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"Dans le numérique, nous avons des jobs mais pas suffisamment de candidats", lance Guy Mamou-Mani

Dans une tribune faite pour L'Usine Digitale, Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique et co-président du groupe Open, lance un cri d'alarme. Selon lui, près d'un emploi créé en France sur quatre serait le fait de la filière numérique. Problème : seule la moitié de ces offres trouvent preneurs. Il dresse ici quelques pistes pour lutter contre ce "gâchis".
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Dans le numérique, nous avons des jobs mais pas suffisamment de candidats, lance Guy Mamou-Mani
Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique © Luc Perenom - L'Usine Nouvelle

Les trois années qui viennent seront employées par Syntec Numérique à relever le défi de l’emploi dans le Numérique. En effet, l'informatique, les télécoms, les services et logiciel, représente près de 1,2 millions d’emplois en France, dont 700 000 créés en dix ans. Le CREDOC prévoit qu’un million de plus le seront dans les cinq ans à venir. En Europe, il est fait état d'un besoin de 900 000 emplois d'ici à 2015 dans le numérique, objet d'une grande coalition lancée par la commission européenne.

En France, en mai, 26 % des offres d'emplois enregistrées à l'APEC ont été pour le numérique. Mais le secteur des logiciels et services informatiques, dont le chiffre d’affaires s'élève à 62,9 milliards d’euros et qui a proposé en 2012 près de 35 000 offres d’emplois, n’arrive pas trouver assez de talents pour suivre son rythme de croissance soutenue, en dépit de la crise. De fait, ce secteur n'aura finalement créé en 2010 que 12 000 postes nets. Autrement dit, nos entreprises ne trouvent pas les profils dont elles ont besoin ; elles souffrent d’une pénurie de ressources qualifiées, et cela freine leur développement.

le secteur numériquE proche du plein-emploi

L'inadéquation persistante de l’offre et de la demande explique en partie qu'environ 36 000 informaticiens ne trouvent pas à s’employer, alors qu’existent des postes en tension faute de compétences. Toutefois, le taux de chercheurs d’emploi à Bac +5 dans notre secteur est de 4%, proche du plein emploi. Il faut donc se concentrer sur les autres profils de formation et de compétences et agir pour corriger cette situation.

Syntec Numérique a engagé plusieurs leviers pour cet objectif. Tout d'abord la réalisation d’une étude prospective, dont les résultats seront connus avant la mi-juillet, menée conjointement par notre Branche et l’Etat et inscrite dans la feuille de route numérique du Gouvernement, pour identifier les compétences clefs de notre secteur et permettre aux acteurs de la formation d’adapter leur action aux besoins des entreprises.

Des promesses d'embauche

Dans le cadre de l'agenda attractivité-emploi 2013-2014 de Syntec Numérique, nous lançons pour la rentrée une initiative de "promesses d'embauches pour les jeunes" à travers notre soutien à toutes les initiatives de formation, de reconversion et d'intégration professionnelle des jeunes vers les métiers du numérique, notamment des dispositifs d'associations qui oeuvrent pour les publics décrocheurs, telle la Web Academy. Nous allons mobiliser les moyens de la formation professionnelle de la branche, son conseil et ses propres dispositifs d'accompagnement ainsi que des propositions de débouchés et des promesses d'embauche pour accueillir ces jeunes dans les métiers du numérique.

Le 12 septembre, la journée 4F Numérique avec l’association Pasc@line, qui regroupe les entreprises et les grandes écoles et universités des cursus numériques, fournira aux professeurs référents de l’option ISN, une vision technique économique et sociétale du numérique avec l’objectif d’amorcer des projets de formation supérieure, puis professionnel, auprès de jeunes.

Le 24 septembre, nous tiendrons une grande conférence sur l’apprentissage dans le numérique afin de développer l'attractivité auprès des jeunes, filles et garçons, des formations aux métiers du secteur en apprentissage, pour élargir le nombre des diplômés et faire face au renouvellement des générations. Plutôt que de bâtir une structure de formation ad hoc, nous avons engagé un travail avec les Conseils régionaux afin de « labéliser » les CFA proposant des cursus numériques via un cahier des charges.

Comme il y a 2 ans, Syntec Numérique sera à nouveau candidat, au printemps 2014, pour être le relais et le représentant pour la France de l'initiative Européenne E-Skills, développée par la profession au niveau européen, pour une semaine de programmation d'attractivité des métiers du numérique partout en France.

