belges Proximus et Orange qui ont tourné le dos à Huawei pour Nokia et Ericsson, à l'image du Royaume-Uni qui a exclu l'équipementier chinois du réseau 5G arguant d'un risque de sécurité, comme l'avancent les Etats-Unis depuis 2018. La Suède s'est récemment ajoutée à cette liste.

La France n'a pas pris d'interdiction officielle mais dans les faits c'est tout comme. En effet, les pouvoirs publics ne délivreront pas de prorogation aux opérateurs français souhaitant acheter des équipements 5G à Huawei. Résultat : d'ici 2028, le géant chinois pourrait être totalement évincé des réseaux 5G français. Une situation qui ne plaît pas du tout à Bouygues Telecom qui utilise déjà du matériel de l'équipementier chinois.

En effet, l'interdiction de déployer ces équipements sur les futurs réseaux 5G obligerait l'opérateur à désinstaller certains équipements radio 4G et de les remplacer par ceux d'un de ses concurrents. Une perte de temps et d'argent inenvisageable pour Bouygues Telecom qui a attaqué le décret d'application de la "loi anti-Huawei".

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