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Doit-on repenser la connaissance à l’âge d’Internet ?

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Xavier de la Porte a chroniqué sur France Culture un article du professeur de philosophie américain David Weinberger sur la connaissance à l’âge d’Internet. Plutôt que de se lamenter sur une dégradation du savoir, celui-ci invite à s’interroger sur une réinvention du regard que nous portons sur celui-ci, à l’ère des réseaux.

Doit-on repenser la connaissance à l’âge d’Internet ?
Doit-on repenser la connaissance à l’âge d’Internet ? © Emmanuelle Delsol

Le 4 mai, Xavier de la Porte a consacré sa chronique hebdomadaire La revue numérique, sur France Culture, à la question suivante : doit-on repenser la connaissance à l’âge d’Internet ? Une interrogation qu’il emprunte à une critique publiée par le chercheur en philosophie de Harvard, David Weinberger publiée dans la L.A. Review of books à propos de l’ouvrage The Internet of us, de son confrère Michael Patrick Lynch. Ce dernier estimerait que trop de publicité, trop de bêtise, nuisent à la diffusion de la connaissance dont on a un temps pensé qu’elle serait au contraire dopée par Internet. Sur ce sujet, une certaine forme de cynisme vis-à-vis du réseau des réseaux remplacerait aujourd’hui optimisme débridé.

 

Ne pas réduire Internet à l'usage de Wikipedia

Que nenni. Comme l’explique le journaliste de Radio France, tout ne serait pas perdu, et David Weinberger fait une tout autre analyse : et si la diffusion de la connaissance aujourd’hui était mesurée à l’aune de critères qui ne sont plus adaptés ? "Résumer la quête du savoir sur Internet aux requêtes Google ou même à la consultation de Wikipedia, comme le fait Michael Patrick Lynch, ce serait comme réduire l’usage des bibliothèques à la seule lecture des encyclopédies," explique David Weinberger dans son article. Pour lui, en réalité, les internautes vont chercher la réponse à une question – qu’elle concerne la physique quantique ou les Kardashians, pas d’ostracisme – dans le domaine d’expertise idoine qu’ils ont identifié. Et s’ils ne la trouvent pas, des solutions de rechange s’offrent à eux : moteur de recherche, commentaires, question dans Quora ou son équivalent...

 

 

Avant le Net, le lecteur était enfermé dans la limite physique rectangulaire du support livre ou journal. "La connaissance est devenue ce qui se produit quand des liens connectent des différences de points de vue et des gens, traduit Xavier de la Porte. Internet a changé la nature même de la connaissance. Elle est remplacée par l’élaboration de la connaissance."

 

La fin du savoir statique, achevé et consensuel

Dans la toile, on croise autant de bêtise, de publicité, que de pensée élaborée. L’autorité ne va pas de soi et doit se gagner. Et il est même illusoire de vouloir mettre fin définitivement à une discussion. Mais le fait que l’on ne dispose plus d’une pensée top down, "statique, achevée et consensuelle" n’implique pas, pour autant, que le savoir n’existe plus. Pas plus que sa fragmentation dans tous les recoins d’Internet.

 

Un espoir ? Que l'humanité s'améliore !

La Toile, rappelle Xavier de la Porte, nous ouvre grand les yeux sur quelque chose que nous savions déjà : l’humanité ne sera jamais d’accord sur rien. Et citant David Weinberger : "C’est la meilleure époque pour être curieux, et la meilleure époque pour être idiot. Le seul espoir de la connaissance au final, c’est que ce soit l’humanité qui s’améliore."

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