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Des semelles connectées pour améliorer le diagnostic et la rééducation

La start-up FeetMe produit des semelles connectées qui permettent aux médecins d'affiner leur diagnostic de plusieurs maladies et de proposer aux patients un programme de rééducation intensif à domicile. L'un des projets en question, iPark, axé sur la maladie de Parkinson, est l'un des lauréat de l'appel à projets "Défi santé" du CHU de Lille.
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Des semelles connectées pour améliorer le diagnostic et la rééducation
Des semelles connectées pour améliorer le diagnostic et la rééducation © Feetme

Les semelles connectées mises au point par la start-up FeetMe contiennent "des capteurs de pression et de mouvement qui produisent des données dont la combinaison permet d'analyser la manière dont une personne marche avec la même précision qu'un laboratoire d'analyse", explique Alexis Mathieu, cofondateur et CEO de la société. Ce semelles pourraient selon lui améliorer considérablement l'évaluation des troubles de la marche chez les personnes atteintes de certaines pathologies ainsi que la prévention de l'aggravation de ces troubles et la rééducation.

"La marche est un indicateur de santé important", souligne-t-il. De nombreuses maladies induisent en effet des troubles de la marche qui se répercutent négativement sur la qualité de vie des personnes. La façon de marcher peut aussi fournir des informations sur le fonctionnement du cerveau, du cœur ou l'état du squelette.

La marche, un indicateur de santé
Des tests de la marche sur quelques minutes sont réalisés dans le dépistage de plusieurs maladies en cabinet médical. Mais "les patients sont stressés, ils se concentrent complètement sur la marche et on n'observe parfois pas de problème", observe le Pr Caroline Moreau, professeur de neurologie au Centre expert Parkinson du CHU de Lille, un des partenaires de FeetMe sur le projet de recherche clinique iPark.

Avec ces semelles, ce test peut être réalisé toute la journée pendant plusieurs jour tandis que le patient est chez lui. Les caractéristiques de sa marche sont ainsi enregistrées tout au long de ses activités quotidiennes. "Les capteurs des semelles produisent des données sur la charge totale reposant sur chaque pied, sur la vitesse et la cadence de la marche, la longueur de la foulée, le temps en simple ou double appui sur les pieds, la phase de vol de la jambe ou encore la trajectoire du centre de pression", explique Alexis Mathieu.

Surtout, ajoute-t-il, les semelles permettent de mesurer la variabilité de ces paramètres sur la durée et ce pas à pas, en termes de moyenne mais aussi d'écart-type. Ces données, transmises via bluetooth à une application chargée sur le téléphone du patient et stockées sur un serveur sécurisé, informent le médecin sur les performances et les capacités maximales de la marche du patient. Elles "peuvent révéler une dégradation du contrôle moteur de la marche", ajoute le CEO, et contribuer au diagnostic.
 


Une application dédiée à la rééducation
Outre cette application dédiée à l'évaluation, sur laquelle FeetMe vise à devenir leader sur le marché, la start-up en a développé une autre consacrée à la rééducation. Le projet iPark, mené par le Centre expert Parkinson lillois et FeetMe, porte aussi sur ce volet. Il consiste à étudier les effets d'une rééducation effectuée par le patient à domicile, via les semelles connectées. "Le patient met les semelles dans ses baskets et lance sur son téléphone portable l'appli qui va lui proposer une série de jeux sérieux et d'activités physiques recommandés par le médecin", explique la neurologue.

Les séances durent de 20 minutes à une heure. Le professionnel de santé qui s'occupe du patient peut ainsi suivre sa progression et adapter le programme d'exercices à ses besoins. Ce type de rééducation, qui ne nécessite pas de déplacement du patient au cabinet de kiné (pratique en cas de confinement...), peut ainsi être plus fréquent et donc potentiellement plus efficace pour ralentir l'évolution de la maladie parkinsonienne.

Le projet iPark a été sélectionné en janvier dans le cadre de l'appel à projet "Défi santé" du CHU de Lille avec Euratechnologies, pôle d'excellence et d'innovation technologique, et Eurasanté, pôle d'excellence dédié à la santé, aux biotechnologies et à la nutrition, basés à Lille. D'autres projets de recherche concernant ce dispositif médical connecté se déroulent à Paris et Montpellier.

Des hôpitaux et des centres de rééducation sont aussi équipés de semelles et les utilisent auprès de patients atteints de maladie neurodégératives comme Parkinson, de sclérose en plaques ou ayant subi un AVC ou un traumatisme cranien, indique Alexis Mathieu. En 2019, FeetMe a levé plus de 10 millions d'euros pour le développement des semelles et des deux applications. La start-up a obtenu le soutien de Kurma Partners, IdInvest et des fonds Seventure, SOS Venture et Partech, notamment.

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