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Découvrez Muzeek, la start-up musicale qui a convaincu André Manoukian de devenir entrepreneur

"Bach déjà utilisait des algorithmes pour écrire ses compositions", explique André Manoukian, le co-créateur aux côtés de Philippe Guillaud de la start-up Muzeek. Avec deux promesses : faire gagner du temps et respecter la chaîne de droits. 

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Découvrez Muzeek, la start-up musicale qui a convaincu André Manoukian de devenir entrepreneur
Plus besoin d'un arrangeur pour adapter le rythme d'un morceau de musique à celui des images, l'IA est là. © Wikimedia

Les amateurs de littérature se souviennent peut-être du "pianocktail" dans l'Ecume des jours, le roman de Boris Vian. Quand on écoutait, mardi 12 mars 2019, André Manoukian expliquer comment il a composé le générique d'un feuilleton américain, l'art de la composition assistée par I.A. évoquait la science du cocktail. En l'espèce un mélange savamment dosé de "trompette tibétaine, des voix comme chez Ligeti, de la caisse claire...", le tout dûment mixé par une intelligence artificielle... Le résultat est saisissant, et prochainement sur vos écrans.

 

gain de temps

Pour réaliser cette composition, "il a fallu une journée et demie" assure l'ancien juré de la Nouvelle Star, devenu co-créateur de la start-up Muzeek aux côtés de l'entrepreneur Philippe Guillaud. Les deux hommes ont développé cette jeune pousse en combinant le travail de l'homme et celui de l'intelligence artificielle pour créer une sorte de compositeur augmentée. Dans le cas de la série, il a fallu enregistrer certains instruments joués par de vrais musiciens dans le studio parisien de la start-up. Autrement dit, tout n'est pas automatisé.

 

En revanche, l'intelligence artificielle développée compose un morceau qui s'adapte automatiquement au découpage de l'image. Pour les producteurs d'images, c'est là que réside une grande partie du gain de temps. Plus besoin de réenregistrer, d'adapter la musique ou le montage pour la caler sur les images. L'intelligence artificielle utilisée dans le logiciel est capable de produire d'infinies variations à partir d'un morceau donnée pour qu'il épouse le rythme de l'image qu'il sait reconnaître et identifier. Idem pour les arrangements et le style musical finalement choisi. 

 

Paiement à l'export

Ce n'est donc pas un hasard si les deux fondateurs visent d'abord le marché des producteurs de contenus audiovisuels, notamment tous ceux qui travaillent pour le web. L'économie de la production y est plus austère, en argent mais aussi en temps. Utiliser l'intelligence artificielle de Muzeek est une garantie de pouvoir travailler plus vite, selon les deux partenaires.

 

Le logiciel de Muzeek est commercialisé avec un modèle Saas, moyennant le paiement d'un abonnement mensuel, dont le premier prix est de 19 euros. Ensuite, l'utilisateur peut demander autant de musiques qu'il voudra, il ne paiera qu'en fonction de celles qu'il exporte finalement. Pour travailler, il peut soit utiliser la banque de sons de Muzeek, soit apporter la sienne, soit utiliser les deux. Muzeek a signé un accord pour exploiter 1000 compositions de Cristal Publishing et assure être en discussions avec les principales majors du secteur. 

 

LA FIN DU FAR WEST
 

Le logiciel d'IA offre un autre avantage : il permet de suivre fidèlement l'usage des différentes compositions et de rémunérer les compositeurs, expliquent les deux fondateurs à l'unisson. "Avec notre outil, on sait qui utilise quelle musique et quand" assure André Manoukian. Ce dernier ajoute que le logiciel est capable de "sécuriser le parcours Sacem", pariant sur le fait que "c'est la fin du far west dans le monde de la musique". L'heure serait venue au paiement des droits. 

 

La start-up a pour objectif de se développer très vite aux Etats-Unis dès maintenant et d'ouvrir des bureaux en Allemagne et en Espagne, mais les deux fondateurs sont formels : "la tech restera à Paris". Pour assurer son développement, Muzeek a levé 1,2 million d'euros en novembre 2018, notamment auprès du fonds OneRagtime.

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