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Des législateurs américains identifiés comme criminels par la technologie de reconnaissance faciale d'Amazon

Vu ailleurs Une petite trentaine de membres de l’Assemblée de l'Etat de Californie ont été identifiés à tort comme délinquants par la technologie de reconnaissance d'Amazon. L’American Civil Liberties Union espère que les conclusions de ce test l’aideront à faire interdire l’usage de ces dispositifs par la police.
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Des législateurs américains identifiés comme criminels par la technologie de reconnaissance faciale d'Amazon
Des législateurs américains identifiés comme criminels par la technologie de reconnaissance faciale d'Amazon © DR

Les partisans de l’usage des technologies de reconnaissance faciale en matière de sécurité n'ont qu'à bien se tenir. Aux Etats-Unis, l’American Civil Liberties Union (ACLU) a révélé mardi 13 août 2019 lors d'une conférence de presse que 26 membres de l’Assemblée de l'Etat de Californie ont été identifiés à tort comme des personnes délinquantes lors d'un test qu'elle a orchestré.

 

Trop de faux positifs

Le test consistait à comparer les visages de 120 législateurs à ceux d'une base de données de 25 000 clichés de déliquants à l’aide du logiciel de reconnaissance faciale d'Amazon, Rekognition. Plus d'une personne sur cinq a donc été identifiée à tort comme un individu figurant dans la base de données... et donc ayant un casier judiciaire, explique le Los Angeles Times.

 

Pour Phil Ting, membre de l'Assemblée de San Francisco faisant partie de l’échantillon concerné, cette expérience "confirme que la technologie de reconnaissance faciale n'est pas prête à être déployée et encore moins pour une utilisation avec des caméras équipant les forces de l'ordre". Autre élément clé : plus de la moitié des personnes identifiées de façon erronée étaient des personnes de couleur.

 

 

Un précédent en 2018

La police californienne n'est pas encore dotée de tels dispositifs, mais l'ACLU souhaite interdire par anticipation l'utilisation de la reconnaissance faciale dans les caméras de surveillance des forces de l'ordre. Elle soutient ainsi l'AB 1215, également connu sous le nom de "Body Camera Accountability Act", qui interdit l'utilisation de systèmes de reconnaissance faciale et de surveillance biométrique dans les caméras de police. L’organisme de protection des droits civils outre-Atlantique, soutenu par bon nombre de personnalités démocrates, accuse cette technologie d’être particulièrement préjudiciable aux personnes de couleur, ainsi qu’aux femmes, autres victimes selon eux des erreurs de la technologie.

 

A terme, les opposants à l'identification par reconnaissance faciale craignent l’augmentation des tensions entre société civile et forces de l’ordre dans un pays où les abus de la police à l’encontre des communautés font régulièrement la une des médias. Pour Matt Cagle, avocat spécialisé dans les technologies et les libertés civiles à l'ACLU, "même si cette technologie était 100% fiable, des caméras corporelles activées par reconnaissance faciale faciliteraient des violations massives des droits civils des Californiens".

 

Adopté par l'Assemblée de Californie en mai, le texte doit être voté au Sénat californien dans les prochaines semaines. Le New Hampshire et l'Oregon l'ont adopté en 2017. En 2019, ce sont 28 membres du Congrès qui avaient été identifiés à tort comme des criminels, là encore par Rekognition.

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