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Des chercheurs anglais tentent de trouver des parades au cyber-détournement d'avions

Le piratage informatique d'avions est-il possible ? Théoriquement oui, mais la manœuvre serait très complexe et sa portée limitée, explique un chercheur anglais au Guardian.
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Des chercheurs anglais tentent de trouver des parades au cyber-détournement d'avions
Des chercheurs anglais tentent de trouver des parades au cyber-détournement d'avions © Naddsy - Flickr CC

Parmi les nombreuses théories du complot entourant la disparition du vol MH 370 de Malaysia Airlines, celle d'une attaque commise par un hacker. Plausible ? Pas dans ce cas précis : l'avion en question n'avait pas de réseau informatique avec un niveau d'intégration suffisant pour permettre une telle attaque, juge le professeur David Stupples, interrogé par le Guardian. Mais sur des avions plus récents, avec une architecture réseau plus intégrée - connectant différents modules via un bus central - ce serait théoriquement possible, bien qu'extrêmement compliqué. On pourrait donc, selon cet expert, introduire un malware dans le système informatique de l'avion pour perturber les systèmes d'information et donc, compliquer la vie des pilotes. Mais cela demanderait un niveau de connaissances extrême.

Le cas s'est-il déjà présenté ? L'article du Guardian évoque le crash du vol 5022 de Spanair en 2010, que l'on a longtemps dit causé par une attaque informatique. En réalité c'est bien plus compliqué que cela : ce n'est pas l'avion en lui-même qui avait été hacké mais un logiciel de maintenance. Et ce n'est pas le facteur principal expliquant le crash.

neutraliser l'intrus

Il n'empêche : le risque, bien que très faible, existe, assure le Dr David Stupples qui, avec son équipe de l'université de Cranfield, travaille sur des outils permettant d'éviter un tel scénario. Ils planchent sur une architecture réseau permettant de détecter, puis bloquer l'intrusion d'un malware dès lors qu'il tenterait de fausser les données de vol ou de pervertir les logiciels permettant le contrôle de l'avion. Il s'agirait de neutraliser l'intrus en l'isolant, par exemple en désactivant certaines fonctions non essentielles. De telles stratégies sont déjà utilisées pour protéger les systèmes informatiques d'installations sensibles comme des centrales nucléaires.

L'analyse du Guardian se veut, finalement, rassurante : on comprend bien, d'après les experts interrogés, qu'un piratage, même sophistiqué, ne permettrait pas à un élément extérieur de détourner un avion. Dans le pire des cas, il pourrait affecter les informations de vol, perturber certains systèmes, pour provoquer un incident. Mais les pilotes sont formés à détecter des événements inattendus et à réagir en conséquence, grâce à des protocoles de vérification.

Lire l'article " Hacking planes - UK researchers developing plans to stop 'flight cyberjacking' sur le site du Guardian (en anglais)

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