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Dailymotion : l'Etat-actionnaire a des droits mais assume-t-il ses devoirs ?

L'affaire Dailymotion continue de susciter la polémique. Mais peut-on reprocher à un actionnaire, fut-il un Etat, d'exercer ses droits ? Non. Ce qui pose problème en revanche, c'est qu'il ne remplisse pas ses devoirs.

mis à jour le 07 mai 2013 à 15H10
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Dailymotion : l'Etat-actionnaire a des droits mais assume-t-il ses devoirs ?
Dailymotion : l'Etat-actionnaire a des droits mais assume-t-il ses devoirs ? © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L'actionnaire est roi, non ? Alors, pourquoi s'offusquer de l'intervention de l'Etat dans l'affaire Dailymotion ? N'exerce-t-il pas son bon droit de présider aux destinées des entreprises dont il est l'actionnaire de référence ? Dans une situation semblable, qui oserait critiquer un actionnaire privé de référence et majoritaire qui exercerait son veto pour s'opposer à la cession d'un actif qu'il considère comme stratégique (ce qui peut se discuter dans le cas de Dailymotion) ? Peu de monde en vérité. Car tel est le bon droit de l'actionnaire...

Ce que l'Etat français ne peut ignorer en revanche, c'est que son bon droit l'oblige aussi à respecter quelques devoirs. Il ne peut pas exercer son veto sans en assumer TOUTES les conséquences. Dans le cas Dailymotion, il devra fournir au site de streaming les moyens (financiers notamment) de ses ambitions : partir à la conquête du monde. C'est pour cela que le partenariat avec Yahoo pouvait sembler pertinent car il lui ouvrait une grande partie de l'Internet mondial. Le problème, c'est que ce rapprochement était sans doute un peu cher payé, Yahoo s'offrant 70% du capital (ce qui équivaut à un quasi-rachat) en échange de ses bons et loyaux services.

Question : l'Etat a-t-il les moyens de ses ambitions ? A priori, non. La doctrine du Fonds stratégique d'investissement, présent au capital du site français, ne l'autorise pas à augmenter sa participation. Quant à l'agence des participations de l'Etat, on la voit mal voler au secours de cette pépite alors qu'elle est en passe de lancer un programme de privatisation partielle. La seule option est donc de trouver un partenaire, français, ayant les reins assez solides pour financer un très coûteux plan de développement international. Et, pour l'instant, on ne voit pas qui pourrait jouer le role du Yahoo français.

Thibaut De Jaegher

 
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