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Drones Facebook VS ballons Google : une course technologique à la conquête des populations non connectées

Facebook, non content de s'être offert le spécialiste de la réalité virtuelle Oculus Rift, a annoncé le lancement de son "Connectivity Lab" pour étendre l'accès à internet dans le monde. Au menu, de nouvelles technologies qui rivalisent ouvertement avec le projet Loon de Google.
mis à jour le 31 mars 2014 à 15H43
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Drones Facebook VS ballons Google : une course technologique à la conquête des populations non connectées
Drones Facebook VS ballons Google : une course technologique à la conquête des populations non connectées © Capture d'écran - Facebook.fr/google

Facebook a fait fort cette semaine, annonçant le rachat d'Oculus Rift pour 2 milliards de dollars, puis le lancement de son Connectivity Lab. Ce laboratoire se veut le bras technologique du projet Internet.org, lancé par Facebook pour étendre l'usage d'internet dans le monde et notamment dans les régions en voie de développement.

Drones et lasers

A l'origine du Connectivity Lab, l'équipe d'ingénieurs qui a construit l'infrastructure de Facebook et le fameux Open Compute Project, un projet open source pour datacenters. S'y ajoutent les cinq membres d'Ascenta, une petite entreprise britannique rachetée par Facebook et spécialisée dans le design et la construction de drones à énergie solaire. En effet, le laboratoire a pour but de travailler à "l'élaboration de nouvelles plates-formes de connectivité sur terre, dans les airs et en orbite". Il rassemble aussi de nombreux chercheurs et spécialistes de l'aerospatial, notamment de la Nasa.

Facebook souhaite mettre en place différents systèmes d'accès à internet selon la densité des régions ciblées. Pour certaines zones urbaines, le laboratoire travaille sur les fameux drones à énergie solaire, qui peuvent rester en l'air pendant plusieurs mois. Dans les régions peu peuplées, le groupe souhaite utiliser des satellites en orbite basse. Pour faire fonctionner tous ces systèmes, le laboratoire a prévu d'utiliser notamment la technologie d'optique, dite FSO, "Free-space optical communication", qui permet de transmettre des données dans l'air et dans l'espace, par le biais de rayons lasers infrarouges invisibles. Cette technologie est censée considérablement augmenter la rapidité de la connexion à internet. Le laboratoire promet aussi de créer de nouvelles technologies pour trouver de nouveaux moyens d'envoyer un accès internet aux populations depuis le ciel.

Inventing the Future of Connectivity

Montgolfières connectées

Cette nouvelle initiative de Facebook semble un pied de nez au projet Loon de Google, qui veut utiliser des montgolfières pour amener internet dans les régions reculées. Google a testé cette technologie récemment. Les ballons sont équipés d’antennes, reliées à d’autres antennes implantées sur les toits de bâtiments au sol.  Facebook de son côté affirme avoir déjà permis l’accès à internet pour 3 millions de nouvelles personnes dans le monde, et avoir doublé le nombre d’individus utilisant les données mobiles grâce au projet internet.org et ses partenaires.

Au niveau technologique, les deux projets ont leurs avantages et inconvénients. Un ballon d’air chaud à haute altitude est plus difficile à maintenir, plus lent et moins durable que des drones. Beaucoup de ces ballons finissent dans l’océan. Les drones sont plus faciles à manier et à faire redescendre pour une mise à jour ou une réparation. Cela dit, comme le souligne The Verge qui a établi une comparaison détaillée entre les deux technologies, les drones sont plus dangereux. Un appareil à basse altitude pourrait tomber sur la population. Sans compter l’impact diplomatique : de nombreux pays n’accepteraient certainement pas de voir flotter les drones appartenant à une entreprise américaine au-dessus de leur tête.

Project Loon


 

Combat de cash

Par ailleurs, la bataille pour la propagation d’internet n’est que l’un des aspects d’une guerre sans merci que s’apprêtent à se livrer les deux géants. L’achat surprise d’Oculus par Facebook a sonné comme une menace pour Google Glass dans le domaine de la wearable tech. “Facebook et Google sont deux titans de la haute technologie embarqués dans un jeu de Monopoly dans la vie réelle, qui consiste à se saisir de technologies de premier plan, afin de maintenir et d’étendre leur domination, l’un vis-à-vis de l’autre mais aussi vis-à-vis de de leurs différents rivaux”, estime Laura DiDio, analyste du cabinet ITIC.

Pour l’instant, Google semble avoir les meilleures cartes en main. La firme de Mountain View dispose de 59 milliards de dollars en cash selon Bloomberg - tandis que Facebook a utilisé plus d’un tiers de son cash pour acheter Whatsapp à 19 milliards. Google dispose également d’un champ d’action bien plus large. Facebook, focalisé sur sa mission de connecter les individus, a pour l’instant moins de possibilités d’innover.

Mais cela pourrait clairement changer avec les deux annonces de cette semaine. Quoi qu’il advienne, les deux géants font face à une pression énorme pour continuer à innover mais surtout pour faire grossir leurs revenus et leur nombre d’utilisateurs. C’est pourquoi étendre l’usage d’internet dans le monde est une mission vitale, afin de conquérir de nouveaux territoires.

Nora Poggi

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