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"Dans les grands groupes, la prise de risque est limitée. Dans les start-up, on prend des raccourcis", Mathieu Cochet (Workelo)

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Grands groupes et start-ups, on les oppose jusqu'à la caricature : innovation, méthodes de travail, efficacité... Et si loin d'être opposés, les deux mondes avaient tout à gagner à dialoguer. Pour inititier ce rapprochement, nous avons demandé à plusieurs dirigeants de start-ups passés par une grande entreprise, ce qu'ils y avaient appris. Premier de la série, Mathieu Cochet est le co-fondateur de Workelo, une start-up de la tech-RH. Passé par un grand cabinet de conseil, il y a accumulé de l'expérience et constitué un réseau qui fait gagner beaucoup de temps. Il nous dit pourquoi.  

Dans les grands groupes, la prise de risque est limitée. Dans les start-up, on prend des raccourcis, Mathieu Cochet (Workelo)
"Dans les grands groupes, la prise de risque est limitée. Dans les start-up, on prend des raccourcis", Mathieu Cochet (Workelo) © Thomas Barret

L’Usine Digitale - Avant de créer Workelo, vous avez travaillé pendant un septennat dans un cabinet de conseil, Bain, pour ne pas le citer. Qu’y avez-vous appris ?
Mathieu Cochet
 - Dans un cabinet de cette importance, ce qui est intéressant, c’est que vous croisez beaucoup de clients, beaucoup de problématiques, beaucoup d’environnement. J’ai essentiellement travaillé pour des grands groupes pour lesquels les méthodes de travail étaient problématiques, avec des process anciens, souvent trop longs. Les grands groupes voulaient aller vers des méthodes plus directes et rapides. J’ai beaucoup travaillé sur de tels projets et je peux dire que j’ai acquis une expertise fine sur ces sujets.

Votre start-up propose d’optimiser l’accueil des nouveaux salariés. Est-elle née de vos observations quand vous étiez consultant ?
M. C. - Oui, j’ai vu qu’il existait un besoin. L’onboarding c’est 100 à 150 tâches à accomplir avec un enjeu stratégique : s’il est raté, c’est le nouveau salarié qui en pâtit et cela entraîne un surcoût pour l’entreprise. Or, le management n’a pas toujours le temps nécessaire à consacrer à cette centaine de tâches. Avoir observé autant de grands groupes m’a montré qu’il existait un terreau à cultiver.
Je ne pense pas qu’on puisse avoir une idée de start-up comme celle-là sans avoir eu une expérience professionnelle préalable.
 
Votre envie de créer une start-up est née au cours de votre vie professionnelle ? Ou existait-elle avant ?
M. C. - J’avais envie d’entreprendre, mais j'étais persuadé que passer par le conseil, qui est un métier d’analyse sur des problématiques variées, était une bonne chose. J’ai conscience que c’est une chance que d’avoir pu créer ma start-up en bénéficiant de cette expertise accumulée. Dans les grands groupes la prise de risque est limitée, alors on procède à des analyses exhaustives. Dans les start-up, on prend des raccourcis pour aller plus vite.
 
Avez-vous constitué de cette façon un réseau qui vous sert aussi aujourd’hui ?
M. C. - Absolument, je m’appuie sur deux réseaux : celui de l’école et celui du cabinet de conseils. Les réseaux professionnels sont très forts. Les gens sont très bienveillants. Il m’est arrivé de contacter des personnes avec lesquelles je n’avais jamais travaillé qui ont spontanément accepté de me consacrer du temps, alors même qu’elles n’y avaient aucun intérêt. 
C’est un atout très important de pouvoir entrer en relation avec un spécialiste facilement ou de pouvoir appeler quelqu’un qui va vous mettre en contact avec un spécialiste. Si j’étais seul, je pourrais passer une semaine à résoudre un problème qu’un spécialiste traiterait en 15min par téléphone.

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