Doctolib lève 35 millions d'euros pour devenir un champion européen de l'e-santé

11 mois après une levée de fonds de 26 millions d'euros, Doctolib décroche 35 millions d'euros supplémentaires. Avec cet argent frais, la start-up prévoit d'accélérer sa présence outre-Rhin et de développer de nouvelles fonctionnalités autour de la prise de rendez-vous médicaux en ligne. Elle entend recruter 200 nouveaux collaborateurs.

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Doctolib lève 35 millions d'euros pour devenir un champion européen de l'e-santé

Pour Doctolib l'année 2017 aura été synonyme de (belles) levées de fonds. La start-up spécialisée dans la prise de rendez-vous médicaux sur Internet vient d'officialiser une levée de fonds de 35 millions d'euros réalisée auprès de Bpifrance, déjà actionnaire de la société, et d'Eurazeo (déjà au capital de Younited Credit, Convargo ou encore Vestiaire Collective). Elle avait bouclé un tour de table de 26 millions d'euros en janvier 2017. Cette nouvelle augmentation de capital porte le montant total des fonds levés par Doctolib à 85 millions d'euros. L'équipe fondatrice et ses proches restent majoritaires.

12 millions de visiteurs uniques mensuels

Créée en 2013 par Stanislas Niox-Château, Ivan Schneider et Jessy Bernal, Doctolib propose ses services aussi bien aux médecins et spécialistes qu’aux structures de santé (hôpitaux, cliniques, etc.). La start-up implante son logiciel dans le système informatique de son client, qui ouvre ainsi son agenda à ses patients. Le professionnel de santé paye un abonnement de 109 euros par mois, tandis que le service est gratuit pour le patient. Selon Doctolib, en automatisant la prise de rendez-vous, les médecins réalisent un gain de temps de secrétariat de 30 % et réduisent le nombre de rendez-vous annulés à la dernière minute.

Quatre ans après son lancement, la start-up revendique 30 000 professionnels de santé, 800 établissements de santé partenaires et 12 millions de visiteurs uniques mensuels sur ses sites français et allemands. Avec un million de nouveaux patients par mois, Doctolib enregistre environ 10% de croissance tous les 30 jours.

200 nouveaux collaborateurs en 2018

Doctolib mise sur cet argent frais pour accélérer son développement outre-Rhin qu'elle dessert depuis un an. La start-up y aurait enregistré 1,5 million de rendez-vous médicaux à travers cinq grandes villes (Berlin, Munich, Hambourg, Cologne et Düsseldorf). Elle prévoit d'y ouvrir un centre d'ingénierie et d'embaucher 100 nouveaux salariés. Pourquoi privilégier le marché allemand ? "Parce que c'est le deuxième plus gros marché avec la France", répond Stanislas Niox-Château. "En Allemagne, les cabinets de santé sont très grands, ils ont déjà des sites internet et il y a une vraie recherche d'efficacité de l'organisation. Et en plus nous n'avions pas de concurrent sur ce marché", poursuit-il.

Au total, la start-up entend recruter 200 collaborateurs supplémentaires au cours de l'année 2018 pour renforcer ses équipes qui regroupent aujourd'hui 380 salariés (contre 300 au début de l'année). L'accent sera porté sur les profils techniques puisque Doctolib entend doubler son équipe d'ingénieurs, passant les effectifs de 50 à 100. Objectif : développer de nouveaux services pour digitaliser davantage le parcours de soin des patients et faciliter le quotidien des professionnels de santé. Doctolib prévoit ainsi d'étoffer sa boîte à outils pour les professionnels (logiciel CRM, analyse statistique, système de chat) non visible des patients, se focaliser sur les produits dédiés aux hopitaux et redonner la main aux praticiens sur le contenu disponible en ligne et consulté par les internautes. Le développement de services autour de la télémédecine est envisagé mais s'effectuera par l'intermédiaire de partenariats avec des acteurs existants, précise Stanislas Niox-Château.

Le service pour se différencier

L'ensemble de ces chantiers devrait permettre à la start-up de conserver une longueur d'avance sur ses nombreux concurrents : mondocteur.fr, rdvmédicaux.com ou encore Keldoc.com, Docavenue.com et Annura.com pour n'en citer que quelques-uns. Faut-il s'attendre à une opération de croissance externe dans les mois à venir ? "Beaucoup d'entre eux existaient bien avant nous, mais aujourd'hui ils ont peu de croissance donc il n'y a pas d'enjeu de concurrence pour nous", répond le cofondateur. Selon lui, Doctolib a su tirer son épingle du jeu grâce à une approche différenciante : celle d'une offre logicielle couplée à du service pour les professionnels dans une logique d'écosystème.

Aux Etats-Unis, la société concurrente ZocDoc a levé près de 250 millions de dollars et emploie 650 personnes mais son audience serait inférieure à celle de Doctolib. La start-up tricolore, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, vise la rentabilité à l'horizon 2020.

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