Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Des chercheurs mettent au point un patch pour surveiller le stress en temps réel dans la sueur

Cette puce repose sur un mécanisme d'interactions entre des brins d'ADN ou d'ARN et le cortisol, biomarqueur du stress. Elle permet de mesurer la concentration de cette hormone dans la sueur d'une personne et pourrait être intégrée dans un bracelet connecté, imaginent les chercheurs de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne à l'origine de ces travaux. Dans les prochains mois, le patch va être testé sur une cohorte de patients atteints de dérèglement hormonal.  
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Des chercheurs mettent au point un patch pour surveiller le stress en temps réel dans la sueur
Des chercheurs mettent au point un patch pour surveiller le stress en temps réel dans la sueur © Xsensio

Une équipe de chercheurs de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et la start-up suisse Xsensio ont conçu une puce capable de mesurer la quantité de cortisol, le principal biomarqueur de stress, dans la sueur d'un patient. Leurs travaux ont été publiés dans la revue scientifique Nature Communications Materials.

Ce capteur non-invasif s'adresse aux personnes atteintes par des maladies liées au stress, qu'elles soient mentales ou physiques.

Des tests cliniques dans les prochains mois
Dans un premier temps, il va être testé sur des patients atteints du syndrome de Cushing (surproduction de cortisol) et de la maladie d’Addison (production non suffisante de cortisol), ainsi que sur les patients présentant une obésité liée au stress au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Dans le futur, cette technologie pourra être intégrée dans des bracelets ou des montres connectées, imaginent également les chercheurs.

En effet, "chez les personnes touchées par les maladies liées au stress, le rythme circadien (les processus biologiques cycliques d'une durée d'environ 24 heures, ndlr) du cortisol est complètement déréglé", souligne Adrian Ionescu, directeur du Nanolab de l'EPFL. La mesure du taux de cortisol s'obtient via une prise de sang, un prélèvement urinaire, salivaire ou un test de sudation. Ce qui nécessite une phase d'analyse plus ou moins longue et ne permet de faire un monitoring en temps réel de l'état de santé du patient.

Une électrode à base de graphène
C'est sur ce point que les scientifiques ont décidé de travailler en choisissant d'exploiter la sueur car elle se collecte facilement. Le patch mis au point est composé d'un transistor combiné à une électrode à base de graphène, ce matériau offrant une très grande sensibilité et une limite de détection très basse.

En pratique, c'est un mécanisme d'interaction entre des aptamères, c'est-à-dire des fragments d'ADN ou d'ARN capables de fixer certaines molécules, et l'hormone stéroïde qui permet au capteur de détecter la concentration de cortisol dans la sueur.

D'après les scientifiques, il s'agirait de la première méthode de mesure en temps réel du rythme circadien du cortisol. "C’est ici tout l’avantage et toute la nouveauté de ce capteur : grâce à sa dimension portative, on va enfin pouvoir chiffrer scientifiquement et objectivement certaines maladies liées au stress", se réjouit Adrian Ionescu.

Surveiller le stress dans les maladies psychologiques
Même si ce n'est pas la priorité, la surveillance du stress au quotidien en dehors des maladies physiques est l'un des cas d'usage imaginé par les chercheurs. "Actuellement, les maladies psychologiques engendrées par trop de stress ne sont déterminées que par des ressentis et des états souvent subjectifs (…) Avoir un outil technologique portable fiable qui nous permette de chiffrer objectivement une dépression ou un burn-out et l’efficacité de leur traitement en temps réel, par exemple, serait un grand pas en avant pour mieux les appréhender", explique Adrian Ionescu.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media