Décret anti-immigration : sous la pression, le patron d'Uber quitte le comité économique de Trump

[ACTUALISE] Le week-end dernier, des milliers d’Américains ont supprimé Uber de leur smartphone. Les utilisateurs accusent le leader mondial des applications de VTC d’avoir voulu tirer profit des manifestations contre le décret anti-immigration de Donald Trump. Uber tente de redresser le volant par la voix de son CEO Travis Kalanick, tandis que Lyft se frotte les mains.

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Décret anti-immigration : sous la pression, le patron d'Uber quitte le comité économique de Trump

Actualisation du 3 février : face à la campagne de boycott des utilisateurs d'Uber, Travis Kalachnick annonce son retrait du Comité de conseil économique, qui doit se réunir ce 3 février. Le patron de Tesla, Elon Musk, a lui décidé de maintenir sa présence.

Près de 3 000 manifestants se sont rendus à l’aéroport JFK de New York le 28 janvier pour protester contre le décret anti-immigration de Donald Trump. Le texte interdit aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Syrie, Irak, Iran, Libye, Yémen, Somalie et Soudan) d’entrer aux États-Unis pendant 90 jours. En signe de solidarité, le syndicat des taxis new-yorkais, le New York Taxi Workers Alliance a lancé un appel à la grève, samedi après-midi.

Suite à cet appel à la grève, Uber New York a posté un message sur son compte Twitter : “La hausse des prix a été suspendue à l’aéroport de JFK. Cela peut entraîner des temps d’attente plus longs. Patience.” Uber utilise un algorithme qui ajuste le prix des courses, à la hausse ou à la baisse, en fonction de la demande.

Vague de suppressions d’Uber

Pour les internautes, Uber a “cassé la grève” en voulant casser les prix. Les utilisateurs considèrent qu’Uber aurait dû appeler ses chauffeurs à lever le pied au même titre que les syndicats de taxi. Autre critique : la proximité de Travis Kalanick et de Donald Trump. Le CEO d’Uber est l’un des conseillers économiques désigné par le nouveau président des États-Unis.

Le hashtag #DeleteUber a alors déferlé sur les réseaux sociaux durant tout le week-end. Des milliers d’utilisateurs ont partagé des captures d’écran de l’application de VTC en cours de suppression.

Uber réagit avec un train de retard

Sous le feu des critiques, Uber a tenté de calmer le jeu en déclarant : "Notre dernier tweet ne voulait pas casser la grève”. Sur sa page Facebook, Travis Kalanick a reconnu que “ ce décret affectait des milliers de chauffeurs”. Le CEO d’Uber se rend à Washington, vendredi prochain, pour la première réunion du comité consultatif économique. Il s’est engagé à “soulever la question” face à Donald Trump et à “défendre ce qui est juste”.

En attendant cette réunion, Travis Kalanick a annoncé une série de trois mesures en réponse au décret : les avocats d’Uber sont mis à la disposition de tous les chauffeurs concernés par le décret souhaitant rentrer aux États-Unis, la compensation des pertes de revenus des chauffeurs coincés à l’étranger et la création d’un fonds de 3 millions de dollars pour aider les chauffeurs inquiétés par les services d’immigration.

Lyft en profite

Le malheur d’Uber a fait le bonheur de Lyft. Le nombre de téléchargements journaliers de Lyft a doublé pour la seule journée de dimanche. Le 30 janvier, le concurrent américain d’Uber se trouvait en sixième position des applications gratuites les plus téléchargées sur l’Apple Store, devant Youtube, Facebook ou encore Google Maps.

En réaction au décret controversé, Lyft a fait un don d’un million de dollars à l’American Civil Liberties Union, la plus puissante des associations américaines de défense des droits civiques. Lyft, petit concurrent valorisé à 5,5 milliards de dollars, est désormais plus populaire que le géant Uber et ses 66 milliards de dollars de valorisation.

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