Cette opération sera précédée en février, après le succès de notre premier pilote cette année, par les JEM’ NUM, journée des entreprises et des métiers du numérique à l’Université, avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, la Région Ile de France et dans toute la France. L’année qui s’engage devrait voir le droit de la formation évoluer significativement. Syntec Numérique va saisir cette occasion unique de promouvoir le numérique, en tant que filière de formation, mais également en tant que vecteur de modalités d’apprentissage innovantes. Nous allons relever le défi de l’emploi du numérique, soutien de sa croissance, afin qu’il réponde aux promesses de nouvelles perspectives pour les jeunes de notre pays.

Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique

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4 commentaires

Régis Granarolo
09/07/2013 18h10 - Régis Granarolo

M. GMM est décidément "le nouveau Krasucki" du numérique : pas un seul article de presse sans qu'il fournisse des chiffres transformés sur l'emploi dans le numérique, et parfois une certaine désinformation... Ceci ne serait pas bien grave si l'ancien professeur de mathématiques n'était pas le co-président de la commission Emploi, Formation et RSE de l'Observatoire national du numérique, censé produire les chiffres officiels de la profession ! "En effet, l'informatique, les télécoms, les services et logiciel, représente près de 1,2 millions d’emplois en France, dont 700 000 créés en dix ans." => Faux, ce chiffre représente l'ensemble des emplois directs et indirects de l'économie numérique, et non pas seulement ceux de la filière des producteurs de STIC (2 fois moins d'emplois). Quant à l'étude Mc Kinsey, le chiffre des 700 000 emplois portait sur 15 ans, et non pas 10 ans. "Mais le secteur des logiciels et services informatiques, dont le chiffre d’affaires s'élève à 62,9 milliards d’euros et qui a proposé en 2012 près de 35 000 offres d’emplois, n’arrive pas trouver assez de talents pour suivre son rythme de croissance soutenue, en dépit de la crise." => Pas 35 000 offres d'emploi mais 35 000 recrutements, il y a 5 fois plus d'offres d'emploi que de recrutements mais 4 offres sur 5 ne correspondent à aucun poste immédiatement disponible dans l’informatique en raison des pratiques de sourcing et des nombreux recrutements abandonnés suite aux appels d’offre perdus (cf. études Apec sur le sujet). Seuls 15% (au maximum) des offres d'emploi ne sont pas pourvues en raison d'un déficit de compétences adaptées selon l'Apec. "De fait, ce secteur n'aura finalement créé en 2010 que 12 000 postes nets. Autrement dit, nos entreprises ne trouvent pas les profils dont elles ont besoin ; elles souffrent d’une pénurie de ressources qualifiées, et cela freine leur développement." => Ce sont 6000 postes qui ont créés en 2012 : pourquoi M. GMM ne donne-t-il pas ce chiffre plus récent pourtant communiqué lors de l'AG du Syntec Numérique ? Le raisonnement de M. GMM ne tient pas debout : si nos entreprises ne parviennent pas à transformer les nombreux recrutements en créations d'emplois nettes, c'est surtout parce que ces recrutements sont à 85% du remplacement de personnel (turnover) et non malheureusement de vraies créations d'emploi, ceci s'explique moins par les pénuries de compétences (puisqu'il y a 35 000 recrutements...) que par une croissance du secteur devenue hélas beaucoup plus faible que les années passées. "L'inadéquation persistante de l’offre et de la demande explique en partie qu'environ 36 000 informaticiens ne trouvent pas à s’employer, alors qu’existent des postes en tension faute de compétences. Toutefois, le taux de chercheurs d’emploi à Bac +5 dans notre secteur est de 4%" => Ce n'est pas 36 000 informaticiens mais 57 000 demandeurs d'emplois qui sont recensés dans nos professions par la DARES. Le taux de chômage chez les ingénieurs en informatique n'est plus de 4% (chiffres de 2010) mais de 5 à 6 % (chiffres 2012).

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senior87
09/07/2013 16h23 - senior87

Encore une fois, on veux nous faire croire qu'il n'y a pas de candidat.. Encore faudrait'il que ces recruteurs arrêtent de se focaliser sur une main d'oeuvre jeune et bon marché pensent'ils. Il y a plein de seniors diplomé bac+2 avec 20 ans d'expérience chez pole-emploi, avec des compétences en adéquation avec les postes proposés, dont personne ne veut car ces personnes qui se plaignent du manque de candidat, daigne les recevoir voir répondre a leurs candidatures..comme si un senior c'était sale et puant...!! Je pense qu'ils ont surtout des critères beaucoup trop restrictif et une ouverture d'esprit trop sectaire. Un beau gâchis en tout cas de personnels opérationnel mais c'est vrai grisonnantes..

