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Des galets communicants pour surveiller la dynamique sédimentaire du Gave de Pau, dans les Hautes-Pyrénées

Dans les hautes-Pyrénées, le Pays de Lourdes et des Vallées des Gaves mobilise de nouveaux outils de mesure au service de l'observation de ses cours d'eau pour mieux comprendre le déplacement des sédiments. Derniers en date : des galets communicants.
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Des galets communicants pour surveiller la dynamique sédimentaire du Gave de Pau, dans les Hautes-Pyrénées
Le Pays de Lourdes et des Vallées des Gaves a décidé d’ensemencer des galets instrumentés, 900 au total, dans le Gave de Pau (Hautes-Pyrénées). © PLVG

Des galets communicants pour surveiller la dynamique sédimentaire dans les cours d'eau, il fallait y penser. 900 galets équipés de puces RFID viennent d’être ensemencés dans le gave de Pau, dans le secteur de Beaucens, dans les Hautes-Pyrénées, en amont de l'ancien lac des Gaves.

Ils vont permettre de mieux comprendre un phénomène bien connu dans ce territoire de montagne, celui des déplacements massifs de sédiments qui accompagnent souvent les crues de fortes intensités avec de lourdes conséquences sur les zones concernées. En première ligne, le Pays de Lourdes et des Vallées des Gaves (PLVG), qui regroupe la communauté de communes Pyrénées Vallées des Gaves et la communauté d'agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées, mise sur les nouvelles technologies pour mieux appréhender le phénomène.

Depuis 2019, dans le cadre d'un grand projet pluriannuel d'études, il multiplie les moyens d'observation toujours plus sophistiqués et innovants. "L'ambition est de mobiliser les nouvelles technologies d'observation et de mesure pour mieux comprendre les corrélations entre les débits liquides et solides", explique Benoît Thouary, chargé de mission au service des inondations du PLVG.

Des stations fixes d'observation et des galets communicants

Via ce projet, baptisé O2H, pour Observation et Outils de gestion de l'Hydromorphologie des gaves, un réseau de six stations fixes ont déjà été mises en place autour de l'ancien lac des Gaves. Ces stations sont équipées d'hydrophones, pour enregistrer les ondes acoustiques émises lors du mouvement des sédiments, de géophones, pour la mesure du signal sismique, de turbimètres (mesure de la turbidité de l'eau) et de systèmes automatiques de prélèvement de matières en suspension.


Marquage et classement de PIT tags (Passive Integrated Transponder) passifs

Toutes les données de ces stations fixes de mesure en continu, sont collectées, traitées et croisées avec des données d'observation ponctuelle de topographie ou d'images time lapse, système permettant d'obtenir une vue en accélérée grâce à une succession de photos prises à intervalles réguliers. "Les galets communicants viennent compléter le dispositif", souligne Benoît Thouary. Sur les neuf cents galets mis en place, huit cents sont des galets naturels du Gave, simplement équipés d'un tag avec un identifiant unique.

Les cent autres, dits actifs, sont en fait des galets artificiels, capables d'émettre un signal régulier qui peut être capté à distance, notamment par un drone. Les galets passifs nécessiteront quant à eux des campagnes de suivi et de repérage sur le terrain, puisqu’il faudra passer à moins d’un mètre pour les détecter. "L'objectif est de surveiller l'évolution morphologique des cours d'eau et d'établir des modèles prédictifs de transport des solides", précise Benoît Thouary.

Un budget de 500 000 euros sur trois ans
Pour l'accompagner dans ces travaux de R&D, le PLVG peut aussi compter sur plusieurs partenaires. Un consortium a été constitué avec EDF et deux entreprises innovantes : la start-up haut-pyrénéenne Ogoxe, spécialisée dans les dispositifs connectés de surveillance des cours d'eau et des crues, et Tetraedre France, basée à Odos, également dans les Hautes-Pyrénées, qui propose des équipements d’acquisition et de télétransmission autonomes adaptés pour l’eau et les milieux naturels.

Retenu dans l'appel à projet "Villes et territoires intelligents pour l'eau" de l'Agence de l'eau Adour-Garonne, O2H mobilise un budget de 500 000 euros sur trois ans (2019-2022), accompagné à la fois par l'Agence de l'eau et la Région Occitanie.

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