Des patrons du web vent debout contre la discrimination aux États-Unis

Après le patron de Salesforce, c'est au tour de celui d'Apple, Tim Cook, de protester publiquement contre une loi discriminante d'un point de vue religieux dans l'Indiana. Salesforce et d'autres entreprises technologiques ont décidé de stopper leurs événements dans l'État américain.

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Des patrons du web vent debout contre la discrimination aux États-Unis

De nombreuses personnalités, notamment des entreprises du secteur technologique, se sont mobilisées contre une loi sur la liberté religieuse dans l’Indiana aux Etats-Unis. La loi, ratifiée jeudi par le gouverneur républicain de l’Etat, Mike Pence, pourrait permettre de discriminer certains individus, en citant des convictions religieuses. Selon le site spécialisé Recode, 16 États ont introduit de nouvelles législations cette année permettant d'adopter ou modifier un "Religious Freedom Restoration Act".

Des lois qui nuisent "à l'emploi et à la croissance"

Tim Cook, le patron d'Apple, a publié une lettre ouverte dans le Washington Post. "Au nom d'Apple , je m'oppose à cette nouvelle vague de législation - partout où elle émerge. J'écris dans l'espoir que beaucoup d'autres se joindront à ce mouvement . De la Caroline du Nord au Nevada, ces projets de loi à l'étude nuiront vraiment à l'emploi et la croissance (...)."

Le patron de Salesforce en Californie, Marc Benioff, avait le premier partagé publiquement son indignation dans une lettre ouverte, co-signée par d'autres entreprises, adressée à l'Indiana. Il a ensuite appelé d'autres patrons à se mobiliser sur Twitter, et a été rejoint par Microsoft, Yelp, Oracle, Cloudera ou encore le co-fondateur de Paypal Max Levchin.

"Nous sommes le plus gros employeur du secteur technologique en Indiana" a ajouté Marc Benioff sur la chaîne américaine MSNBC. Et cette loi pourrait aussi décourager des employés potentiels ou compliquer la rétention de talents en Indiana, a expliqué Marc Benioff, utilisant un argument économique. Salesforce a décidé de suspendre tout événement ou investissement dans la région, où travaillent plusieurs milliers de ses employés depuis son rachat d'ExactTarget.

Yelp a également publié un communiqué. "Il est inadmissible d'imaginer que Yelp pourrait créer, maintenir ou développer une présence commerciale significative dans un État qui encourage la discrimination par les entreprises contre nos employés, ou contre les consommateurs en général." D'autres sociétés se sont contentées d'un tweet, comme Twitter.

Boycott

Par ailleurs, la conférence "Indy Big Data" sur le big data prévue en mai à Indianapolis a été boycottée par Oracle, Cloudera, HortonWorks et d'autres groupes. Pour l'instant, le gouverneur a promis de revoir "la formulation" du texte. Reste à voir si la pression économique des patrons fera la différence.

Nora Poggi

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