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Des navettes autonomes sans opérateur à bord débarquent sur un site d'ArianeGroup

Deux navettes autonomes EasyMile vont circuler sur le site d'ArianeGroup aux Mureaux. Le déploiement de ce service de mobilité va débuter en mars 2021 afin d'être pleinement opérationnel en 2022. Transdev va assurer la supervision à distance des navettes autonomes et l'institut Vedecom va réfléchir aux capteurs nécessaires pour équiper l'infrastructure afin de fluidifier le trafic.
mis à jour le 07 janvier 2021 à 16H04
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Des navettes autonomes sans opérateur à bord débarquent sur un site d'ArianeGroup
Des navettes autonomes sans opérateur à bord débarquent sur un site d'ArianeGroup © EasyMile

Une expérimentation devant mener à la mise en place d'un service de transport avec des navettes autonomes sans opérateur à leurs bords va être menée sur le site industriel d'ArianeGroup aux Mureaux, dans les Yvelines. Le conseil départemental a validé fin novembre 2020 ce projet réunissant différents partenaires : l'institut Vedecom, ArianeGroup, Transdev et EasyMile.

Quatre expérimentations
L'opération comporte quatre expérimentations différentes. Deux de ces expérimentations sont des analyses des besoins. L'objectif est d'évaluer les conditions de faisabilité de la mise en place d'un service de mobilité autonome en zones urbaine et péri-urbaine. Aucune navette ne circulera de façon régulière sur ces trajets. Sont concernés par ces études le trajet reliant le Campus des Mureaux à la gare des Mureaux et celui situé entre la gare des Clairières de Verneuil et le site d’ArianeGroup.

Le premier et principal cas d'usage est le service de navette autonome sur le site industriel d'ArianeGroup. Cette expérimentation, qui doit s'étendre sur trois ans, va débuter en mars 2021 afin d'être pleinement opérationnelle en 2022. A ce moment, l'objectif sera de ne plus avoir d'opérateur à bord des deux navettes autonomes fournies par EasyMile. Enfin, ces navettes autonomes seront aussi testées, pendant la durée du projet, sur un autre parcours de 2 kilomètres qui relie la gare des Mureaux au site d’ArianeGroup.

Gabriel Werlen, chef de projet Vedecom, évoque une "première européenne de cette envergure". Mais ce n'est pas une première pour EasyMile. Le Français a déjà exploité "pendant six mois" un véhicule autonome sans opérateur à bord en 2019 dans une usine TLD, selon Gilbert Gagnaire, président fondateur d'EasyMile. Trois autres projets sont en cours sur un campus en Allemagne, un à Colombus et un en Norvège. Une expérimentation est aussi "en préparation pour le site de l'oncopole de Toulouse", ajoute Gilbert Gagnaire.

Préparation au déploiement en milieu urbain
Le site d'ArianeGroup a été sélectionné par les partenaires parce qu'il est représentatif d'une agglomération avec "beaucoup de véhicules particuliers qui circulent", précise Gabriel Werlen. Les navettes seront aussi confrontées à des piétons, des ronds-points, des intersections et des véhicules stationnés. Cet environnement permet de préparer le déploiement des technologies de conduite autonome en milieu urbain.

"Sur la durée, l'objectif est d'analyser comment fonctionnent ces navettes et si elles sont acceptées", ajoute Gabriel Werlen. Pour l'ensemble de ce projet, les partenaires se focalisent sur 5 axes de R&D : la supervision à distance d'une navette autonome sans opérateur à bord, la cybersécurité, la sûreté de fonctionnement du système de mobilité, les infrastructures connectées intelligentes et l’acceptabilité de l’écosystème.

Une infrastructure intelligente
Pour la partie infrastructure connectée, l'objectif est de fluidifier un maximum la circulation des navettes en équipant, par exemple, le rond-point situé sur le site de capteurs. "Les aspects sécurité et fluidité sont liés", abonde Gilbert Gagnaire. "La vrai complexité est d'anticiper la trajectoire des autres véhicules", ajoute-t-il.

Dans un premier temps, Vedecom va identifier précisément les capteurs les plus pertinents pour équiper l'infrastructure. Puis, l'institut souhaite "donner de l'intelligence au rond-point pour qu'un système débarqué donne directement des consignes au véhicule", ajoute Gabriel Werlen. "L'idée est d'avoir un système duplicable qui puisse par exemple être utilisé à des intersections", précise-t-il.

Transdev à la manoeuvre pour la supervision
Pour la supervision à distance, Transdev, fort de son expérience acquise sur le plateau de Saclay, va mener le projet. L'opérateur cherche à améliorer son interface de supervision pour rendre son utilisation plus facile. "Trois fonctions sont fondamentales", selon Patricia Villoslada, directrice systèmes de transport autonomes Transdev : l'envoi au véhicule des informations nécessaires sur quand il doit se déplacer et le lieu où il doit se rendre ; le suivi de l'état du système et l'arrêt si jamais tout n'est pas en état de marche ; l'interaction avec les passagers.
 


Tout au long de cette expérimentation, les partenaires vont veiller à l'acceptabilité de cette offre de mobilité autonome auprès de la population et étudier la viabilité des business model pour ces services. Le déploiement de navettes autonomes reste pour l'instant quelque chose de très coûteux et ce service n'est pas financé par des usagers.

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