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E-santé et crises sanitaires : l'Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud récompense ses lauréats 2020

Créé à l'initiative de la Fondation Pierre Fabre, l'Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud, a tenu sa conférence annuelle le 15 octobre à Lavaur, dans le Tarn. Une édition 2020, Covid-19 oblige, orientée sur la thématique "e-santé et crises sanitaires". L'occasion d'un coup de projecteur sur 5 nouveaux projets lauréats.
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E-santé et crises sanitaires : l'Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud récompense ses lauréats 2020
E-santé et crises sanitaires : l'Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud récompense ses lauréats 2020 © Fondation Pierre Fabre

Dès l'ouverture de la conférence, le ton est donné : "cette année, la fondation a particulièrement suivi et documenté l'impact de la Covid-19 sur le développement et l'accélération des technologies numériques dans les ripostes sanitaires. Nous avons donc choisi d'en faire le thème central de la conférence annuelle de l'Observatoire", a souligné Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre Fabre, à l'occasion de la 5ème édition de la conférence annuelle de l'Observatoire de la E-santé dans les Pays du Sud, organisée à Lavaur, dans le Tarn, au siège de la fondation.

Cette conférence internationale est l'occasion de réunir des experts venus du monde entier (acteurs de terrain, représentant d'organisations internationales, de ministères et d'ONG), à la fois, en direct, au siège de la fondation, mais aussi, à distance, via une quinzaine de campus numériques de l'Agence Universitaire de la Francophonie, pour suivre et participer aux échanges depuis l'Afrique ou l'Asie.

Comme chaque année, cette conférence est aussi l'occasion d'offrir un coup de projecteur à 5 initiatives qui mobilisent les technologies de l'information et de la communication (TIC) pour améliorer l'accès à la santé dans les pays du Sud. Elles se partagent une enveloppe globale de 100 000 euros et bénéficient d'un accompagnement d'un an par les équipes de la Fondation Pierre Fabre.

Faciliter l'accès aux soins et aux médicaments, aux Philippines, au Cambodge et en Inde
Il s'agit souvent d'accompagner des projets qui contribuent, grâce à l'apport de nouveaux outils s'appuyant sur le digital et les télécommunications, à améliorer l'accès aux soins et aux médicaments de populations défavorisées et souvent éloignées des zones urbaines.

Ces projets ont su s'adapter au contexte local et se coordonner avec les services de soins et les politiques publiques des pays concernés. Le projet Reach52, porté par Edward Booty et son équipe, en est une illustration. Il vise à structurer une offre de santé adaptée à ces populations. Il s'agit d'un côté d'identifier et de collecter les besoins via une application numérique grâce à un réseau de volontaires formées et de faire le lien avec les centres de soins du pays concerné pour mettre en place des offres souvent gratuites ou à très bas coûts, en partenariat avec les ONG et services publiques. Le projet est déjà en cours de déploiement auprès d'un millier de communautés aux Philippines, au Cambodge et en Inde.

Lutter contre le trachome ou la drépanocytose
Les projets TT Tracker ou Anemiapp ont fait le choix de se focaliser sur des patients atteints d'affections très particulières. Pour TT Tracker, il s'agit de faciliter la prise en charge de personnes atteintes de trachome (une maladie oculaire qui peut conduire à la cécité si elle n'est pas traitée à temps), en Guinée, au Bénin et au Nigéria, en appui des équipes médicales et des services de chirurgies.

L'application, développée par Sightsavers, une ONG britannique, permet d'organiser un suivi à distance des patients et de disposer d'un outil plus global d'analyse de la présence de cette pathologie sur certains territoires et sa prise en charge. Avec l'application Anemiapp, développée par la start-up Genity, il s'agit de faciliter la prise en charge des patients drépanocytaires en République Démocratique du Congo, un pays particulièrement touché par cette maladie génétique qui se manifeste notamment par une anémie, des crises douloureuses et un risque accru d'infections. Anemiapp fournit également des informations sur la disponibilité des traitements et des conseils pour éviter les épisodes de crise aiguë, principale cause de décès des patients drépanocytaires.

De son coté, l'application eCentre Convivial, au Togo, cible particulièrement les jeunes, avec de l'information en matière de santé sexuelle et un accès à des téléconseillers. Pour le Guinea Epilepsy Project, déjà lauréat une première fois en 2018 pour le développement d'une solution technologique qui permet de réaliser et de stocker des enregistrements cérébraux utilisés pour le diagnostic et la prise en charge de personnes atteintes d'épilepsie, il s'agit d'un nouveau coup de pouce de la fondation. L'objectif est d'intégrer une nouvelle brique d'intelligence artificielle dans le dispositif afin de rendre l'outil plus efficace et de pallier le manque de spécialistes de l'épilepsie en République de Guinée.

Quand le Nord a aussi à apprendre du Sud
La conférence de l'Observatoire de la e-santé dans les pays du Sud a aussi mis en lumière des collaborations plus inattendues. Si très souvent les partenariats en e-santé s'organisent dans le sens Nord-Sud, la crise sanitaire mondiale liée à la Covid-19 contribue parfois à inverser certains vieux schémas. "Nous avons aussi à apprendre des pays du Sud", est venu témoigné Antoine Geissbuhler, médecin-chef du service de cybersanté et de télémédecine aux hôpitaux de Genève, en Suisse. "La crise sanitaire a été un accélérateur de transformation digitale de notre système de santé et a surtout permis de lever de nombreux freins. Des outils et des solutions, souvent simples, frugaux et robustes, qui ont déjà fait leurs preuves dans des pays comme le Burkina Fasso, peuvent aujourd'hui nous servir d'exemples, ici, en Europe. Nous devons capitaliser sur plus de 20 ans de collaborations avec certains pays du Sud pour mieux prendre en charge les patients à leur domicile et améliorer l'organisation globale de nos services de santé sur le territoire".

Créé en 2016, l'Observatoire de la E-santé dans les pays du Sud a pour mission de promouvoir et d'accompagner les initiatives de e-santé (suivi des patients et des données de santé, diagnostics, gestion des approvisionnements dans des zones rurales reculées, outils de formation des professionnels de santé...), qui contribuent un peu partout dans le monde à améliorer durablement l'accès aux soins et aux médicaments de qualité aux populations les plus défavorisées. Depuis sa création, l'Observatoire a répertorié 160 initiatives dans 80 pays au sein d'une plateforme qui favorise une mise en réseau des acteurs de la santé à l'échelle internationale.  

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