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kisskool
09/07/2013 11h12 - kisskool

le problème n'est pas le manque de profils, mais que les SSII pour ne pas les citer préfèrent des bac+5 même pour des missions bas niveau dans le but de les facturer au prix fort... un B+3 ou 4 avec 10 ans d'expérience sera plus capable que le petit minot sorti de son école... Chez Altran ou Alten on m'a reproché ce manque de diplôme en expliquant que les clients sont pointilleux..etc etc...ca ne m'a pas empéché d'aller à la SC CIB au milieu des polytechniciens

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Régis Granarolo
09/07/2013 07h49 - Régis Granarolo

Cela faisait longtemps que M. Guy Mamou-Mani (GMM) ne s'était pas exprimé sur la question de l'emploi dans le numérique dans l'Usine Nouvelle (lol) ! M. GMM est décidément "le nouveau Krasucki" du numérique : pas un seul article de presse sans qu'il fournisse des chiffres transformés sur l'emploi dans le numérique, et parfois une certaine désinformation... Ceci ne serait pas bien grave si l'ancien professeur de mathématiques n'était pas le co-président de la commission Emploi, Formation et RSE de l'Observatoire national du numérique, censé produire les chiffres officiels de la profession ! "En effet, l'informatique, les télécoms, les services et logiciel, représente près de 1,2 millions d’emplois en France, dont 700 000 créés en dix ans." => Faux, ce chiffre représente l'ensemble des emplois directs et indirects de l'économie numérique, et non pas seulement ceux de la filière des producteurs de STIC (2 fois moins d'emplois). Quant à l'étude Mc Kinsey, le chiffre des 700 000 emplois portait sur 15 ans, et non pas 10 ans. "Mais le secteur des logiciels et services informatiques, dont le chiffre d’affaires s'élève à 62,9 milliards d’euros et qui a proposé en 2012 près de 35 000 offres d’emplois, n’arrive pas trouver assez de talents pour suivre son rythme de croissance soutenue, en dépit de la crise." => Pas 35 000 offres d'emploi mais 35 000 recrutements, il y a 5 fois plus d'offres d'emploi que de recrutements mais 4 offres sur 5 ne correspondent à aucun poste immédiatement disponible dans l’informatique en raison des pratiques de sourcing et des nombreux recrutements abandonnés suite aux appels d’offre perdus (cf. études Apec sur le sujet). Seuls 15% (au maximum) des offres d'emploi ne sont pas pourvues en raison d'un déficit de compétences adaptées selon l'Apec. "De fait, ce secteur n'aura finalement créé en 2010 que 12 000 postes nets. Autrement dit, nos entreprises ne trouvent pas les profils dont elles ont besoin ; elles souffrent d’une pénurie de ressources qualifiées, et cela freine leur développement." => Ce sont 6000 postes qui ont créés en 2012 : pourquoi M. GMM ne donne-t-il pas ce chiffre plus récent pourtant communiqué lors de l'AG du Syntec Numérique ? Le raisonnement de M. GMM ne tient pas debout : si nos entreprises ne parviennent pas à transformer les nombreux recrutements en créations d'emplois nettes, c'est surtout parce que ces recrutements sont à 85% du remplacement de personnel (turnover) et non malheureusement de vraies créations d'emploi, ceci s'explique moins par les pénuries de compétences (puisqu'il y a 35 000 recrutements...) que par une croissance du secteur devenue hélas beaucoup plus faible que les années passées. "L'inadéquation persistante de l’offre et de la demande explique en partie qu'environ 36 000 informaticiens ne trouvent pas à s’employer, alors qu’existent des postes en tension faute de compétences. Toutefois, le taux de chercheurs d’emploi à Bac +5 dans notre secteur est de 4%" => Ce n'est pas 36 000 informaticiens mais 57 000 demandeurs d'emplois qui sont recensés dans nos professions par la DARES. Le taux de chômage chez les ingénieurs en informatique n'est plus de 4% (chiffres de 2010) mais de 5 à 6 % (chiffres 2012).

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