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Du concept à la réalité : comment le projet Urbanloop veut révolutionner la mobilité urbaine à Nancy

Ce qui s’annonçait comme un simple projet de travail pour des étudiants de Nancy en 2017 pourrait devenir un nouveau mode de transport en 2024. Alors qu’Urbanloop s’apprête à tenter le record du monde de la consommation énergétique au kilomètre pour un véhicule autonome sur rail, la mairie de Nancy envisage de s’équiper de cette solution de mobilité innovante.
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Du concept à la réalité : comment le projet Urbanloop veut révolutionner la mobilité urbaine à Nancy
Du concept à la réalité : comment le projet Urbanloop veut révolutionner la mobilité urbaine à Nancy © Urbanloop

La prochaine génération de réseaux de transports urbains innovants viendra-t-elle du Grand Est ? Une capsule Urbanloop réalise actuellement des essais sur une boucle de 1 200 mètres de rails installée sur un terrain de 4,5 hectares en Meurthe-et-Moselle. Avant d’envisager faire tomber un record du monde le 28 mai prochain, celui de la consommation énergétique au kilomètre pour un véhicule autonome sur rail, Urbanloop n’était que le fruit d’une réflexion à l’École nationale supérieure d’électricité et de mécanique de Nancy.

"En 2017, nous avons lancé un sujet de projets aux étudiants sur la mobilité. Ils devaient imaginer un transport écologique, économique, accessible à tous, sécurisé et réalisable avec les briques technologiques actuelles" se souvient Jean-Philippe Mangeot, initiateur du projet et enseignant. Depuis l’idée qui ne devait jamais voir le jour a fait son chemin. Après avoir été modélisé puis conçu à taille réelle sur un circuit de 250 mètres, le projet Urbanloop avec sa capsule vient de réaliser une boucle sur deux circuits, l’un de 800 mètres, le second de 400 mètres, avec trois stations.

Ecologique et économique
Urbanloop consiste en plusieurs capsules individuelles, fonctionnant à l’électricité, pouvant accueillir deux personnes dont une personne à mobilité réduite avec un accompagnant ou encore un cycliste seul avec son vélo. "Nous utilisons des moteurs à faible consommation électrique, comme ceux d’un vélo ou d’un scooter."

Ce sont des moteurs brushless synchrone d’une puissance de 3 kW, d’une intensité de 50 ampères et d’une tension de 42-72 V DC pour la propulsion de la capsule qui consomment moins d’un centime du kilomètre. Grâce à eux, la capsule réalise des pointes à 75 km/heure et affiche une vitesse moyenne de 60 km/h. "L’objectif est de sortir la voiture du centre-ville donc il faut une solution de mobilité qui aille plus vite." Le système se veut un véritable "service à la demande" qui évite l’attente et capable de répartir la charge du réseau.



Des capsules intelligentes
Urbanloop fait également appel à l’intelligence artificielle pour piloter la flotte, ordonnancer le trajet des capsules et optimiser le trafic global en anticipant les trajets des usagers. "Nous avons une couche de logiciels haute qui prédit les trajets en analysant l’historique des données, en se synchronisant avec la météo mais aussi avec les transports en commun et les données des applications mobiles des usagers."

Chaque module de transport communique sa position régulièrement via un réseau d’échange utilisant la 4G. Les durées particulièrement courtes d’échange atteinte aboutissent à un contrôle fin des positions que l’arrivée de la 5G pourrait encore améliorer avec des connexions espacées de l’ordre de 1 ms. Les échanges centralisés avec un calculateur permettent l’optimisation des vitesses, le délestage des boucles surchargées, l’approvisionnement de toutes les stations à tout moment, l’anticipation des périodes de fortes charges…

Enfin, l’interaction de chaque capsule avec son environnement permet en temps réel de rechercher le meilleur trajet entre deux points. "Nous avons aussi un système sécuritaire sans intelligence artificielle qui garantit le positionnement des véhicules en temps réel sur leur trajectoire."

Demain, sur les rails
Après deux premières levées de fonds, Urbanloop prévoit d’en réaliser une troisième, entre 700 000 et un million d’euros, une fois le record du monde obtenu et le deuxième dossier, sur les trois nécessaires au transport de public, déposé. En parallèle, la ville de Nancy vient de manifester son intérêt pour Urbanloop en sollicitant une étude d’urbanisme qui pourrait aboutir à une mise en service en 2024.

"Le coût de revient d’un tramway est de 20 millions d’euros du kilomètre quand Urbanloop coûte entre un et quatre millions du kilomètre", précise Jean-Philippe Mangeot. Selon l’initiateur du projet, 150 capsules réparties sur 5 kilomètres de boucles permettraient de faire circuler 3 000 personnes par heure.

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