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Donald Trump tente de faire pression sur Apple pour déverrouiller les iPhones de criminels

Le FBI a demandé à Apple de déverrouiller deux iPhones suite à la tuerie survenue dans un aérodrome floridien la semaine dernière. Devant le refus de l'entreprise, c'est Donald Trump lui-même qui s'en est mêlé via un tweet incendiaire. La firme de Cupertino a répliqué qu’il lui était techniquement impossible de procéder à cette manœuvre… et en a profité pour réaffirmer sa position en faveur de la vie privée.
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Donald Trump tente de faire pression sur Apple pour déverrouiller les iPhones de criminels
Donald Trump tente de faire pression sur Apple pour déverrouiller les iPhones de criminels © DR

Cela s’apparente à une fin de non-recevoir. La semaine dernière, le FBI a demandé de l’aide à Apple afin d’obtenir l’accès aux données contenues dans les iPhones de l’auteur d’une tuerie ayant fait quatre morts dans une base aéronavale de Floride. La firme de Cupertino n'y aurait pas donné de suite favorable. De quoi agacer Donald Trump, qui s'est fendu d'un message sur Twitter ce mercredi 15 janvier 2020 pour enjoindre l’entreprise à "prendre immédiatement ses responsabilités".

 

UNE MANŒUVRE TECHNIQUEMENT IMPOSSIBLE ?

Si le criminel a été abattu par la police au moment des faits, les autorités ont réussi à mettre la main sur ses deux iPhones. Des appareils dont le contenu pourrait, selon elles, aider à déterminer ses motivations. Les données étant chiffrées et les appareils étant verrouillés par des codes de sécurité, les produits de la marque à la pomme sont restés inaccessibles. Au lendemain de l’attaque, Apple a bien transmis l'intégralité des données stockées sur ses serveurs – les contenus issus d’iCloud ainsi que la liste des transactions effectuées avec le compte associé. Mais l’entreprise assure n’avoir aucun moyen de déverrouiller les smartphones de l’assaillant.

 

 

"Aucun accès détourné n’est possible." Voilà la réponse lapidaire qu’Apple a donnée au FBI. Cette impossibilité technique est le résultat d'un choix délibéré de l'entreprise pour rendre impossible l'accès d'un tiers (y compris Apple lui-même) au téléphone. A ce jour, la seule solution pour mettre la main sur un mot de passe sans effacer le contenu resterait une attaque par force brute – c’est-à-dire en essayant toutes les combinaisons de mots de passe envisageables à l’aide de logiciels dédiés. Une technique inapplicable à l’iPhone, car le produit se bloque de plus en plus longtemps en cas d’erreurs répétées. Une réinitialisation est également exclue, car les traces de l’activité passée seraient perdues.

 

Ce n’est pas la première fois que les autorités américaines réclament une telle manœuvre à Apple. L’entreprise, qui communique beaucoup sur le respect de la vie privée depuis l'affaire des fuites de photos de personnalités sur iCloud en août 2014, avait déjà indiqué qu’elle ne leur serait d’aucune aide à la suite d’un attentat commis à San Bernardino (Californie) fin 2015. Pas question, selon ses dires, qu’elle procède à une modification de ses pratiques – et de son système d’exploitation iOS – dans le but d'installer des portes dérobées (backdoors). Ce type de faille volontaire est considéré par la majorité des géants technologiques (Apple mais aussi Microsoft ou Google) comme mettant en danger les utilisateurs, car elles seront systématiquement exploitées par des acteurs malveillants.

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