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Dassault aviation, pilote virtuel

Le constructeur aéronautique Dassault aviation a été pionnier dans le passage à la simulation numérique. Ses équipes ne cessent d’en développer les applications.
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Dassault aviation, pilote virtuel
Fini les maquettes?! La conception des avions est 100?% numérique. Les essais en vol aussi, comme ici avec le décollage virtuel d’un Falcon 5X.

Vous êtes dans le cockpit, les commandes de l’avion à portée de main. En tournant la tête de gauche à droite, la piste de décollage se dessine derrière le pare-brise. Une opération de maintenance de dernière minute avant le vol ? Il suffit de tendre les bras, de s’emparer de la pièce défectueuse et… de ne pas se cogner contre le mur. Dans le centre de réalité virtuelle immersif de Dassault Aviation, au siège du groupe à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), il n’est pas rare que les utilisateurs de ce simulateur perdent leurs repères. Munis de lunettes 3 D et de capteurs de mouvement harnachés un peu partout sur le corps, positionnés face à trois écrans géants, ingénieurs et techniciens vérifient dans une salle confortable l’architecture globale d’un avion grandeur nature et l’emplacement de chaque pièce de l’appareil. La scène rappelle le ballet gestuel effectué par Tom Cruise dans "Minority Report". Et, à l’instar du héros, Dassault Aviation a une vision très précise de ce qui n’existe pas encore…

Un modèle prédictif fiable

Au cœur de ce dispositif : la maquette numérique. Elle permet de s’affranchir des prototypes physiques et de réaliser des gains de temps substantiels, de la phase de conception à celle de la production. Utilisée depuis 1990 pour le Rafale, puis pour le Falcon 2000, le 7X, le Neuron et, aujourd’hui, pour le nouvel avion d’affaires Falcon 5X, elle a transformé le groupe en utilisateur chevronné de la simulation numérique. "Cette maquette est la définition mathématique virtuelle exacte de l’appareil, explique enthousiaste Jérôme Camps, responsable technique au sein du bureau d’études de Dassault Aviation. Elle est la base de données unique qui contient toutes les informations nécessaires pour la production d’un avion." Chez Dassault Aviation, le papier n’est plus à l’ordre du jour depuis belle lurette. C’est le bizutage des petits nouveaux : leur demander de récupérer les plans de tel ou tel avion. Ce savoir-faire, les 12 000 salariés de Dassault Aviation le doivent à la collaboration étroite entretenue avec une autre filiale du groupe Dassault Systèmes.

Créé en 1981, cet éditeur de logiciels a développé Catia, un programme de conception assistée par ordinateur au fondement de la maquette numérique, qui a conquis des pans entiers de l’industrie mondiale, du ferroviaire à l’automobile en passant par les biens de consommation. Depuis sa première utilisation, Dassault Aviation ne cesse d’améliorer cette maquette et d’en étendre les fonctionnalités. Essais virtuels d’aérodynamisme via des équations mathématiques de l’écoulement de l’air, tests numériques du comportement structurel de l’avion issus des calculs sur la propagation des forces et des contraintes… "Les vols d’essais permettent de confirmer les calculs, résume Jérôme Camps. La maquette est devenue un modèle prédictif fiable." Un niveau de réalisme inouï alors qu’un avion de combat ou un jet d’affaires comprennent environ 100 000 pièces, 25 kilomètres de câbles et pas moins de 300 000 fixations !

Un logiciel d’analyse de cycle de vie complète la maquette depuis le début des années 2000, ouvrant la voie à l’usine numérique et à l’anticipation, avant assemblage, des process de production. "Cela divise par deux le temps d’assemblage du Falcon 7X", assure Jérôme Camps. Autre avantage : le premier avion sorti de chaîne atteint d’emblée le niveau de qualité qui correspondait auparavant au 50e appareil de série construit ! La mise en place d’un plateau virtuel a bouleversé l’organisation du bureau d’études : il permet aux partenaires industriels, pour chaque programme d’avion, de partager les données de la maquette depuis leurs bureaux. "C’est l’industrie du XXIe siècle", assure Jérôme Camps qui y voit un avantage concurrentiel crucial pour Dassault Aviation face aux autres avionneurs. Prochaine étape ? "Nous nous orientons vers la simulation virtuelle globale de l’avion, répond-il sibyllin. Et les premiers résultats sont prometteurs." Il s’agirait de faire voler virtuellement l’avion, en prenant en compte les interactions de ces équipements dans des conditions réelles de vol. Mais là, impossible d’en savoir davantage. Si le groupe accorde autant d’importance à la simulation, c’est que la concurrence mondiale est, elle, bien réelle…

Olivier james

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