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Dijon lance son offensive smart city

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Géré par un consortium de grands groupes, le poste de pilotage que déploiera la ville en 2019 offrira des opportunités aux start-up.

Dijon lance son offensive smart city
Dès 2019, la gestion des équipements connectés de la métropole sera centralisée dans un unique poste de pilotage.

Cet été, les feux de circulation de certains grands boulevards de Dijon (Côte-d'Or) ont été remplacés. Dotés de capteurs, ils peuvent désormais détecter l'approche d'un bus de ville, équipé d'un boîtier émetteur, et passer plus vite au vert. Ce sont 113 carrefours et 180 bus qui seront très prochainement dotés de ce système de priorité aux bus, afin de fluidifier leur circulation, donc d'encourager leur utilisation. Depuis 2015, la ville de Dijon, puis la métropole, se sont lancé le défi de devenir une smart city, avec un projet baptisé On Dijon. Un poste de pilotage connecté des équipements de l'espace public des 24 communes de la métropole sera mis en service début 2019. Dijon Métropole en a attribué la réalisation et la gestion, pendant douze ans, à un consortium composé de Bouygues Énergies & Services (filiale de Bouygues Construction), Citelum (filiale d'EDF), Suez et Capgemini. "Ce PC unique sera le centre névralgique de la métropole", prévoit Denis Hameau, conseiller communautaire de Dijon Métropole, délégué à l'innovation. Une première réalisation OnDijon qui lance le projet et crée une dynamique auprès des autres acteurs publics et économiques du territoire.

 

Des équipements interconnectés

"Nous avons développé une tour de contrôle numérique qui permettra de prévoir, de gérer et de superviser les systèmes énergétiques et les équipements publics pour améliorer leur performance opérationnelle et réduire la consommation d'énergie", explique Laurent Samot, chargé du projet chez Capgemini. Au total, 53 millions d'euros seront investis par la métropole dans ce poste de pilotage unique, soit la moitié du contrat plus large de 105 millions d'euros signé pour les douze prochaines années par le consortium. L'éclairage et le déploiement du réseau sont les deux plus gros postes de dépenses. Actuellement, les 24 communes de la métropole comptent plus de 34 000 luminaires, "dont un certain nombre ne sont pas à niveau, voire obsolètes", confie Denis Hameau. Ils seront remplacés par des lampadaires à LED, et Bouygues Énergies & Services en profitera pour les équiper de sa solution Citybox, qui transformera le réseau d'éclairage en infrastructure intelligente et communicante. "Certaines rues sont très peu fréquentées la nuit. Chaque passage pourrait être détecté et déclencher l'allumage de l'éclairage pour créer un halo autour du passant", imagine le conseiller communautaire. Chargé de la maintenance du PC, Bouygues Énergies & Services, avec sa filiale Axione, assurera par ailleurs le déploiement et l'exploitation du réseau haut débit qui raccordera les 24 communes de la métropole, indique Mickaël Suchanek, le directeur des services à la ville au sein de la filiale de Bouygues Construction. Plus de 140 kilomètres de fibre optique commencent à être tirés sur le territoire métropolitain.

Le poste de pilotage intégrera aussi Muse, la plate-forme numérique multimétiers de Citelum. Elle permettra de coordonner la gestion des travaux dont la collectivité a la responsabilité, la maintenance des équipements de la métropole et les interventions des différents corps de métiers sur un même bâtiment. "Avant, chacun des six PC était autonome. Un PC unique permettra une meilleure communication et gestion des équipes municipales", détaille Denis Hameau. Ce qui évitera, par exemple, d'envoyer un informaticien réparer les ordinateurs d'une école le jour où un électricien y a coupé l'électricité… Quelque 269 caméras de vidéoprotection vont être remplacées et 26 sites gérés à distance, notamment les zones piétonnes, par des bornes d'accès. Le poste de pilotage permettra à la collectivité de géolocaliser 205 véhicules et d'en équiper 130 de radios pour que les agents puissent communiquer plus rapidement et plus précisément sur le moindre incident.

 

Des big data et des économies

Toutes ces nouvelles technologies capteront des données, stockées dans deux datacenters dotés de 600 téraoctets de stockage et gérés par le consortium. Étape 2 du projet smart city, elles pourront ensuite être réutilisées par les entreprises et les start-up. "Le projet OnDijon est comme une plate-forme, sur laquelle nous allons pouvoir innover et développer de nouvelles activités", confie Silvère Denis, le délégué général du cluster BFC Numérique. Deux start-up se sont déjà mises sur le créneau. Hébergé au sein de la pépinière Hope !, à Dijon, Sweepin a développé Smart City by Sweepin, une application mobile qui permet à un utilisateur de recevoir des offres promotionnelles en fonction de ses centres d'intérêt, grâce notamment à la géolocalisation du smartphone et au Bluetooth associé à différents capteurs. De son côté, Atsukè, une start-up installée à Paris, à Dijon, à Lausanne et à Zurich (Suisse), a créé une solution mobile qui pourrait permettre aux usagers du réseau de transport en commun dijonnais Divia de payer et de dématérialiser leurs tickets sur leurs téléphones mobiles.

En connectant l'ensemble de ses équipements au PC unique, Dijon Métropole devrait réaliser des économies. La rénovation des 34 000 poteaux lumineux et leur nouveau fonctionnement permettront d'économiser 65 % de l'énergie qu'ils consommaient. La gestion de l'eau et celle des déchets seront également plus fines. "En complément des citoyens qui nous font remonter des informations, nous allons intégrer des solutions numériques comme des alarmes techniques qui nous signaleront en temps réel des anomalies", explique Éric Decourcelles, le responsable exploitation OnDijon chez Suez. Un projet de ville intelligente qui devrait aussi simplifier la vie des 260 000 habitants de la métropole.

34 000 : C'est le nombre de luminaires LED qui seront installés dans la métropole pour remplacer les modèles obsolètes.

 

Les données collectées produiront de nouveaux services.

"Et si les données collectées grâce à OnDijon étaient valorisées et devenaient le moteur d'innovation du territoire ?", imagine Guillaume Moissé, des Docks numériques. Dans le cadre du projet de smart city de Dijon Métropole, le consortium d'entreprises a confié à cette structure d'accélération la coordination d'un programme d'open innovation.

"Notre but est de créer un écosystème qui pourrait ensuite rayonner au-delà de la métropole dijonnaise", souligne Guillaume Moissé.

Conçu comme un accélérateur de solutions innovantes, ce programme sera ouvert à tous les porteurs de projet dès la fin de l'année. "L'idée est de pouvoir, avec un living lab, rendre concrètes les données recueillies dans l'espace public en proposant aux start-up et aux entreprises réutilisatrices d'apporter des solutions à des défis urbains", explique Guillaume Moissé.

"Pour donner l'envie d'innover et obtenir des résultats plus concrets, nous avons souhaité, avec la métropole, créer une rue entièrement dédiée à l'expérimentation", précise Silvère Denis, le délégué général du cluster BFC Numérique. À proximité de l'université de Bourgogne, cette rue sera un laboratoire à ciel ouvert pour les entreprises et les start-up, qui auront librement accès aux données collectées.

Un atout pour les start-up, qui pourront être accompagnées et expérimenter le déploiement de leurs projets, mais aussi pour les grands groupes, pour lesquels l'innovation sera facilitée.

 

 
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