Deux tiers des jeunes Français utilisent le paiement fractionné

Selon un sondage Harris Interactive pour l'Observatoire Cetelem, 44% des Français et 66% des moins de 35 ans ont recours aux solutions de paiement en plusieurs fois, dites "buy now pay later" (BNPL), pour leurs achats en ligne. Ils en apprécient le principe tout autant qu'ils se méfient de leurs pièges.

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Deux tiers des jeunes Français utilisent le paiement fractionné

On sait que les services en ligne de paiement en plusieurs fois sans frais (ou buy now pay later, BNPL) font un carton auprès des sites d'e-commerce et des investisseurs, qui font pleuvoir les dollars sur les prestataires du secteur. Un sondage d'Harris Interactive sur le rapport des Français aux nouveaux moyens de paiement, réalisé pour l'Observatoire Cetelem en février 2022 auprès d'un échantillon de 1037 personnes, vient éclairer l'attitude des consommateurs vis-à-vis de ces nouvelles solutions de paiement.

Une incitation à acheter plus vite, plus cher
Le moins que l'on puisse dire est qu'ils sont partagés. 54% apprécient le principe, et 44% l'utilisent. Le service est surtout prisé des plus jeunes consommateurs. 66% des moins de 35 ans y ont recours, ce qui correspond sans doute à un pouvoir d'achat plus faible. En effet, 61% des Français, et 75% des 18-24 ans, estiment que le BNPL incite à acheter des produits plus chers. 74% des répondants déclarent par ailleurs que le BNPL incite à acheter tout de suite plutôt que d'attendre, et 59% seraient prêts à renoncer à un achat dans une enseigne qui ne propose pas le paiement en plusieurs fois, au profit d'une autre qui affiche cette possibilité.

Ce sont exactement les arguments avancés par les plateformes de paiement fractionné pour convaincre les sites d'e-commerce : augmentation du panier moyen, progression des ventes, moins d'abandon de panier, et fidélisation des clients. Elles vont pouvoir intégrer l'étude Cetelem à leurs powerpoints commerciaux.

Une béquille mais aussi un danger pour le budget
Mais en corollaire, 54% des Français pensent que le BNPL est un piège pour le consommateur, car il ne permet pas de se rendre compte de l'argent réellement dépensé. A l'inverse, les 46% restant jugent qu'il s'agit d'un mode de paiement permettant de mieux maîtriser son budget. Ils sont presque autant à penser que le BNPL fait au final dépenser plus (41%), qu'à estimer qu'il ne change rien (40%) par rapport au paiement au comptant.

Là, c'est le législateur qui va pouvoir s'appuyer sur l'Observatoire pour faire valoir ses arguments en faveur d'une réforme du crédit à la consommation. En octobre 2021, le rapport Chassaing relatif à la prévention du surendettement, remis au gouvernement français, préconisait de réguler davantage le paiement fractionné pour protéger les consommateurs. Une réforme de la directive européenne sur le crédit à la consommation est attendue cette année, possiblement sous la présidence française de l'Union européenne.

Selon un sondage réalisé au Royaume-Uni en janvier 2021, la moitié des 18-34 ans, et un tiers de la population générale ayant déjà eu recours au paiement fractionné, a déjà été dans l'incapacité de faire face à échéance de remboursement. Or, des pénalités de retard s'appliquent dans ce cas de figure, de l'ordre de 25%.

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