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De Tahiti à Station F, comment LeadBees se développe… et inspire les jeunes Polynésiens

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En mars 2017, LeadBees profitait de la première édition du Digital Festival de Tahiti pour exposer sa solution de ruche connectée. Alors en phase de test, la start-up 100% polynésienne a depuis fortement évolué. Incubation à Station F, prototype commercial, préparation d’une levée de fonds… Kevin Besson, son fondateur, revient sur l’avancée de sa jeune pousse et sur les prochaines étapes.

De Tahiti à Station F, comment LeadBees se développe… et inspire les jeunes Polynésiens
Hébergé à Station F, Kevin Besson expose sa solution au Digital Festival 2018 sur le stand de Prism, l'incubateur local. © Stéphanie Mundubeltz-Gendron

Kevin Besson a lancé LeadBees fin 2016, une plate-forme numérique destinée à la gestion des ruches à distance. Ce Tahitien de 30 ans nous avait présenté sa solution en mars 2017 à l’occasion du Digital Festival de Tahiti. Il en était encore au tout début du développement. Un an et demi après, le la start-up a fait un véritable bond en avant.

 

De Prism, l’incubateur local, à Station F

En avril 2017, Kevin Besson est sélectionné pour intégrer la première promotion de Prism, le premier incubateur de start-up polynésien hébergé par la CCSISM (Chambre de Commerce, d'Industrie, des Services et des Métiers). Il y apprend notamment à structurer son positionnement et son discours. "Cela m’a aussi offert une bonne visibilité et une mise en relation avec les acteurs locaux (gouvernement, entrepreneurs locaux…)", indique-t-il à L’Usine Digitale.

 

Ambitieux, le jeune Polynésien postule en parallèle pour le Fighters Program de Station F, un programme d’incubation de 12 mois destinés aux entrepreneurs issus de milieux moins privilégiés ou de zones éloignées pour les aider à faire croître leur business. Sa candidature est retenue parmi plus de 250 dossiers déposés.

 

Kevin Besson s’envole alors pour Paris en janvier 2018. Après dix mois d’incubation, le jeune entrepreneur est ravi. "C’est vraiment une grosse opportunité. Au-delà des super locaux des baby-foot et de la Felicità, on croise des start-up qui ont les mêmes soucis. Cela apporte un soutien psychologique, technique, des conseils sur l’aspect commercial ou la protection de la propriété intellectuelle…", explique-t-il.

 

Mise en réseau, développement de partenariats et prototype industriel

"Quand je suis arrivé, je ne connaissais personne. Je m’étais donné comme défi de rencontrer une personne ou une start-up par semaine", raconte Kevin Besson. Depuis, le jeune entrepreneur se félicite d’avoir pu nouer de nombreux contacts : "On se construit un réseau facilement".

 

Cela a également abouti sur un accompagnement technologique, "STMicroelectronics nous a fourni du matériel et on travaille avec l’opérateur IoT japonais Soracom", détaille-t-il. Sans compter des rencontres avec les organismes publics comme le CNES ou l’IGN pour des partenariats sur la récupération des données environnementales, entre autres.

 

Mais surtout, "ces dix mois à Station F m’ont permis de développer un prototype industriel", ajoute-t-il. Cela a également contribué au déploiement de la solution à Rungis, en test. "Les capteurs sont installés dans 5 ruches de l’association apicole de Rungis. Cela a permis de détecter des ruches faibles avec des risques que les abeilles ne passent pas l’hiver", se félicite-t-il.

 

Mission : préserver la biodiversité

 

 

L'hébergement à Station F lui a également permis de "voir ce qui se passe ailleurs", ajoute-t-il. "L’apiculture en Polynésie française est un tout petit marché. On compte seulement 400 à 500 apiculteurs recensés. Ce n’est économiquement pas viable de se concentrer uniquement sur la Polynésie". Or, "quand Leadbees a été lancé, il y avait entre 7 et 10 entreprises qui développaient des solutions de ruche connectée, aujourd’hui il y en a plus de 40", remarque-t-il. "Ça veut dire qu’il y a un marché. Mais il faut apporter une plus-value".

 

Pour se démarquer, Leadbees mise avant tout sur sa contribution à la biodiversité et à la préservation des abeilles : "C’est important d’avoir une véritable éthique et un projet motivant. J’ai monté Leadbees pour pouvoir protéger les abeilles locales et la biodiversité locale. C’est une mission personnelle", insiste Kevin Besson. Et d’ajouter : "Se contenter d’afficher des données sur des graphes ne m’intéresse pas. Je me focalise vraiment sur la préservation de l’insecte. Ça va économiser du travail pour l’apiculteur car sélectionner les souches et élever des reines, c’est extrêmement de travail. Une abeille en bonne santé va être plus productive et l’apiculteur va pouvoir la garder à long terme".

 

Un vrai marathon

Autre axe de différenciation, proposer un outil simple à l’apiculteur. "Un apiculteur n’est pas un data scientist ni un data analyst. Il a d’autres choses à faire que d’analyser les données, commente-t-il. Collecter la donnée n’est pas le plus complexe. Le plus gros défi est de la valoriser". Le tout de manière simple : "Aujourd’hui on est en mesure de reconnaitre un certain nombre de comportements. Quand on aura suffisamment de données qualifiées, on pourra aller sur des solutions de machine learning et de deep learning", souligne Kevin Besson.

 

En attendant LeadBees développe des fonctionnalités pour anticiper des actions et augmenter la production d’une ruche.  "Mais c’est un marathon, consent-il. Le but est de tenir sur le long terme et de pouvoir équiper le maximum d’apiculteurs pour pouvoir généraliser l’utilisation de l’outil". Au-delà de Rungis et des tests sur les ruches personnelles du jeune startupper, trois apiculteurs seront équipés début novembre en Polynésie et des discussions sont en cours avec le ministère de l’Agriculture de la Polynésie française et l’Etat pour une phase d’expérimentation auprès d’apiculteurs locaux.

 

Une levée de fond en préparation

Coté business model, Leadbess s’oriente sur un tarif de 139 €HT le capteur, qui inclut un an d’accès à la plateforme. "Au bout d’un an, on passe en mode abonnement avec des formules mensuelle ou annuelle et des formules adaptées au profil de l’apiculteur." Le lancement officiel de la solution est fixé pour Noël.

 

Et si sa start-up s’est uniquement développée sur fonds propres, Kevin Besson compte lancer une campagne de crowdfunding mi-novembre. Une levée de fonds est également en cours de préparation. "Le produit est arrêté dans les grandes lignes. Je recherche maintenant des investisseurs qui partagent ma vision. Un investisseur, ce n'est pas seulement quelqu’un qui apporte de l’argent. C’est quelqu’un qui te conseille, qui te permet de grandir…", déclare-t-il.

 

A l’issue du Fighters Program en janvier 2019, Kevin Besson espère bien intégrer le Founders Program, programme de Station F ouvert aux start-up early-stage et ambitieuses. "C’est la suite logique", confie-t-il. En attendant, de retour au Digital Festival Tahiti pour la seconde édition, Kevin Besson expose sa solution mais aussi ce qui lui a permis d’en arriver là. Un nouvel ambassadeur des start-up de la Polynésie française qui inspire déjà d’autres jeunes Tahitiens en quête d’entrepreneuriat, dans un écosystème en plein essor.

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