Dans les coulisses du dernier datacenter d'Equinix

L’Usine Digitale est allée visiter le dernier datacenter d’Equinix, au nord de Paris, où la chaleur produite par le système de refroidissement servira, à partir de 2024, à chauffer une partie de la ville de St-Denis.

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Dans les coulisses du dernier datacenter d'Equinix

Il reste quelques coups de peinture à faire, des ampoules LED à installer ici et là, mais le dernier datacenter de l’Américain Equinix est désormais opérationnel. Ce dixième datacenter parisien de l’entreprise californienne, “PA10” pour les intimes, a été inauguré le 6 octobre dernier.

En tout, ce sont plus de 5 000 nouveaux mètres carrés, répartis sur deux étages, qui ont commencé à accueillir de nouveaux clients, rejoignant ainsi Netflix ou Zoom qui hébergent déjà leurs serveurs chez Equinix.

Motivée par une demande toujours croissante, la nouvelle installation du campus de St-Denis aura coûté 139 millions d’euros. Mais Equinix ne devrait pas s’arrêter là. À l’occasion de l’événement Choose France, l’entreprise avait misé sur un investissement total d’un milliard d’euros en France au cours des cinq prochaines années.

La piscine olympique chauffée grâce au datacenter

Sa particularité ? La chaleur fatale, “perdue” au cours des processus de refroidissement” sera récupérée à une température de 28 °C toute l’année, puis réintroduite dans le réseau de chauffage de la ville après être passée par trois pompes à chaleur qui augmenteront cette température à 65 °C.

Ce sont plus de 10 000 MWh qui devraient être ainsi produits, à partir de 2024, soit l’équivalent de près de 1 600 logements de 60 m², pour chauffer la ZAC Plaine Saulnier, mais aussi le Centre Aquatique Olympique, qui accueillera plusieurs épreuves pendant les Jeux de Paris. Equinix s’est engagé à fournir gracieusement cette chaleur pour une durée de 15 ans.

Autre détail, et non des moindres, “PA10” abrite sur son toit une serre de 430 m² où poussent, grâce à la chaleur générée par les serveurs quelques étages plus bas, quelques fraises hors sol. Toute la production de fruits et légumes à venir sera destinée à des associations.

L’idée est évidemment de souligner les performances énergétiques de cette nouvelle installation, dont le “Power usage effectiveness” (PUE), soit un indice d’efficacité énergétique, est de 1,26 — sans que la récupération de la chaleur n’entre dans le calcul. En 2021, la valeur moyenne du PUE des datacenters se situait à 1,57 en 2021, selon l’Uptime Institute.

Cette efficacité énergétique, celle d’une structure qui reste par définition très énergivore, c’est le résultat d’un "travail de fond sur le design et la conception initiale du site", explique le responsable du site, Anass Mhaidra, à l’Usine Digitale. "On a fait en sorte d’assurer de construire uniquement ce dont on avait réellement besoin", précise-t-il, vantant un certain "minimalisme".

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