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Intel évoque la possibilité d'externaliser la fabrication de ses puces

Intel est-il au pied du mur ? Son nouveau CEO évoque désormais ouvertement la possibilité de sous-traiter la fabrication de ces puces pour pallier le retard de ses propres usines. Un aveu d'échec qui s'accompagne d'une profonde restructuration.
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Intel évoque la possibilité d'externaliser la fabrication de ses puces
Intel évoque la possibilité d'externaliser la fabrication de ses puces © Intel

Intel pourrait sous-traiter la fabrication de certaines de ses puces auprès d'entreprises tierces, d'après des commentaires de son CEO Bob Swan jeudi 23 juillet rapportés par Bloomberg. Si rien n'est encore décidé, une décision de ce genre représenterait un coup dur très dur pour le géant américain.

Les déboires d'Intel en matière de fabrication de semi-conducteurs durent depuis quatre ans. Ce pionnier de l'industrie des microprocesseurs, qui règne sur le marché des CPU pour ordinateurs personnels et serveurs depuis des décennies, n'a pas réussi son passage à la finesse de gravure de 10 nanomètres. Prévue pour 2016, elle a été repoussée à maintes reprises jusqu'à une utilisation dans de premiers produits en 2019, mais en quantités très limitées. Dans les faits, il faudra attendre le passage au 7 nm, développé en parallèle et qui n'arrivera pas avant 2023. Difficile désormais d'avoir totale confiance en la roadmap d'Intel.

Une gestion opaque
Les conséquences de cet aveu d'échec ne se sont pas faites attendre. Intel a annoncé ce 27 juillet le départ de Murthy Renduchintala, qui dirigeait la division Technology, Systems Architecture and Client Group au sein de l'entreprise depuis 2015. La mise au point des processus de fabrication 7 nm et 5 nm était sa responsabilité. Cette division elle-même va être scindée en plusieurs sous-groupes qui rapporteront chacun directement à Bob Swan.

Cette chute est d'autant plus tragique qu'Intel disposait d'une avance considérable sur la concurrence il y a encore 10 ans. Ce qui faisait à l'époque sa force (fabriquer lui-même ses puces, ce qu'il était quasiment le seul au monde à faire), est depuis devenu un lourd handicap. AMD, son principal concurrent dans les CPU, a fait le choix judicieux de devenir fabless en 2009. Ses puces, comme celles de beaucoup d'autres entreprises, sont désormais produites par le Taïwanais TSMC, leader mondial du secteur. C'est vraisemblablement aussi vers ce dernier qu'Intel se tournera s'il décide de sous-traiter sa fabrication.

Cette situation, bien qu'étant le résultat de plusieurs années de gestion discutable au sein d'Intel, risque aussi de fortement déplaire au gouvernement américain alors que sa guerre commerciale avec la Chine ne semble pas connaître de répit. Il cherche depuis plusieurs mois à subventionner la création de nouvelles usines de semi-conducteurs sur le territoire américain en réponse aux velléités de la Chine de monter en puissance dans ce domaine. Or Intel est le seul acteur de poids à continuer d'investir dans des usines aux Etats-Unis. Enfin, était. TSMC prévoir d'y construire une usine à 12 milliards de dollars.

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